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we did it !

  • 24 heures du Lambon (4)

    A six heures moins dix, Philippe vient toquer à la tente : à mon tour d’avoir la tête dans le c…, au moins je suis content d’avoir laissé toutes mes affaires à portée de main ! Vite, je renfile l’éclairage sur le cintre : la batterie a tourné une bonne partie de la nuit sur le circuit, mais j’avais calculé qu’en mode éco elle pouvait tenir jusqu’au matin. Je dégoupille une barre de céréales, et je retourne avec mon destrier sur le théâtre des opérations.

     

    Une nouvelle fois Richard ne se fait pas attendre. La bagarre avec l’équipe 615 bat son plein : nous avons préservé un maigre matelas de quelques minutes. Leur équipe étant moins homogène, eux font davantage rouler leurs trois-quatre équipiers les plus costauds, qui parviennent à rester sous les 32 minutes pendant la nuit ! La pression est de retour, mais il me faut retrouver mes esprits : j’oublie d’abord de rallumer ma frontale, et il me faut bien 1 ou 2 kilomètres pour me rappeler d’appuyer sur le bouton du compteur pour le réactiver !

     

    Les jambes, elles, vont bien. Le froid par contre n’est pas qu’une impression : alors que l’aube jette ses premières lueurs, la minima descend sous les deux degrés (!) et la sensation de mou sur la roue arrière refait son apparition : évidemment je n’ai pas recontrôlé la pression, et le pneu se dégonfle à nouveau ! D’un autre côté, ça me motive encore plus pour tout donner, du coup je suis bien réveillé et ultra-attentif durant toute la 2e moitié du parcours. Je bipe juste sous les 37 minutes, à Edmond d’assurer la suite pendant que je remonte sonner l’alarme pour mes compères. Vérification faite, ce n’est pas mon pneu qui fuit mais la valve tubeless qui s’est desserrée. Même pas besoin d’outil pour remettre les choses en ordre ! Le jour se lève et un vrai petit déj nous attend au restau : que du bon pour attaquer la « dernière ligne droite »… de six heures (plus qu’un quart de la durée de l’épreuve à abattre et nous sommes toujours en piste pour la 4e place de la catégorie et la 6e du général… si c’est pas beau !).

     

    A huit heures, le soleil est presque descendu jusqu’au PC du plan d’eau, le ciel est d’un bleu immaculé ! Loin devant, l’équipe 604 caracole pour la victoire toutes catégories confondues. « Oléron VTT » et les « Bikers fous », un tour devant nous, se battent comme des chiffonniers pour la 2e place, et nous, nous lâchons et reprenons la 4e position aux « Technifroid » au gré des relais… Chez eux ça doit discuter sérieusement tactique, entre le besoin de faire reposer les « pur-sang » et la nécessité de ne pas lâcher trop de minutes avec les autres relayeurs. Malgré la fatigue, nos Dériv’chaînes reclaquent des temps sous les 35 minutes. Chez nous aussi, la règle à calcul est de sortie : le challenge interne est de me pousser à faire… un 8e tour, ce qui implique d’améliorer encore les temps sur le 7e relais pour tout le monde.

     

    24h du Lambon 004 bis.jpg         départ dernier tour bis.JPG        24h du Lambon passage brassard.jpg

     

    Patatras, peu avant 10 heures, au moment pour moi d’inaugurer ce 7e service, coup de bambou : Richard, si rapide jusque là, musarde en route ?! Il était parti 3 minutes avant son adversaire… Et c’est un n°615 que nous voyons arriver ! « Votre collègue a crevé ! » nous lance-t-il. Apparemment, c’était au début du circuit et il cherchait de quoi réparer… On ne se trompait pas quand on se disait que tout pouvait arriver, et c’est à nous que Dame chance tourne le dos ! Je dois ronger mon frein encore un quart d’heure avant de voir mon équipier sprinter comme une furie sur le central. Si là j’en étais encore à chercher la motivation ! Ma roue libre et mon dérailleur récalcitrants n’existent plus, je donne tout, persuadé d’arpenter le circuit pour la dernière fois ! Les plateaux du X-Control passent à coups de « talon-pointe », et les deux bosses successives sur le petit bout de champ deviennent prétextes à des figures façon « BMX ». L’improbable remontée est lancée, je viens de repasser le brassard sous les 30 minutes. Edmond va en faire autant (en améliorant même mon score pour… 2 secondes !). Puis ce sera au tour de Pierre de suivre la tendance : 33 minutes tout juste… et 32 pour Hubert, lui qui n’avait pas roulé depuis 5 semaines suite à sa chute à Mandailles… Philippe, lui, est trop cuit pour enchaîner une 7e fois : il donne de la voix pour encourager un Richard revanchard qui s’élance à 12h04. Nous avons repris 7 minutes aux Technifroid, ils n’en ont plus que 9 d’avance ! Mais leurs « costauds » sont en piste pour assurer la position. Notre « Richard à grande vitesse » arrive en gare à 12h33, mais il n’a pu que maintenir l’écart. Je m’élance donc pour le 8e tour en sachant que

     

    ...Sauf incident ou grosse défaillance dans le camp d’en face, c’est cuit pour nous. Mais un incident, il vient de s’en produire un pour les Technifroid : l’avant-dernier relayeur est arrivé avec la patte de dérailleur cassée ! Dommage pour nous, ça lui est arrivé en haut de la partie descendante finale. Sait-on jamais ? Alors c’est reparti à fond dans les descentes, histoire de prendre un maximum d’élan pour m’économiser et grimper ensuite au mieux de ce qu’il me reste dans les jambes, à l’inverse de mon 2e tour. Trajectoires au cordeau, tout dans l’anticipation, je vole carrément au-dessus des cailloux dans les descentes cassantes et j’en profite pour améliorer mon score de saut en longueur dans le champ. A la faveur d’un rapproché de l’itinéraire, j’entends annoncer dans les haut-parleurs « arrêt des départs dans 7 minutes 30 ». Coup d’œil au Polar, il me reste encore 4 kms avant la ligne. Edmond se sera juste préparé pour le « fun » (quoique je le soupçonne d’avoir voulu mettre un dernier « coup de chaud » aux Technifroid !). L’ultime « coup de cul » pour passer la chicane avec l’arbre est avalée en force à fond les manettes. Tiens, je croyais que les étoiles ne pouvaient pas se voir en plein jour… Les spectateurs sont là, je ne résiste pas à l'envie de les régaler d’une arrivée façon « spéciale de rallye », avec décollage du vélo sur le chapiteau de pointage : il est 13h02, j’ai mis 29’35’’… mais les 615 ont eux enchaîné sur le fameux 43e tour.

     

    24h du Lambon 011 bis.jpg

    Au bout des 24 heures, la bière des maillons forts !