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ville

  • En repérage de la Dériv'chouettes

    Encore en repérage ce vendredi, mais pour la bonne cause : l'automne approche (si, si. La preuve, c'est qu' il n'a jamais été aussi prés) et avec lui la prochaine Dériv'chaînes.

    Or, parmi les particularités de cette année, le retour de la Dériv'chouettes figure en bonne place. Autrefois au départ de Pléaux et plutôt d'esprit bucolique, cette rando nocturne à VTT sera cette année citadine, puisqu'elle fera le tour d'Aurillac. Une des parties les plus sympas, mais aussi les plus décisives pour l'équipe de l'organisation : tester le circuit choisi.

    Gilet fluo et éclairage, sept Dériv'chaînes dont deux féminines (encore un effort à fournir sur la parité !) étaient donc au départ de la place du square au crépuscule. Pour ceux qui douteraient de l'intérêt du gilet malgré la campagne avec Karl Lagerfeld ("c'est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut vous sauver la vie"), voilà ce qu'on voit d'un cycliste, de nuit, en dehors des zones éclairées : 

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    Alors après, l'esthétique, hein (surtout la nuit)...

    Que dire du parcours sans éventer le secret ? Qu'il est accessible au plus grand nombre mais quand même un peu technique. Qu'on a gardé des escaliers, des rampes, mais aussi quelques chemins. Qu'une rando VTT en ville, c'est déjà sympa, mais que le vélo en nocturne c'est que du bonheur et que chaque difficulté passée "sans poser le pied" rend tout fier. Et surtout que la soupe au fromage sera bonne...

     

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    Et enfin (on a testé) que la crevaison fait encore et toujours partie du jeu.

     

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  • En territoire gone !

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    Affirmons-le d'emblée : il y a la médaille... et son revers. Difficile d'allier parcours urbain et VTT technique, manifestation grand public (très grand public, même : près de 10 000 participants pour cette 10e édition, dont 3400 sur la boucle de 55 kms) et fluidité du trafic. L'occasion de regoûter à une spécialité rhodanienne : le fameux "bouchon lyonnais" ! Vous le connaissiez en gastronomie, en voiture ? Eh bien, retenez qu'il s'accomode très bien aussi avec un deux-roues, surtout dans les montées !

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    Cette critique étant dite, l'idée est quand même excellente, et la visite (patrimoniale) vaut la peine. A 8 heures sur le vélo, plaque sur le cadre, il faut quand même s'armer de patience pour le départ par vagues. Passage insolite par le 1er site de la liste : l'intérieur du palais des sports. Puis vient le tour du stade de Gerland et de ses terrains d'entraînement, son parc et bientôt nous longeons les quais du Rhône, escortés par le soleil levant sur le fleuve... tout en croisant les joggers du dimanche matin ! Le calme et la douceur matinale succèdent à l'agitation et à la rumeur de la zone de départ. Je décide néanmoins de ne pas traîner, car je me doute qu'il faut laisser le maximum de vététistes pas trop habitués derrière. Même sur des chemins larges et plats, il y a déjà de quoi se faire quelques chaleurs en restant dans le flot... La suite me le confirmera largement. Un petit 30 à l'heure compteur ("un vrai routard", pas vrai Jean-Mi ?) sur quelques kilomètres, le tunnel de la Croix-Rousse est vite abordé. Je continue à accélérer, et bientôt on est plusieurs à se prendre au jeu dans le tuyau... Jusqu'à sprinter à la sortie côté Saône pour faire flasher le radar. Pas de photo ici, ça n'a pas marché.

    La 1ère ascension me donne l'occasion de constater qu'il reste du monde devant ! Un peu trop, au point que certains font déjà l'impasse sur le contournement par le Fort de Vaise. Ce serait dommage, on ne pédale pas à l'intérieur d'un fort tous les jours !

    Malheureusement, la remontée sur le vieux Lyon est pire : un goulot d'étranglement pas possible avant une côte sur du goudron que l'affluence rend infranchissable autrement qu'en poussant... Faute de pouvoir klaxonner, ça râle et les resquilleurs s'éclatent, alimentant les aigreurs. Les réflexes automo(dé)biles ont encore de beaux jours ! 

     

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    J'évite le 1er ravito Esplanade de la Sarra : bondé. La piste de descente du même nom est bien réalisée, mais même avec un X-Control, ça manque de complications. Le site antique de Fourvière (célèbre théâtre gallo-romain) a plus d'attraits ! (photo).

    Après la redescente sur la ville et enfin quelques escaliers à franchir, la suite se passe du côté des quais de Saône. Beaucoup de bénévoles et d'agents de police municipaux pour assurer les passages et réguler la circulation malgré la horde de cyclistes ! Rude défi. La courbe de dénivelé est à nouveau plate sur de longs kilomètres, heureusement ce n'est pas le cas de la vue. La traversée du Pont de l'Ile Barbe annonce un ravito plus attrayant, le cadre (l'île elle-même) ne saurait être mieux choisi ! Je ne m'accorde qu'une collation express avant de gagner la dernière partie du parcours.    

    Pas moyen d'échapper pour autant à une nouvelle queue et un ultime portage : la petite côte pour sortir provisoirement de la ville via un chemin suplombant des immeubles HLM (chemin du Vallon, si j'ai bien situé...) est fatale ; souvenir, sur la même photo prise des dizaines de fois, le peloton patiente à côté du linge à sécher ! Quelques "S" en sous-bois plus loin et une remontée cette fois sur le vélo, les parcs sont atteints (Cerisaie, Jardin des Chartreux) et avec eux d'autres escaliers. Toujours pas de quoi me faire peur non plus qu'au groupe de Marseillais que j'ai rejoints (!), les marches font 10 cm. Pourtant d'autres portent conscieusement leur tout-suspendu. Ecarts de niveaux et de pratiques qui se font criants car la jonction avec les deux plus petits parcours est immédiate au retour en centre-ville. A partir de la Place Bellecour la vigilance est de mise, car quelques excités, pas forcément les plus jeunes, font vraiment n'importe quoi. Pas sûr qu'en leur barrant le passage sur les trottoirs en plus de la chaussée les piétons se mettent à apprécier davantage les vététistes... Les recommandations de sécurité de l'organisation étaient pourtant explicites, mais il en faut plus pour dissuader la bêtise humaine, à vélo ou ailleurs ! 

    Comme pour apaiser les tensions, la promenade finale par le quartier de la Confluence et sa pointe ont un petit air de Côte d'Azur en ce dimanche encore estival. Les voies bien larges permettent aux familles avec les petits de pédaler tranquillement. Après 3 h 30 d'efforts j'en aurais bien repris quelques portions mais le Lycée international est déjà dépassé. Ne reste plus qu'à se frayer un passage à l'arrivée pour le casse-croûte final et à parfaire mon bronzage (cycliste) sur la pelouse avant le retour au bercail !

  • A la ville !

    "Lyon free VTT", c'est fait ! Sans faire la fine bouche, 55 kms qui m'ont paru faciles, bien plus faciles qu'escompté, aussi bien physiquement que techniquement, presque frustrants tant je m'attendais à un parcours "expert" sélectif.

    Rançon du retour à la rando après avoir pris l'habitude des compétitions ? Reste le plein de beaux points de vue, avec une météo franchement conciliante. Au final, un dimanche mémorable. Davantage de détails et de photos bientôt...

     

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                                                      Reflets au parc de la Tête d'Or...

  • Images internet et réflexions

    Dur dur d'être cycliste à New York... Depuis quelques mois, une vidéo fait le buzz sur ce thème. Il faut dire que dans "Big Apple", les coursiers se sont depuis longtemps fait une solide réputation. Anarchie ou étrange avatar du libéralisme ? Au final, le perdant est forcément le moins protégé ou le moins imprudent... Je ne cautionne pas, bien sûr !

    L'aphyxie citadine me guette ! Mieux vaut retourner sur les chemins, pourquoi pas avec un "mountain bike de collection" et pour des rassemblements ? En voilà une idée originale. Et déjà qu'un VTT a l'avantage de ne pas polluer, il pollue d'autant moins si on ne le jette pas au rebut ! ça s'appelle prolonger le concept écolo de départ.

    En attendant, un vrai premier test concluant que cette sortie avec les Dériv'chaînes hier (reportage ici). De la montée et de la descente en veux-tu en voilà (1305 mètres de D+), des dégringolades "comme on peut" (voir vidéo)... et des jambes qui commencent à s'aguerrir.

     

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  • Le vélo pour changer la ville

    Ce samedi est l'occasion d'une double initiative :

    Plutôt qu'une "journée sans voiture" (comme si ça devait être une privation !), une journée de "fête du vélo" (faites du vélo ?) sur le plan national, et une démonstration de force pour "Vélo Cité 15", l'association militant pour la pratique du vélo à Aurillac. Comme j'en ai déjà fait écho à de plusieurs reprises sur ce blog (la dernière fois ici), la capitale du Cantal n'est pas le lieu idéal pour pédaler. Mais il semblerait que les choses bougent ! Le blog de l'association en fait état, d'une façon qui me plaît bien : en relevant les progrès. Mais sans complaisance !

    Un bon prétexte pour poser les roues en ville demain, et sous le soleil...

     

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  • Marronniers écolos

    A en juger par la fréquence et la quantité d'allers-retours qu'ils font dans la journée, certains de nos voisins ne sont pas prés de se passer de leur voiture. Ils n'en sont même pas à envisager, au moins de temps à autre, un mode de transport alternatif. La marche à pieds pour les trajets de moins de 300 mètres, par exemple ? Un peu cynique, d'accord, mais j'ai des preuves de ce que j'avance, et voilà un comportement qui m'exaspère...

    Je l'avoue, d'abord pour la nuisance sonore dès 6 plombes du mat' sous nos fenêtres, week-ends compris.

     Et ensuite pour les répercussions écologiques. Eh oui, on a beau répéter que c'est sur les petits trajets urbains qu'une voiture pollue et consomme le plus...

    - Mais ils doivent avoir une bonne raison, me direz-vous ? Eh bien... tout dépend de la conception que l'on se fait d'une "bonne raison". En l'occurence, il s'agit d'aller chercher le cholestérol des viennoiseries du matin  pour notre plus grand bonheur !

    Pourtant, la prise de conscience écolo est comme une vague qui reflue dans les médias avec une intensité de plus en plus forte. Un « marronnier », c'est-à-dire un sujet saisonnier dont on est sûr qu'il fera vendre, au même titre que les régimes minceur au printemps (au hasard ! Quoique, les deux cas ne procèdent-ils pas d'une même stratégie qui consiste pour le lecteur à se laisser donner mauvaise conscience, puis à se rassurer en vérifiant que bien sûr, il y aurait des solutions... si on voulait vraiment réagir).

    Et en ce moment, question écologie, la tendance est plutôt au raz-de-marée. Accumulation de reportages sur les catastrophes liées ou non au fameux réchauffement climatique, annonce de modèles tout-électriques dans l'automobile, justement, et présentation de nouveautés hybrides comme s'il allait suffire une fois de plus de mettre la main au portefeuille sans rien changer à nos modes de vie. Que de plans sur la comète ! Car comment prévoir ce qu'il en sera au juste dans nos rues d'ici quelques années ?

    Cependant, une expérience récente faite à Nantes proposait à des volontaires de se passer de leur chère automobile durant pas moins de huit semaines. Et vous savez quoi ? La plupart des « cobayes » ont été plutôt convaincus... Vous me direz, il s'agissait sans doute d'écolos dans l'âme. Certes. Et le réseau de transports et d'infrastructures nantais est incomparablement plus développé que celui de beaucoup d'autres villes.

    Dans la capitale du Cantal, il semble qu'il y ait enfin comme un frémissement. La proportion de cyclistes allant croissant, commePiste cyclable 001 bis.jpg partout ailleurs, la cohabitation se passe difficilement... mes collègues de club et moi-même pouvons témoigner de plusieurs mésaventures récentes qui auraient pu très mal tourner (n'est-ce pas Vincent !). La mairie, consciente de la pénurie de pistes cyclables et de la dangerosité que cela implique, semble se bouger. Des réunions, auxquelles je n'ai malheureusement pas pu me rendre ont eu lieu entre un collectif pour le vélo en ville et la municipalité, mais la solution miracle ne semble pas pour demain tant la configuration des lieux (côtes, rues étroites) se prête mal à de nouveaux aménagements.

    Néanmoins, des actions sont lancées, la vague est donc appelée à revenir encore et encore creuser la même falaise d'égocentrisme et de logique de profit, comme le font les documentaires de Nicolas Hulot et du « moustachu héliporté », alias Yann Arthus-Bertrand. N'étant inconditionnel ni de l'un ni de l'autre, je les ai trouvés tous les deux très pertinents sur leurs émissions de la semaine dernière. Et particulièrement pour dénoncer les abus de notre modèle économique : parmi la profusion d'exemples, la (triste) fin d'un sandwich dont les ingrédients ont dû réaliser 4 fois le tour du monde pour finalement échouer... dans la poubelle d'une supérette japonaise, comme des millions d'autres chaque jour. ça interpelle forcément dans un monde où l'inconséquence "à la japonaise" reste la norme. Pour combien de temps encore ?

    Nonobstant la dépendance à l'automobile de notre voisinage, la "marée" se fait de plus en plus entendre. Les manifs telles que celles de « 350.org » - proportion critique de CO2 aujourd'hui largement dépassée - affluent en vue de la conférence de Copenhague au mois de décembre. La prise de conscience collective abordera-t-elle à bon port ?

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    Les berges de la Jordanne, un des rares lieux dans Aurillac où il fait bon circuler sans risque à vélo, et plus encore sous les couleurs automnales.
  • Déplacements en ville, un combat inégal

    Avertissement...

    Hola, je sens que cette note va être longue, très longue. Et accessoirement, à base de coups de gueule. ça fait un moment que je médite dessus ! "Et pas la moindre image ?!" s'enquièrent certains dans le fond que j'entends déjà râler. Bon, les gars, quand vous en aurez marre, allez jeter un oeil sur les albums photo (à gauche) et je promets qq descriptions "imagées" pour illustrer quand même un minimum mon propos.

    Parce que sur le sujet du vélo en ville, y'a à dire... C'est même l'objet de bouquins à succès ("Petit traîté de vélosophie" de D. Tronchet, que j'ai lu et apprécié mais avec lequel j'ai de nombreux points de désaccord... entre autre sur la philosophie générale, ce qui est un peu gênant !)

    A vue de nez ma démonstration comportera deux grandes parties :

    Grand I, tout ce qui fait que l'automobiliste (ou parfois le motard, le cyclomotoriste, le chauffeur-livreur, etc, liste non exhaustive) doit être considéré avec une méfiance extrême et une vigilance de tous les instants.

    Grand II, quelques exemples pratiques et des suggestions de représailles.

    I Présentation de l'ennemi

    Une lutte !

    Pour commencer, et bien que cela remonte un peu maintenant, je n'ai pas oublié mon expérience de l'auto-école. Je revois encore nos moniteurs (et trices) désabusés par la conduite des "autres usagers", selon la terminologie du code. Non-respect des distances de sécurité, oubli des clignotants, dépassements à l'emporte-pièce et j'en passe, sans indulgence aucune pour les apprentis que nous étions (plutôt considérés par les autres conducteurs comme des gêneurs à reléguer au plus vite et par tous les moyens dans leurs rétros !). Ces constatations devenaient notre sujet de discussion favori entre candidats, au point d'en venir à se dire "Vivement le permis, que je puisse faire n'importe quoi au volant comme tous ceux qui l'ont" !

    Quand on entend que 80% des Français se proclament "bons conducteurs" dans les sondages, ça laisse songeur !

    C'est négliger un peu vite dans l'auto(!)satisfaction que par définition, tout engin motorisé (donc polluant, encombrant, dangereux) est une nuisance dans l'environnement citadin. Ajoutez-y l'état d'esprit du conducteur, bien souvent au choix égoïste, négligent, inconscient, agressif, étourdi (rayez la mention inutile s'il y a lieu, mais que le piéton qui ne s'est jamais fait griller la politesse en s'apprêtant à traverser sur les clous me jette la première béquille), mélangez bien et vous disposerez du cocktail "spécial stress & pollution" idéal. Et les susmentionnés "conducteurs impeccables" n'ont pas non plus mauvaise conscience à l'idée que tout le monde n'a pas une carrosserie autour de soi pour se protéger. 

    Mal conduire = Mal SE conduire ?

    Complétons le tableau avec un peu de réflexion historique. On l'oublie trop souvent, l'auto est dotée d'une vie propre et doit être domptée (ce qui explique qu'il faille un permis !)

    Ainsi, l'automobile, comme le dinosaure, est stupide, notamment en troupeau, et semble pourvue d'oeillères qui rétrécissent considérablement sa vision au niveau du pare-brise. Incapable de discernement, elle ne prévoit ni ce qui se passe autour, qui serait susceptible de l'inciter à ralentir (vision dite "en tunnel", le piéton de tout à l'heure engagé sur les clous n'existe pas), ni ne décrypte ce qui se passe devant afin d'anticiper intelligemment. Carrefour déjà bouché, réduction du trafic à une voie... autant de signes qui devraient la pousser à réagir, ou à prévenir ses congénères pour le bien commun ? Eh bien non. C'est pour combattre cette tendance naturelle malheureuse que l'homme a jugé bon de placer dans son habitacle des individus chargés de la conduire. Mais inexplicablement, un grand nombre d'entre eux débranchent également le cerveau en actionnant le démarreur. Et certains y prennent même goût, au point de préférer ce mode de transport à une courte marche à pieds, plusieurs fois par jour. Néanmoins, comme ces bébêtes-là ont très soif lorsqu'elles se déplacent, et que leurs ressources sont en voie d'épuisement, elles ne tarderont pas à être frappées d'extinction. La même chose que les dinosaures, je vous dis ! Espèce condamnée, on sera bientôt tranquilles.

    Mais en attendant, les conséquences sont là pour le cycliste en ville (et parfois aussi en dehors) : le code de la route demeurant une notion très aléatoire, il convient donc pour sa survie dans ce monde de brutes de ne faire confiance à personne et d'avoir des yeux pour les autres !

    D'autre part, dans les cas de figure les plus fréquents, le conducteur est distrait, soit par les autres personnes qu'il transporte, soit (eh oui) par une conversation téléphonique en direct... Mais ne commençons pas à lui chercher des excuses !

    II Travaux pratiques

    Ode à l'effort ingrat

    Le cycliste en ville n'a guère l'occasion de se laisser aller à la rêverie, puisqu'il doit compenser le manque de discernement des autres véhicules qui l'environnent par une attention et un esprit de décision décuplés. Et lui se doit de respecter le code de la route, et même de prévoir les infractions qui vont être commises, il en va de sa vie (ex. : orange "bien mûr" grillé, voiture qui néglige de s'écarter pour le dépasser...). "Le vélo est une crêpe facile" disait Tôpher Mills dans une ode admirable à la bicyclette (en V.O., "The bicycle is an easy pancake"), lisible dans l'anthologie établie par Edward Nye "A bicyclette".

    Comme si tout cela ne suffisait pas, le fait d'adopter un rythme de progression différent augmente le danger. Dans cet univers d'accélérations sans-y-penser et d'engins surmotorisés pour les trajets urbains, celui qui ne dispose pas d'autre moteur que ses propres jambes doit s'économiser dans les montées, prendre de l'élan dés qu'il le peut, prévoir les changements de couleur des feux, bref, AN-TI-CI-PER. Un réflexe d'économie d'énergie et de sécurité élémentaire que nombre de conducteurs ont largement oublié, eux qui préfèrent nous doubler sans visibilité en haut des côtes ou à l'amorce d'un rond-point, parfois en allant jusqu'à ponctuer l'intelligence de leur manoeuvre d'un coup de klaxon intempestif dans l'espoir de provoquer une crise cardiaque ou une perte de contrôle...  

    Le plaisir de pédaler dans ces conditions n'est pas évident, d'autant que cet effort violent (arrêts et redémarrages fréquents) se fait dans un univers pollué et non en pleine forêt, au milieu de la nature. Tout l'art est de ne pas s'essouffler. On se perfectionne, en trouvant des astuces pour conserver l'élan, en gardant le plus possible une allure régulière et en évitant de freiner, surtout en faux-plat - manie réservée aux automobilistes qui trouvent l'essence encore trop bon marché - patience, la revanche est proche !

    Comment parvenir à cette délicate mission lorsque les autos/camions/scooters devant soi ou aux intersections ne préviennent pas, ne se placent pas correctement sur la chaussée, et ne font pas usage du clignotant ? Injustice d'autant plus flagrante que le cycliste, lui, en être civilisé, est contraint de lever le bras au péril de son équilibre pour indiquer un changement de direction. Penser que de sombres individus confortablement installés sur leurs fauteuils ne prennent même pas la peine de lever le petit doigt pour actionner un commodo, ça a quelque chose du distingo entre le code d'honneur du chevalier et la félonie du soudard. Il m'est même arrivé récemment de m'arrêter à un passage piéton pour inviter une vieille dame à traverser... et de me faire frôler par l'automobile qui me suivait et pour laquelle il devait être inconcevable d'en faire autant !

    Le côté obscur de la Force ! (Aux armes !)

    Au XXIème siècle, il arrive que cette noblesse de coeur et d'âme du preux chevalier sur son destrier cèdent le pas à la moutarde qui monte au nez et à la barbarie guerrière. Que voulez-vous, il est des moments où l'on ne supporte plus le mépris et l'arrogance des véhicules motorisés et de leurs propriétaires. Des moments où l'irrespect et l'incivisme n'amusent plus, où la bêtise ambiante impose le défoulement.

    Halte à la victimisation ! C'est pas beau, mais ça soulage.

    Parmi les hauts faits d'armes dont je ne me vante pas trop, les dépassements d'automobiles en pleine rue dans mon jeune temps. A vélo, c'est quand même plus glorieux qu'en s'aidant du moteur d'une mob ou d'un scooter ! La suite du défi entre copains était ensuite généralement de prendre un peu d'avance, puis de réussir avant l'intersection suivante le plus beau dérapage, roue arrière bloquée, pour signer son forfait sur le bitume urbain. C'est ainsi que les Panaracer Smoke sur mes VTT de l'époque justifiaient leur appellation en partant littéralement en fumée ! A 150 francs le pneu c'était la classe, je dirais même le panache (de fumée !). D'autant qu'on s'entraînait dur pour parfaire notre technique et la note artistique qui allait avec.

    Aujourd'hui, je me suis assagi... ou alors de tels efforts sont devenus trop violents pour mes vieilles jambes. Mais qu'une voiture soit mal stationnée et empiète sur la piste cyclable, et c'est le coup de sang ! Mon grand bonheur : le dégagement du coude dans le rétro du conducteur à 35 à l'heure. Et paf ! 

    Je le reconnais, je suis un dangereux récidiviste qui fais la même chose en tant que piéton avec les véhicules garés sur les trottoirs. Mais la vitesse en moins, c'est moins drôle !

    En guise de conclusion, on pourrait reprendre sur le compte des voitures en ville ce que ce misanthrope affirmait au sujet des nuisances canines : "Moi, c'est pas les chiens que j'aime pas. C'est les cons qui en ont !"