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vélo vert

  • Retour à l'"esprit vert" ?

    Depuis la sortie du n°200 le mois dernier, se passerait-il des choses au magazine "Vélo Vert" ?

    Plus de place aux récits de pratique, au plaisir, aux dialogues entre passionnés... moins d'essais de matos à 5000 Euros et plus, et quand ils se remettent à en faire, ce mois-ci ils cassent le cintre ! A ce prix-là, il vaudrait mieux être soigneux !

    Sans blague, je suis bien conscient de l'intérêt économique des essais de matériel pour un mensuel qui traite de sport mécanique... Il faut des assises financières solides dans la presse de nos jours ! Mais en tant que lecteur, ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus. Je ne vais pas changer de monture tous les mois. Alors je te l'avoue, ces dernières années, je t'avais délaissé. L'obsession de l'équipement, franchement, je trouve ça un peu déplacé... Et la vie offre d'autres raisons de rêver, et de plus valables.

    Pour tout te dire, j'ai trouvé que, petit à petit, tu avais fini par te dénaturer (!) et même te rapprocher un peu trop des magazines de tuning pour ados attardés à casquette. Et je ne développe aucune forme d'ostracisme (au contraire !) pour la presse automobile lorsqu'elle est bien faite et bien écrite, sans tutoiement artificiel ni photo de blonde dénudée en couv' pour mieux attirer ledit ado. Faut pas tout confondre non plus !

    Malgré tout, la limite avec la voiture c'est qu'on n'imaginerait pas (ou plus depuis un bon demi-siècle) qu'à longueur d'article l'essayeur relaterait, indépendamment du modèle, ses propres sensations de conduite sur les lacets des départementales ardéchoises. Hors-sujet, le gars ! Aussi vite viré que le jeune photographe Peter Parker par son infâme rédac' chef dans "Spider-Man" ! Alors que sur les chemins, au milieu de la nature et des paysages, c'est de ne parler que du comportement de tel vélo ou de telle fourche par rapport à tels autres qui me paraît trivial à force de consumérisme... Dans la nature, peu importe le flacon !  

    Car c'est bien l'un des points forts de notre sport que de se prêter incomparablement plus au récit d'expériences vécues que la conduite d'une bagnole de nos jours. Entre autres raisons, j'ai aussi ouvert ce blog en réaction à cette déception de voir négliger tant de richesses par ceux qui devraient justement les promouvoir (voir "A propos").

    Mais je dois le reconnaître, j'ai été séduit par ton initiative récente de mettre en ligne sur ton site l'intégralité de ton 1er numéro, daté de décembre 1988 ! De bons souvenirs en l'occurrence, et le rappel aussi d'une originalité qui m'avait enchanté à tes débuts : un ton bon enfant, un vrai style sympa, drôle souvent, plein de fraîcheur et sans prise de tête, alors que la concurrence déjà en kiosque en rajoutait des tonnes dans l'"affaire de spécialistes", se refusant à dévoiler ses secrets aux béotiens dont j'étais.  Peut-être tes premiers pas correspondaient-ils aussi à cette époque de pionniers, où les vrais passionnés du développement du VTT en France lui adjoignaient une nouvelle philosophie du vélo, un "supplément d'âme", pourrait-on dire.

     Et de fait j'ai beau râler, ta flamme ne s'est jamais complètement éteinte : quelle que soit l'époque, on retrouve ici et là  la "patte" d'un groupe de passionnés dans certains de tes articles de découverte ou des manifestations dont tu es partenaire (l'élection du VTT de l'année depuis 15 ans, le "Vélo Vert camp", et pour ceux de la région qui connaissent, la journée rando "Dériv'chaînes" à Pleaux...). Parfois subsiste encore bien présent le souci de te mettre à la place du pratiquant "lambda" et de t'engager : à lire absolument, la rubrique "the golden casquette", sorte de "prix citron" mensuel universellement redouté car prétexte à un coup de gueule savoureux et engagé de la rédac'. Voilà ce qui me parle !

    Egalement dans ce n°1 exhumé des temps héroïques, une surprise pour moi : le portrait dès les premières pages de Bernard Bon, un personnage historique du VTT hexagonal, que j'ai eu le bonheur de rencontrer il y a une dizaine d'années lors de vacances estivales. En toute simplicité, il encadrait des randonnées-découvertes sur les sentiers de sa région des hauteurs de Ramatuelle (Var, sur les lieux du Roc d'Azur...). Cet après-midi-là, je fus le seul candidat à la balade dans les pinèdes serpentant au bord des falaises méditerranéennes. Je repense encore souvent à ce moment, car je peux vous garantir que je n'ai pas eu à le regretter. C'est cela aussi, le VTT : le partage d'une passion et de la nature, au gré de rencontres inattendues.

     

  • La compétition, un autre plaisir à VTT ?

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    Ben oui, l'adrénaline de la compétition a vite pris le dessus...

    En l'occurrence, je garde un souvenir ému de cette première course en VTT en mai 1989, sur un parcours autour du Puy de Dôme et du Pariou (inconcevable aujourd'hui sur ces sites, du reste ceux qui ont participé aux éditions suivantes du Challenge Mazeyrat se souviennent qu'elles furent déplacées autour du Lac d'Aydat).

     

     La compétition, incompatible avec la pratique du VTT nature ?

    On pourrait le croire, lorsqu'on pense à ce que signifie la moindre manifestation : pollution créée par l'accumulation de voitures, le bruit, le balisage et l'élargissement nécessaires de certains chemins par les organisateurs, les emballages de barres de céréales et de produits divers semés par certains participants peu scrupuleux (mais là, on ne doit pas pratiquer le même sport, ceux-ci ne sont pas vététistes et encore moins "verts à vélo" comme dirait le magazine !). L'esprit est-il si différent de celui de la "route" si souvent dénigré ?

    Y a-t-il besoin d'autre chose que la simple poésie du lieu, le plaisir de se sentir presque voler sans autre son que le bruissement des pneus au milieu des arbres et des fougères, le plaisir de respirer à pleins poumons cet air de liberté ? Convenons qu'il est impossible pour les raisons décrites précédemment que l'on puisse communier d'une façon aussi nette avec la nature, "seul dans son domaine", ou, au choix, accompagné par d'autres que l'on a invités à partager une expérience où l'amitié se passe de mots ?

    Oui, mais... avec l'aisance dans les descentes, le goût de la vitesse, l'envie de se tirer une bonne bourre ne met pas longtemps à se concrétiser.

    De là, l'envie aussi de progresser techniquement et physiquement, d'aller plus vite, de prendre les meilleures trajectoires... "Plus vite, encore plus vite !" crie le petit enfant en chacun de nous.

    Et bientôt l'émulation entre potes ne suffit plus. Alors, une seule solution...

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