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tour du sancy

  • Un "petit" Tour du Sancy

    Parmi les choses qu’il ne faut vraiment pas faire quand on part sur une compétition de 80 bornes à travers les montagnes (vécu dimanche dernier) :

    -         Prendre sur son temps de sommeil pour préparer toutes les affaires nécessaires la veille au soir, sachant que le lever est à 5 heures 30 ;

    -         Sous-estimer le dénivelé positif en s’imaginant que les indications portées sur la page internet sont irréfutables (1290 mètres ? inversion dans les chiffres… ils seront atteints à mi-parcours ! Le « juste prix » était 1920 mètres, une paille !)

    -         Le jour J, habiter un immeuble dont la porte d’entrée est tombée en panne pendant la nuit ! Seule solution : Balancer son sac depuis la fenêtre du demi-étage sur la haie… avant de se lancer soi-même ! Descente technique avant même de partir, véridique !

    -         Enfin, Last but not least, aller chercher la plaque de cadre AVANT de se rendre aux WC publics sur place : affluence maximale garantie, c’est le plus sûr moyen de devoir se dépêcher et de se passer d’échauffement digne de ce nom…

    Bref, je me réconforte en me disant qu’il me reste de la marge de progression : malgré ces légères complications, je boucle le parcours du « Tour du Sancy » en 5 h 14’ (j’espérais seulement passer sous les 6 heures !), à une honorable 54e place (classements complets de la 21e Sancy Verte ici). Sancy verte 002 bis.jpg

    Comment en suis-je arrivé là ?

    D’abord en gérant mon effort… je n’ai pas fait que des c… non plus !

    Privé d’échauffement (par ma faute, voir plus haut), je suis parti tranquillement, en m’efforçant surtout d’éviter l’accrochage avec les concurrents à doubler entre le départ de la Bourboule et le Mont-Dore : déjà 170 mètres de dénivelé en 6 kilomètres, ça s’appelle prendre le train en route. Il faut vite trouver un rythme pour regagner des places sans trop se mettre dans le rouge ! Mais ça, je crois que je sais faire.

    Autre stratégie, cette fois mûrement réfléchie : contrairement à de nombreux concurrents qui se sont encombrés d’une poche à eau, j’avais décidé de m’en passer pour voyager léger, avec juste un bidon et deux barres de céréales. Sur un long parcours, s’arrêter aux ravitos n’est pas une grosse perte de temps, surtout lorsqu’on y trouve en plus du saint-nectaire (fermier) et du saucisson de producteurs locaux… Ben oui, fallait bien récupérer au passage quelques-unes des 4000 calories abandonnées dans la nature !

    En plus, malgré la fraîcheur sur le parcours (14°C en moyenne, et bien moins au départ), j’avais opté pour une tenue courte avec seulement un T-shirt manches longues respirant en dessous : l’idéal ! Je ne me suis pas encombré comme d’autres concurrents de vêtements trop chauds à devoir ôter… quand ils le pouvaient !

    Les 30 premiers kilomètres avaient de toute façon de quoi réchauffer : passé le Mont-Dore, long portage dans la montée des Vergnes, puis que de la côtasse, certes roulante, jusqu’aux estives de Chastreix-Sancy (point culminant à plus de 1400 m, « c’est beau, mais c’est haut ! »)… Hormis deux-trois petites descentes parfois signalées « dangereuses » - bonne blague pour qui était sur Mandailles le dimanche précédent ! J'ai senti le groupe de photographes à l’affût de la gamelle un peu déçu...

    Fin de la première partie des ascensions : ouffff… comme disait mon grand-père, "ce qui est fait n’est plus à faire !" Après une bonne descente je suis déjà à ma place. Au km 34, nous nous retrouvons à quatre au ravito qui précède la séparation avec la boucle du 50 kms. Notre petit groupe se compose de 2 participants du même club dont le nom m’échappe, un gars au maillot bariolé et moi : on se tire la bourre depuis déjà un petit moment. Nous repartons ensemble (un ravito ça crée des liens) sur l’extension du 80 en direction de Picherande. L’un des deux équipiers subissant bientôt un coup de « moins bien », nous ne nous reverrons qu’à l’arrivée. Par contre, je dois m’employer pour ne pas perdre de vue le « maillot bariolé » qui grimpe fort dans les bois du Domais. Les écarts se sont creusés, place à l’effort en solitaire, tranquille dans cette longue partie qui monte jusqu’à La Geneste (1310 m). Avant de revenir à la jonction avec le « 50 », le profil redescendant sur une dizaine de kilomètres me permet de « me refaire la cerise », même dans les relances où j’en remets une couche en force ! Le groupe qui me pistait derrière est lâché, le moral est solide !

    Je perçois quand même mes premiers indices sérieux de fatigue au grand ravito commun de Chastreix. Celui-ci vient à point nommé, la fringale guettait et mon bidon sonnait le vide ! Il reste 17 kilomètres et surtout l’interminable montée jusqu’au buron de Croizat (à 1240 m, au km 75 !) Je m’autorise plusieurs minutes d’arrêt et quelques étirements, le « maillot bariolé » qui avait pris place dans le groupe que j’avais réussi à lâcher repart juste devant moi. Il faut à présent composer avec les retardataires du 50 (ceux qui le boucleront en 4 heures et plus). Pas forcément évident, surtout quand certains font leurs « marioles » : il y en a deux que je dois redoubler à plusieurs reprises car ils s’amusent à accélérer puis ralentir… ça ne me fait pas plus sourire que cela car je sais qu'ils finiront loin derrière, mais l’acide lactique s’accumule et les jambes sont raides. Ô Souffrance !

    Heureusement, les autres concurrents sont plus coopératifs, ce qui me permet de garder le « maillot bariolé » en point de mire, à quinze-vingt mètres. Mais pas mieux, car il monte en puissance sur de gros développements et semble infatigable, or j’ai l’impression de mouliner dans la purée en comparaison. A la fameuse bascule finale du 75e kilomètre, je ne me fais plus d’illusions, la descente va lui permettre de reprendre du champ. De fait je ne le vois plus dans la partie cassante en sous-bois… Et tout à coup, surprise ! à la faveur d’une petite bosse à remonter, il reparaît à nouveau à une vingtaine de mètres dans mon viseur : j’enquille à ses trousses, et le vois louper la bifurcation à gauche pour regagner le Parc Fenestre ! Le temps qu’il ait fait demi-tour, je suis déjà loin et aux taquets pour mettre entre nous deux ou trois concurrents du 50 à travers les allées du Parc. Je donne tout dans un sprint de mort de faim pour en sauter un dernier juste avant la ligne : j’avais encore quelques ressources pour finir fort.

    Au bout du compte, je termine mon premier « 80 kilomètres » à près d’une heure et demie du vainqueur, mais quasiment à la même moyenne que sur le 50 kilomètres il y a deux ans (15,35 km/h au lieu de 15,6 !). Le défi que je m’étais lancé est de toute façon gagné, si les sorties de cet été ne m’ont pas permis d’aller plus vite qu'en 2008, elles m’ont au moins apporté la « caisse » pour rouler loin !

    Quant à l’épreuve, c’est un tour du Sancy magnifique et que je recommande, à condition bien sûr d’être sérieusement entraîné. Mais les plus petits parcours de cette Sancy Verte ne sont pas moins durs en proportion…