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tour de france

  • Expressions malheureuses

    Plus un Tour sans une "affaire" amplifiée par les médias. Pour nous distraire de cette monotonie, les journalistes creusent la métaphore cycliste. Qu'a-t-on entendu ou lu sur le "cas Di Grégorio" ?

    • "Le coureur a perdu les pédales " (classique) et "pris les mauvaises roues " (pas mal)
    • "L'échappé a été rattrapé par la patrouille " (plus élaboré...)
    • "Il a mal tourné "/"il a franchi la ligne " (jaune, téléphonique ou d'arrivée ?)
    • "Mise en examen : quelle sera la prochaine étape ? "

    Etc. Mieux vaut en sourire en attendant les variations qui ne manqueront sans doute pas pour les J.O.

    A Dériv'chaînes, on a sacrifié depuis longtemps à d'autres formes de dopage. Par exemple l'autre jour à l'arrivée d'une sortie courte mais intense sur Pleaux. Pierre qui n'en est pas à son coup d'essai nous a encore régalé d'une de ses pâtisseries qui se marient très bien avec des boissons à base de houblon sur une terrasse...

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  • Efforts par procuration

    A défaut d'exploits personnels (cf note précédente), je garde un oeil curieux et admiratif sur ceux que les divers média permettent de suivre particulièrement l'été :

    Des shows ultra-médiatisés tels que le Tour de France bien sûr, mais aussi la "Race across America", traversée à vélo des Etats-Unis (4800 kms en... 8 jours pour les meilleurs) racontée dans l'Equipe Mag début juillet m'ont fait cogiter sur la notion d'"effort extrême". Si l'intérêt du sport est le dépassement de soi-même, une partie de la fascination qu'exercent certains sports ou certaines épreuves (un mot lourd de sens) ne vient-elle pas de cette exploration toujours plus loin de nos propres ressources ?  

     Au même moment, un article dans le dernier numéro de "Sport & Vie" étudie la résistance des sportifs à la douleur, que certaines épreuves semblent magnifier (marathon, Ironman, mais aussi épreuves de masse de plus en plus dures en cyclisme et en VTT). Il arrive aussi qu'une manifestation déjà ardue se transforme par les lois de la météo en défi à la limite de ce qu'il est possible d'endurer. Exemple récent, "l'étape du Tour Mondovélo" de cette année entre Issoire et Saint-Flour, où plus de la moitié des participants ont été contraints à l'abandon. Qu'est-ce qui fait qu'au bout d'eux-mêmes, dans des conditions terribles, certains s'accrochent pourtant et poursuivent jusqu'à l'arrivée ?

    N'en déplaise aux "anti-sport", dans la plupart des cas ce n'est pas de la fierté mal placée ni de l'inconscience. Le secret des plus résistants n'est pas une question de masochisme, dans la recherche d'une "souffrance extrême", mais provient d'une consentement plus élevé à la dureté de l'activité en fonction de nos motivations et convictions. Cela aboutit à un seuil différent de "souffrance tolérable". Pour simplifier, plus on est convaincu de ce que l'on fait, plus on est prêt à supporter le pire. Mais l'étude insiste aussi sur l'utilisation intelligente de l'acceptation de la douleur pour atteindre ses objectifs (donc une bonne méthode d'entraînement), rappelant qu'il n'y a "pas de médaille olympique du dépassement de soi, pas de record du monde du recul de ses propres limites".

    Voeckler aussi

    Thomas Voeckler est un bon exemple de cette dualité. Sa popularité auprès des spectateurs du Tour 2011 est sans conteste liée à sa façon de se transcender pour garder la tunique jaune : de la sueur, des larmes et presque du sang en direct ! C'est le "mortel" parvenu dans la cour des Dieux (comme le coureur "à l'eau claire" au royaume des dopés ? il ferait alors jeu égal à armes inégales...) à force de souffrance. Pour un peu, il n'aurait pas besoin d'être Français ! Ou plutôt si : le voilà élevé au rang de légende nationale, comme dans l'Antiquité Enée ou Ulysse, fameux héros cyclistes eux aussi. L'analogie avec les personnages de Virgile et Homère ne s'arrête pas là : comme eux, Voeckler est rusé (autrement dit il sait adapter sa stratégie de course) et lui aussi, dans ses interviews, n'aspire qu'à rentrer à Ithaque pour retrouver femme et enfants.

    Heureusement, la littérature sur le vélo ne se nourrit pas que d'efforts surhumains (quoique) : toujours en verve, J.-P. Stéphan auréolé d'une 5e couronne mondiale me régale sur son blog. Dans un autre registre, le site Dériv'chaînes ne s'arrête pas non plus. Bonnes lectures ! 

     

  • Un Tour propre ?

    Au bout de ce Tour de France 2010, peut-on dire que le dopage est éradiqué ? Rien n'est moins sûr, tant l'absence de scandale accrédite selon moi la thèse "On ne risque pas de trouver ce que l'on ne cherche pas (ou que l'on ne sait pas/ne veut pas encore chercher)"... Et sans parler d'Armstrong, les révélations concernant la puissance développée par les meilleurs coureurs dans les étapes de montagne cette année encore laissent songeur (>400 watts une demi-heure durant lors des ascensions finales dans les Alpes selon l'article du "Monde" daté du 12 juillet, au ton très fataliste, chiffres détaillés et comparaisons avec les "Anciens" à l'appui).

    Mais le propos de cette note touche plutôt l'aspect écologique : pas dans ce que les coureurs prennent... mais dans ce qu'ils rejettent ! Vous avez tous vu ces bidons qui volent par dessus le peloton dans de grandes gerbes d'eau. Avec la vitesse, cela fait de très belles images à la TV ! Par contre, dans la nature, l'effet est sans doute moins admirable (lire une fois encore cette excellente réflexion de J.-P. Stéphan sur le sujet l'autre jour). Bidons, mais aussi papiers d'emballage balancés sans la moindre attention par les "forçats de la route". Profitons-en pour réfléchir un peu à l'"excellent" exemple d'écologie que donnent ces idoles au public. Comment cela, ça n'a rien à voir avec l'éthique sportive ?

    De là à affirmer que les coureurs ont les "supporters" qu'ils méritent ? Je pense par exemple au "folklore" pathétique de l'ascension du Tourmalet dont les gugusses excités n'auraient pas leur place dans un carnaval (au passage on peut se demander si l'image qu'ils donnent de la France aux télévisions du monde entier n'est pas pire que l'impact médiatique de Domenech dédaignant la poignée de main de Pareira ?). La souffrance de l'épreuve d'accord, mais côtoyer tous ces beaufs... On en viendrait presque à justifier le dopage, finalement. En tout cas, moi ça ne m'aurait pas choqué de voir Contador et Schleck s'arrêter ensemble pour mettre un pain à l'un d'entre eux à la manière de Cantona. Bref, passons. 

    Venons-en au pire : un bref reportage sur le JT de France 3 l'autre jour, rediffusé au zapping, montrait les services locaux ramassant les déchets abandonnés dans les cols des Hautes-Pyrénées (pour rappel, tous sites naturels classés régionaux ou nationaux) par les soi-disant passionnés de vélo. Résidus de pique-nique, parasols, et même dans la séquence une table de camping en plastique et ses bancs (!). Les employés étaient débordés par l'ampleur de la tâche. Mais ce type de comportement est-il très surprenant dès lors que l'exemple vient d'en haut ?

    Décidément, les organisateurs du Tour ont encore beaucoup à faire pour rendre leur épreuve propre et "regardable" sans arrière-pensée.  

  • Echappé du Tour

    Brève de comptoir sur le scénario classique du Tour de France en étapes de plaine : de longues échappées sous le cagnard invariablement reprises par le peloton à 5 kms (et moins) de l'arrivée, au bénéfice des sprinters...  Programmes estivaux de plus en plus pourris à la TV, le même épisode rediffusé tous les après-midis !

    Moi je sais pas, mais les coureurs qui essaient de se faire la belle, eh ben à leur place ça me ferait un tout petit peu ch... tous ces efforts pour se faire déposer à un tour de pâté de maisons de la ligne (qui a dit "C'est un peu c... le cyclisme sur route, aussi" ?!)

    Un qui ne s'en préoccupe guère, c'est notre tricycliste en herbe qui à 22 mois pile a pigé le maniement des pédales. Tout fier ! Autant dire que les échappées... un peu partout ne vont pas tarder.

    Max fauteuil et tricycle 011 bis.jpg
    Casquette orange en prévision de la finale de dimanche ? Au moins ce scénario-ci ne semble pas écrit d'avance !
  • Eloge de la nécessité de faire son intéressant

     
    Toujours à la même époque, les lectures estivales et le petit écran sur la Grande Boucle tendent à remplacer la pratique : la tentation est forte de rouler surtout par procuration... Le farniente n'étant pas aisé à concilier avec un entraînement sérieux, je manque de fonds. Le cumul des kms au compteur, resté bloqué sur son petit millier, me le confirme. Mêler "parcours long" type raid et bon rythme tout en récupérant rapidement devient un objectif de plus en plus lointain. couv Fottorino.jpg

    Ainsi, sorti des lectures recommandées dans la colonne de gauche, j'ai suivi récemment l'invitation du "Petit Eloge de la bicyclette" d'Eric Fottorino. Parmi les "bonnes feuilles", le chapitre intitulé "Eloge du Midi Libre 2001" où l'auteur revient sur les motivations qui l'ont poussé à participer à cette odyssée en qualité de cycliste amateur invité. Comme souvent en sport, la nécessité intime de repousser ses limites tient un grand rôle : "Faut-il expliquer, justifier, se perdre en paroles là où seuls comptent les actes ? Retarder l'instant du crépuscule [...] Le temps passé à rouler dans le vent, sous la pluie ou contre la montre, c'est du temps retrouvé pour affronter plus tard les jours gris qu'on tapisse avec ses souvenirs, tant mieux s'ils furent heureux, et s'ils ne le sont pas au moins qu'ils soient riches en aventures."

    Y pensait-il l'autre jour, Fabian Cancellara, lorsque porteur du maillot jaune pour l'ultime fois il a régalé (et aussi fait un peu frémir) les télespectateurs de son numéro de funambule dans sa descente de col des Pyrénées ? Une des images que je garderai de cette édition 2009 : le panache et la générosité du champion suisse se faufilant parmi les voitures suiveuses, enrhumant les motos dans les virages pour revenir sur le peloton. Quelques heures plus tard il redevenait simple anonyme du général, mais je gage que ce soir-là l'essentiel était ailleurs. 

    Dans les petits moments de grâce que l'on sème et engrange. A travers des scènes magiques également, comme seul le vélo et ses à côtés peuvent en apporter. Jean-Pierre Jeunet dans "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" ne s'y était pas trompé en montrant dans une scène de "zapping" télévisé cet instant fameux où des chevaux s'étaient mis au galop d'eux-mêmes aux côtés du peloton du Tour. 

    "...Tout cela c'est bien beau, il n'empêche : je me "diésélise", ronchonnais-je devant le poste.

    - Mais c'est vrai, le défi personnel en VTT ne consiste pas toujours à aller vite dans des paysages magnifiques. Garder les pieds sur les pédales plus loin dans une montée impossible, franchir une zone trialisante, tenter de nouvelles trajectoires... la liste n'en finirait pas."

    Un petit exemple (certes bien modeste) ci-dessous, il y a quelque temps  :

                n1024176250_30366178_6316257.jpg          chute Max 2.jpg

     "Des fois ça passe... et des fois non !" Désolé de ressortir celle-ci, Max, mais pour une fois que j'arrive à te rattraper...! 

  • Manquait plus qu'ça...

    Lu dans le courrier des lecteurs du dernier numéro de Télérama (je sais, j'ai de saines lectures, on me l'a déjà dit :D) :

    à propos du retour de Lance Armstrong sur le Tour l'an prochain :

    "Un petit pas pour le cyclisme, un pas de géant pour le dopage !"

    200% d'accord... sauf que s'agissant du cyclisme pro, pour moi ce n'est plus un pas de géant mais un grand coup de 54X12 ! Bon courage au reste du peloton et de la caravane si l'annonce est confirmée.

  • Tour de France 2008

    Quelques réflexions sur le Tour de cette année...

    Peut-on s'autoriser à croire, malgré les nouveaux scandales qui l'ont émaillé, que la situation s'assainit enfin ?

    Jour après jour, les observateurs notaient que les grands cols Alpins se franchissaient moins vite. Depuis l'éjection de Ricco, plus d'attaque "explosive" (et donc forcément suspecte), ni cette année de maillot jaune avec 10 minutes d'avance encadré par une "Invincible Armada".

    Et peut-être même aurons-nous droit sur le podium des Champs à un vainqueur inattendu. Rassurant ?

    Risque de revers à cette médaille : le côté moins spectaculaire pour le téléspectateur, et une impression de moindre professionalisme dans les équipes sur le Tour, du fait que personne ne semble maîtriser la course. Les défaillances se succèdent et des écarts de quelques secondes prennent des allures de catastrophe pour les candidats à la victoire finale. Le spectacle pourrait être perçu comme décevant. Ne faut-il pas craindre que "baisse de la moyenne sur les étapes" aille de pair avec "baisse de la moyenne des superlatifs par phrase" chez les journalistes ? Au fait, n'est-ce pas déjà le cas ? 

    Si les cyclistes, en devenant "plus propres" perdent leur statut de "Dieux de la pédale", alors il y a danger !

    Valverde Tour.jpg

    C'est pourtant à présent qu'il faudrait soutenir et admirer les coureurs. L'opinion publique a-t-elle assez évolué pour que la passion subsiste ? On pourrait le penser en voyant l'engouement suscité dans chaque localité traversée. D'un autre côté, le comportement irresponsable de (trop) nombreux excités autour des coureurs dans les cols (ceux-là ne doivent pas faire de vélo souvent !) peut faire douter de cette évolution !

    Ce pari de la maturité du spectateur et de l'évolution des mentalités était déjà au centre des débats il y a quelques années, et alimentait alors l'argumentation des "pro-dopage". Certains insinuaient que le cyclisme "non chargé" ne serait pas télégénique, et ne serait plus viable en tant que spectacle médiatique du fait des performances trop faibles ! C'est nier un peu vite que le vélo est un sport de souffrance, et que les gens qui aiment ce sport reconnaissent davantage les champions à leur force d'âme, à leur volonté et à leurs échecs surmontés qu'au fait de monter le Galibier "sur la plaque" à des moyennes records.

    La partie est-elle en passe d'être remportée ? Seul l'avenir le dira, mais il est temps que la confiance revienne sur le maillot jaune. Cela signerait une vraie victoire dans un combat engagé il y a déjà 10 ans (affaire Festina), où l'hypocrisie a parfois (souvent ?) triomphé, où les vrais tricheurs n'ont pas toujours été les plus pourchassés. Dix années encore très instructives sur les risques que les intérêts financiers font courir à l'éthique sportive, et sur le cynisme de certains dirigeants et leur peur des scandales.  

    Si les choses commencent réellement à bouger ici, peut-être alors qu'à Pékin...