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louis baudry de saunier

  • La chute : "ça te servira de leçon !"

    Comme  Louis Baudry de Saunier le proclamait dans "Conseils pour apprendre à tenir l'équilibre" (in  "Extrait de l'Histoire générale de la vélocipédie") il y a près d'un siècle, "Ne craignez rien, on ne tombe jamais, on descend vite quelquefois" !

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    Mais mon collègue en fâcheuse posture répondrait (en connaissance de cause !) que les chutes en VTT, ça n'arrive pas qu'aux autres. Alors autant les sentir venir pour en minimiser les conséquences. En général, elles sont beaucoup moins graves qu'en vélo de route (vitesse moindre, réception moins traumatisante) sauf en cas d'impact sévère (on appelle ça "mesurer le sentier" - aucun rapport avec le nom de ce blog - ou "embrasser généreusement la nature") !

    Malgré tout, ce genre de mésaventure a plutôt pour effet de refroidir les ardeurs, et ce d'autant plus que l'on s'est fait peur, ou mal. C'est ce que Jean-Paul Stéphan nomme l'évènement "nociceptif" dans son excellent ouvrage "VTT : rouler plus vite" (éditions Désiris). La chute fait pourtant partie du jeu lorsque l'on veut faire reculer ses limites. On pourrait dire que celui qui ne tombe jamais reste trop "en dedans" pour progresser. Il faut donc se faire violence pour prendre quelques risques... calculés ! 

    Souvenir perso à ce sujet : lors de la rando "La ronde des Lacs" dans le Puy-de-Dôme en septembre dernier, je cherche à dépasser un participant dans une descente en haut d'un bois. Le singletrack s'élargissant, je me décale sur une autre trajectoire et place une accélération : tout va bien, jusqu'au moment où, en finissant de me rabattre, ma roue avant reste scotchée dans une ornière que je n'avais pas vue avant la manoeuvre ! Bien que "déshabitué" aux chutes depuis pas mal de temps, j'ai instinctivement réussi en une fraction de seconde à décrocher les pédales automatiques, prendre l'impulsion pour passer par-dessus le guidon façon saute-mouton et terminer l'action en course à pieds... à la grande hilarité du concurrent ! Le temps de repartir, cela ne m'a pas empêché de le redoubler quelques centaines de mètres plus loin dans un passage plus roulant. Le tout avec un sentiment de confiance en mes ressources encore augmenté, puisque j'avais pris conscience de deux choses : la première, que je pouvais faire une fausse manoeuvre et m'en sortir indemne, et la seconde, que par ce 1er essai "optimiste" je venais de mieux cerner mes limites sur ce type de terrain.

    L'"OTB" (en Anglais "Over the Bar", soit "par-dessus le guidon") ne se termine pourtant pas toujours aussi bien, d'autant qu'il n'est pas forcément volontaire et qu'on ne peut pas trop prévoir où l'on va retomber. Je reconnais que sur ce coup j'ai aussi eu une dose de chance... Mais quel "pied" a posteriori : cela reste encore une très belle image d'une journée en plus de cela mémorable pour les paysages traversés, la convivialité et l'organisation.

    Mais cela prouve aussi que le pire n'est jamais sûr, et qu'avec un peu d'audace pour tenter des choses inhabituelles, on est souvent récompensé. Pour conclure, je laisse à Louis Baudry de Saunier le soin de refermer cette note comme il l'avait initiée :

    "Mieux vaut, pour la joie du monde, écrire sur le cyclisme que sur la morale. Les hommes grignotent dans la vie assez d'amertumes pour que, de temps à autre, on leur enseigne où sont cachés les bons sucres d'orge".