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jules riol

  • Début de parcours : se mettre au vert

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    O toi, qu'un rien retarde,

    Lève les yeux, regarde

    Voler comme l'éclair ce nouveau voyageur.

    C'est un cycliste ! Il passe

     

    En vrai roi de l'espace,                                                                        

    Tandis que tu poursuis ton pénible labeur.

    [...]

    Léger de corps et d'âme,

    Il s'exalte, il s'enflamme.

    Cette course en l'espace à travers des beautés

    Dont il fait la conquête

    Est une longue fête

    Pour tout son être épris de saines voluptés.

     

    Et quand ton impuissance

    A vaincre la distance

    Te laisse désarmé devant mille trésors,

    Lui, fier de sa monture,

    Il dompte la nature

    Et va, charmé surtout par les vastes décors.

     

    "Piéton et cycliste" in Cueillette poétique, Jules RIOL

     

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    C'est ainsi que je conçois le VTT... d'abord comme le meilleur moyen de vagabonder dans la nature et de l'apprécier, seul ou à plusieurs.

    Un rêve impensable d'adolescent ? Concilier le plaisir des sorties en pleine nature où tout un chacun peut se ressourcer, et que mon grand-père, en m'emmenant dans ses coins de balades favoris, m'avait transmis, avec la pratique d'un sport offrant des sensations un peu plus intenses que la marche à pied...

     A la fin des années 1980, ce rêve a commencé à se concrétiser : ici et là, les journaux se sont mis à consacrer quelques articles, souvent entre enthousiasme et scepticisme, à ce que les connaisseurs nommaient "mountain bike". Après les Etats-Unis et les stations de haute-montagne branchées, c'était au tour d'un public plus large de pratiquants potentiels de notre pays de se laisser gagner. On n'osait pas encore imaginer que cette nouveauté allait relancer la pratique (et les ventes !) de la petite reine pendant plusieurs années.

    Avec ses chemins de moyenne montagne et ses volcans, l'Auvergne ne pouvait pas rester longtemps à la traîne de la diffusion de ces drôles de deux-roues. C'est ainsi que j'ai été invité par un ami de mes parents à participer à une randonnée organisée par son club, aux alentours de Clermont-Ferrand. Bonheur immédiat, malgré un certain nombre de déraillages de chaîne et les jambes très lourdes à l'arrivée ! Tout ce qui me plaisait dans le vélo était concentré ici, et bien plus encore. Frustré du manque de polyvalence du bicross en dehors des pistes de bosses et de l'ennui resssenti sur les longs rubans d'asphalte sur le vélo de course en comparaison, l'ado que j'étais sut comme jamais ce qu'il désirait pour Noël cette année là.

    Mon premier VTT : un Lapierre sans dénomination, en promo mais fluo (les VTT étaient forcément fluos à cette époque) jaune et rouge, avec - comble du raffinement -  Les 18 vitesses indexées ! J'en vois ici qui ricanent à l'évocation de ces temps héroïques : cadre acier, pas de blocage rapide sur les roues, pas de système de suspension (tout dans les bras !) et je ne parle même pas de l'accroche rudimentaire des pneus et de leur résistance à la crevaison. Attendez un peu que je vous ressorte une photo d'archive !

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    En même temps, c'était pas fait pour la compétition. Quoique...

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