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détour

  • Mais regarde donc le b*** !

    Quelques découvertes désagréables qu'on peut faire dans la nature en toute saison : ceci n'est pas un blog écolo, mais quand même !

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    Maxime : "Et hop, j'emballe !"

    Impensable que des spots de rando menacent de se transformer peu à peu en traversée de décharge par la négligence et la bêtise humaine d'une minorité. Cet emballage peut en témoigner, il ne vient pas d'un quelconque arbre à tranches de jambon !!! Heureusement, sur ce coup le jeune padawan montre l'exemple (ça ne lui arrive pas souvent, alors on en profite... ;-))) T'énerve pas Max, je plaisante...

    La preuve que les comportements de chacun peuvent avoir un impact - bon ou mauvais - réel sur l'environnement !

    Personnellement, il m'est arrivé assez fréquemment de récupérer des déchets et de les mettre dans mon sac, et même de faire un détour pour ça sur des sites qui avaient visiblement servi d'aires de pique-nique. Mais pour être honnête, il m'est tout aussi fréquemment arrivé de ne pas le faire. Parce que j'étais pressé ou lancé en descente ou en plein effort (dilemme 50 mètres plus loin, le temps que la mauvaise conscience fasse son oeuvre) ou tout simplement parce que je n'avais pas la place ! Mais une chose est sûre : sauf exception, plus on se balade en nature, plus on l'apprécie vierge de tout détritus et plus on se sensibilise à lui porter assistance.  

  • Dériv'chaînes à Pleaux (2) : détours

    A la Dériv'chaînes l'autre jour, la boue compliquait quelque peu certains tronçons. Passer nécessitait régulièrement d'"envoyer les watts" ! Mais pas seulement : dans ces cas-là, tout le plaisir peut résider dans le détour, celui par lequel le chemin redevient praticable.

    Alors, pédaler en solo, ou s'embourber en groupe de façon solidaire ? Le choix quand il se présente est vite fait (vive les sports individuels !). Mais cela nécessite de la lucidité - faut pas trop être "cuit" ! - et de l'intuition (le détour convoité rejoint-il bien la même destination ?). Il m'est arrivé plus d'une fois "me rater", et d'avoir à rebrousser chemin au milieu des ronces, ou dans le meilleur des cas de rejoindre tout le monde loin derrière à cause d'un "rallongis" ! C'est au moins l'occasion d'une bonne séance de chambrage et de rigolade, et l'envie en est décuplée de recommencer à la première occasion. Obstination ? Ceux qui sont habitués à rouler avec moi n'en sont plus surpris.

    N'empêche, sur cette sortie-ci, 100 % de réussite. Enfin, je crois ?!

    Bon, quoi qu'il en soit, à deux reprises ça a marché ! Et hop, une petite boucle dans les bosquets à droite en montée pour esquiver la voie principale dans le bourbier, passage sans poser le pied et... tout propre ! Un peu plus loin, le gué épargnait quant à lui la descente de vélo pour traverser un pont bien glissant. Ce petit plus valait bien un détour, sans doute !

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    ...D'autant qu'il permettait d'aborder "lancé" la montée qui suivait : tout bénèf !

    Mais peu importe de perdre du temps ou d'en gagner : l'amusement est là.

    Dans d'autres cas, en compétition par exemple, le détour peut vite s'avérer nécessaire : prendre les extérieurs lors de départs "bouchonnés", puis emprunter une voie parallèle moins roulante pour se dégager. Peser le pour et le contre en une fraction de seconde pour s'adapter à la situation. Opération souvent rentable avec un peu de pratique.

    Idem en descente où j'en connais qui savent bien "jouer les extérieurs" pour gicler au moment le plus improbable ! J'ai les noms... Mais j'avoue que je ne suis pas le dernier à le faire, même quand ce n'est pas nécessaire, juste pour tester d'autres trajectoires. Et avec un peu de vigilance, les crevaisons ne sont pas plus fréquentes pour autant. 

     Plonger lorsque le détour n'est pas possible...

    Pour en revenir à la Dériv'chaînes, il faut parfois savoir "plonger" ! Ainsi Yoan, pleine bourre sur la fin du parcours autour des terrains de sport, nous passe comme une flèche pour... s'immerger 50 mètres plus loin, de la boue jusqu'aux moyeux ! Spectaculaire... et efficace, son élan lui ayant évité de rester planté. Pas d'autre solution que de l'imiter (les dégâts ?)!

    La fin fut quand même rude, les efforts consentis pour lutter contre le terrain gras pesant d'autant plus lorsque l'on se croit arrivé et que le parcours compile les détours (encore !).

    Jusqu'ici, les compteurs aussi performants soient-ils n'empêchent pas les surprises. Tant mieux, mais on peut se demander si le développement des capacités des GPS ne va pas un jour nous en priver.

    Cauchemar ? Car l'aventure est aussi dans la part d'inattendu, aussi pesante qu'elle puisse paraître sur le coup. Par exemple, on pourrait compiler en temps réel la météo, le trafic sur le chemin, et toutes sortes de données, pour fournir le meilleur itinéraire à emprunter et calculer le nombre de calories à dépenser pour rallier l'arrivée en un temps record sans la moindre éclaboussure... Manquerait plus que la mise à jour des radars automatiques ! Gaffe de ne pas se détourner de l'essentiel.

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  • Tour(s) et détour(s) (2) : innocence perdue ?

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       Aujourd'hui 5 juillet, jour de départ de "la grande boucle". Drôle de surnom, non, pour le Tour de France ? Voilà qui semble rappeler qu'une fois de plus l'essentiel ne se trouve pas dans la vitesse à laquelle on rallie Paris et les Champs, mais bien dans le plaisir du "détour" ! Cela n'empêche pas ceux que ce spectacle indiffère de n'y voir qu'une façon de tourner autour du pot, de même pour les passionnés qui désespèrent de voir le dopage définitivement éradiqué. Pour les autres, cette boucle  évoque, année après année, de nouveaux itinéraires pour parcourir la France autrement.

    Ces derniers jours, en allant fouiner en bibliothèque et librairie mais aussi sur Internet, une constatation s'est imposée à moi : les ouvrages et les romans se rapportant au vélo semblent se multiplier ces dernières années. Depuis une dix ans, ils n'ont même jamais été aussi nombreux à sortir.

    Aux quelques nouveaux-venus dans la colonne de gauche de ce blog, il conviendrait d'ajouter ceux dont le succès a permis d'être réédités en poche récemment (et que je n'ai pas encore lus) : "Petit traîté de vélosophie" de Didier Tronchet et "Petit éloge de la bicyclette" d'Eric Fottorino par exemple. Les esprits retors (dont je me réclame !) ne manqueront pas de faire remarquer que ces 10 ans coïncident avec le début des scandales concernant le dopage sur le Tour !

    Souvenez-vous : Festina... Virenque... L'insu de mon plein gré !

    Paradoxalement, le fait de voir le cyclisme alimenter les colonnes des faits divers amènerait-il les Français à s'intéresser de nouveau au vélo, et - peut-être - à rechercher la magie que le sport de haut niveau enterre de plus en plus sous le cynisme d'un Lance Armstrong ou de l'UCI ?

    La recrudescence des romans et récits évoquant cette part de rêve le confirmerait.

    Pourtant, le vélo n'est pas prés de disparaître ! Demandez aux vélocistes (dans les grandes villes surtout) et aux fabricants...

    La bicyclette de grand-papa, incarnation du passéisme, ringardisée et mise au placard avec le triomphe de l'automobile et de la vitesse, est redevenue la "Petite Reine" depuis son retour en grâce triomphal. Depuis le déferlement du VTT il y a une vingtaine d'années jusqu'à la récente flambée du prix du baril de pétrole. Aujourd'hui le succès des "vélos citadins" et des manifestations de masse des deux roues dans les villes continuent d'élargir le cercle de la reconquête. Partout des pistes cyclables se construisent, des routes s'aménagent et contraignent les automobilistes à partager leur espace (pas toujours de gaieté de coeur, j'en reparlerai !)... Drôle de revanche !

    Et si ce retour en grâce du vélo, aussi bienvenu qu'il soit, ne reposait que sur un immense malentendu ? La prétendue "innocence perdue" n'existe plus depuis un bon siècle dans le cyclisme de haut niveau (si elle a jamais existé !), mais se trouve toujours à portée de pédalier, intacte pour chacun de nous pour peu que l'envie nous prenne d'aller "faire un tour" !

    C'est une grande partie du propos de Paul Fournel dans "Besoin de vélo" que d'exalter ces moments de plénitude, des petites routes de Haute-Loire de son enfance aux grandes étapes du Tour. Ressusciter en soi-même l'enthousiasme des débuts, continuer à s'émerveiller à chaque sortie, ce doit être là que réside tout le secret. 

    Non, ce n'est pas le vélo qui est en danger, ni même le Tour de France.

    ... 

    Par contre, notre écosystème...

     

     

  • Tours et détours (1)

    "Le détour" : Joli thème au programme  de  l'enseignement de Français en BTS pour la prochaine rentrée. J'ignore si j'enseignerai à ce niveau l'an prochain, mais là, il y aurait matière ! 

    Quels en sont les objectifs ? Montrer que le fait de ne pas chercher à atteindre un but par le chemin le plus court et le plus direct peut être une bonne stratégie. C'est donc un thème hautement littéraire, tant l'écrit nécessite le retour sur soi, à contre-courant de l'action immédiate. "Le détour, même au risque des pertes qu'il peut engendrer, apprend et enrichit. Il peut être un art de vivre" (extrait des programmes officiels). Le détour est même assimilé à une certaine "liberté de pensée" dont l'utilisateur peut tirer un avantage déterminant.

    Evidemment, les concepteurs des programmes invitent à interpréter ce thème au second degré dans divers domaines : le détour dans la pensée, dans l'argumentation, dans la réflexion philosophique, etc. Mais rien n'empêche de l'expérimenter d'abord simplement, en commençant par en goûter l'esprit dans la balade en nature !

    D'ailleurs, le détour est un art. Il n'y a qu'à se rappeler le sketch de Coluche sur les discours d'hommes politiques, ou il multipliait les formules : "Je n'irai pas par quatre chemins", "Je vous le dirai sans détour..."  Bel exemple de suite d'antiphrases ! Il semble que le politique qui utilise ces expressions signifie son intention de simplifier sa pensée à l'auditeur, pour lui épargner des circonlocutions inutiles (?!). Mais bien sûr, Coluche en les accumulant dans la même phrase, souligne la langue de bois qui recouvre cette déclaration : l'hypocrite va bel et bien nous y perdre, dans le bois, aussi sûrement qu'Hansel et Gretel par leurs parents. Le but étant que l'on ne comprenne jamais (pauvres innocents que nous sommes) son avis sur la question posée... Le détour peut donc être synonyme de balade, mais aussi de rouerie !

    Par contre, il n'est pas sûr du tout qu'il faille prendre les expressions précédemment citées au pied de la lettre et envisager le détour comme une perte de temps, ainsi qu'elles nous y invitent dans leur sens le plus commun. Ce serait oublier un peu vite que le détour se pose comme un moyen de découverte et le signe d'une réflexion active sur le monde. 

    Et en outre, il serait abusif de l'opposer dans ce sens à l'expression "à bâtons rompus", qui peut elle aussi s'employer pour la randonnée forestière au premier degré, et la discussion au second ! Dans le premier sens, celui qui roule "à bâtons rompus" le ferait "comme un bourrin", sans profiter des beautés qui l'entourent (encore un sens péjoratif !). On aurait alors tôt fait d'opposer le côté "cycliste du dimanche" de la balade, à l'entraînement forcené "nez dans le guidon". On voit bien ce qu'une telle lecture recèlerait de superficiel et de caricatural dans les deux propositions. Deux excès dans lesquels il vaut éviter de tomber, au propre comme au figuré, dans nos sorties ! A méditer...