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écriture

  • Un "enthousiasme" pas commun !

    Une question essentielle à cette époque : pourquoi continuer à sortir pédaler, et même en parler sur ce blog alors que les beaux jours vont bientôt se faire plus rares, le froid plus vif et les disponibilités moins fréquentes ?

    Réponse possible en un mot : l'« Enthousiasme ». Une amie nous a épaté récemment en livrant l'étymologie de ce terme, qui incite à un détour par le dictionnaire !

    Ce n'est pas simplement « faire quelque chose avec plaisir »...

    Un nom commun ? Encore une preuve qu'en les banalisant, le quotidien s'applique à vider de leur substance les notions les plus riches, à dépoétiser de toutes ses forces les plus belles choses. Comme on se retrouve loin du compte ! Ainsi, selon l'analyse de la racine grecque rapportée par le petit Robert, l'enthousiasme est un « transport divin ». Quant à l' « enthousiaste », il a l'honneur d'être « inspiré par la divinité » !

    Un terme de passionné, de converti, pas facile à assumer. Un truc d'exalté quoi, vu que le transport se définit par une émotion intense poussant à l'action dans la joie (2e sens d' « enthousiasme »).

    Mais il s'agit aussi d'une émotion poussant à admirer, synonyme d'emballement... d'où l'intitulé de ce blog (voir « à propos »).

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    Exemple en images avec la sortie club de samedi dernier... Ainsi d'une sortie à l'autre, c'est l'enthousiasme qui nous guide et nous accompagne dans telle ou telle autre de ses nuances selon l'humeur. L'envie d'aller rouler ici plutôt que là, la découverte ou la redécouverte de paysages lors de sorties à plusieurs, entre amis tranquillement ou en se tirant la bourre,...

    Ou bien seul et en goûtant pleinement aux sensations de la balade.

    Et comme l'enthousiasme peut aussi présider à l'inspiration, l'écriture en est pour moi une forme de prolongement. Pour le plaisir de tenter en vain de percer son mystère et de le partager.

    Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, rien ne renseigne mieux sur un mot que ses contraires. Et ici ils se nomment froideur, indifférence, apathie, scepticisme, dégoût et désenchantement.

    Vous connaissez de meilleures incitations à aller rouler, vous ?!

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    Ci-dessus Giovanni est de retour, et il n'aime toujours pas voir ses petits camarades monter mieux que lui... C'est pas joli, joli !
  • Limites et regrets

    Pour revenir sur les « lectures vélocipédiques », j'ai pu constater que nombre d'écrivains-cyclistes-romanciers revendiquent l'inspiration que leur ont fournie les grandes plumes du quotidien L'Equipe.

    Mais ce qui est récurrent chez eux, c'est aussi un regret : celui de n'être pas devenus eux-mêmes ces « géants de la route » dont ils décrivent si bien les exploits et façonnent la légende. Il reste toujours de façon perceptible dans leurs textes cette pointe d'amertume de n'avoir pu devenir le champion de leurs rêves d'enfant qu'ils auraient si bien incarné - rêve inaccessible, ou dont la concrétisation n'est permise qu'à trop peu d'élus ! Paul Fournel semble s'en consoler en suggérant que la vie de cycliste professionnel n'est pas jonchée de pétales de roses, mais plutôt de  pavés comme ceux des tranchées de Paris-Roubaix, et que la passion initiale n'y résiste pas souvent.                                               

    L'homme se cogne toujours à ses limites. Ainsi Romain Gary raconte dans « La Promesse de l'Aube » comment le jonglage (parmi ses nombreuses vocations) est devenu son obsession, et comment, ne parvenant pas à passer de 6 à 7 balles, il a fini par y renoncer définitivement.

    Mais il n'est que trop évident quePromesse de l'Aube.jpg quelque carrière qu'il eût pu embrasser par la suite, l'amertume et la frustration de cette ambition avortée l'accompagneraient toujours.

    "Je sentais confusément que l'enjeu était important, capital même, que je jouais là toute ma vie, tout mon rêve, toute ma nature profonde , que c'était bien de toute la perfection possible ou impossible qu'il s'agissait [...] J'ai essayé toute ma vie. Ce fut seulement aux abords de ma quarantième année, après avoir longuement erré parmi les chefs-d'oeuvre, que peu à peu la vérité se fit en moi, et que je compris que la dernière balle n'existait pas.

    C'est une vérité triste et il ne faut pas la dévoiler aux enfants. Voilà pourquoi ce livre ne doit pas être mis entre toutes les mains."

     Refus du bonheur, ou complaisance dans la mélancolie ? Je ne me souviens pas avoir rêvé devenir jongleur ni cycliste professionnel (footballeur à la rigueur, mais j'ai vite compris...). Le bonheur est de s'abandonner à ce que l'on peut atteindre, et tout le reste est littérature.

    L'autre jour à Allanche, la pratique du "Circuit des Estives" avec Eric et Olivier de Dériv'Chaînes était l'occasion d'illustrer cet adage (suite sur la note « Dériv'chaînes et Estives »).

  • Retour à l'"esprit vert" ?

    Depuis la sortie du n°200 le mois dernier, se passerait-il des choses au magazine "Vélo Vert" ?

    Plus de place aux récits de pratique, au plaisir, aux dialogues entre passionnés... moins d'essais de matos à 5000 Euros et plus, et quand ils se remettent à en faire, ce mois-ci ils cassent le cintre ! A ce prix-là, il vaudrait mieux être soigneux !

    Sans blague, je suis bien conscient de l'intérêt économique des essais de matériel pour un mensuel qui traite de sport mécanique... Il faut des assises financières solides dans la presse de nos jours ! Mais en tant que lecteur, ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus. Je ne vais pas changer de monture tous les mois. Alors je te l'avoue, ces dernières années, je t'avais délaissé. L'obsession de l'équipement, franchement, je trouve ça un peu déplacé... Et la vie offre d'autres raisons de rêver, et de plus valables.

    Pour tout te dire, j'ai trouvé que, petit à petit, tu avais fini par te dénaturer (!) et même te rapprocher un peu trop des magazines de tuning pour ados attardés à casquette. Et je ne développe aucune forme d'ostracisme (au contraire !) pour la presse automobile lorsqu'elle est bien faite et bien écrite, sans tutoiement artificiel ni photo de blonde dénudée en couv' pour mieux attirer ledit ado. Faut pas tout confondre non plus !

    Malgré tout, la limite avec la voiture c'est qu'on n'imaginerait pas (ou plus depuis un bon demi-siècle) qu'à longueur d'article l'essayeur relaterait, indépendamment du modèle, ses propres sensations de conduite sur les lacets des départementales ardéchoises. Hors-sujet, le gars ! Aussi vite viré que le jeune photographe Peter Parker par son infâme rédac' chef dans "Spider-Man" ! Alors que sur les chemins, au milieu de la nature et des paysages, c'est de ne parler que du comportement de tel vélo ou de telle fourche par rapport à tels autres qui me paraît trivial à force de consumérisme... Dans la nature, peu importe le flacon !  

    Car c'est bien l'un des points forts de notre sport que de se prêter incomparablement plus au récit d'expériences vécues que la conduite d'une bagnole de nos jours. Entre autres raisons, j'ai aussi ouvert ce blog en réaction à cette déception de voir négliger tant de richesses par ceux qui devraient justement les promouvoir (voir "A propos").

    Mais je dois le reconnaître, j'ai été séduit par ton initiative récente de mettre en ligne sur ton site l'intégralité de ton 1er numéro, daté de décembre 1988 ! De bons souvenirs en l'occurrence, et le rappel aussi d'une originalité qui m'avait enchanté à tes débuts : un ton bon enfant, un vrai style sympa, drôle souvent, plein de fraîcheur et sans prise de tête, alors que la concurrence déjà en kiosque en rajoutait des tonnes dans l'"affaire de spécialistes", se refusant à dévoiler ses secrets aux béotiens dont j'étais.  Peut-être tes premiers pas correspondaient-ils aussi à cette époque de pionniers, où les vrais passionnés du développement du VTT en France lui adjoignaient une nouvelle philosophie du vélo, un "supplément d'âme", pourrait-on dire.

     Et de fait j'ai beau râler, ta flamme ne s'est jamais complètement éteinte : quelle que soit l'époque, on retrouve ici et là  la "patte" d'un groupe de passionnés dans certains de tes articles de découverte ou des manifestations dont tu es partenaire (l'élection du VTT de l'année depuis 15 ans, le "Vélo Vert camp", et pour ceux de la région qui connaissent, la journée rando "Dériv'chaînes" à Pleaux...). Parfois subsiste encore bien présent le souci de te mettre à la place du pratiquant "lambda" et de t'engager : à lire absolument, la rubrique "the golden casquette", sorte de "prix citron" mensuel universellement redouté car prétexte à un coup de gueule savoureux et engagé de la rédac'. Voilà ce qui me parle !

    Egalement dans ce n°1 exhumé des temps héroïques, une surprise pour moi : le portrait dès les premières pages de Bernard Bon, un personnage historique du VTT hexagonal, que j'ai eu le bonheur de rencontrer il y a une dizaine d'années lors de vacances estivales. En toute simplicité, il encadrait des randonnées-découvertes sur les sentiers de sa région des hauteurs de Ramatuelle (Var, sur les lieux du Roc d'Azur...). Cet après-midi-là, je fus le seul candidat à la balade dans les pinèdes serpentant au bord des falaises méditerranéennes. Je repense encore souvent à ce moment, car je peux vous garantir que je n'ai pas eu à le regretter. C'est cela aussi, le VTT : le partage d'une passion et de la nature, au gré de rencontres inattendues.