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réflexion sur la pratique

  • Des chaînes et des chouettes

    Participer à une manifestation sur le vélo, c'est bien... mais depuis l'organisation, c'est autre chose !

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  • Absalon, encore...

    Impossible de commencer autrement que par un hommage à notre - désormais - quintuple champion du monde... Je me suis régalé de son nouveau triomphe autant que des belles pages que lui a consacrées le journal L'Equipe au fil de la semaine. Un titre qui lui va comme un gant pour qualifier le personnage et son parcours : "L'être de motivation". Lui qui ne gagnait plus de titre majeur depuis quelques années à l'international après avoir régné sans partage de 2004 à 2008, a à nouveau tout raflé en 2014 : champion d'Europe, vainqueur de la coupe du monde et donc champion du monde ce week-end.

     

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    Bien décidé à "marquer sa discipline" (c'est pas mal parti !), Julien prend aussi très à cœur son rôle d'ambassadeur du VTT. La tentation et l'appel d'une carrière sur route, évoquées par le journaliste en allusion à l'adaptation réussie de Jean-Christophe Péraud* ? Repoussées sans hésitation, arguments à l'appui.

    Question de plaisir.

    J'ai été frappé de voir que dans ses déclarations Julien Absalon formulait exactement ce que représente le VTT à mes yeux : un sport qu'on s'approprie à force de l'aimer, mêlant harmonieusement les ingrédients du contact de la nature avec le goût de l'effort, l'adrénaline de la vitesse et de la technique, le tout sur des sorties de longueur raisonnable, sans triche mais avec le bonheur des sensations. Pas la même expérience que la route en effet, plus longue, monotone, sur laquelle on partage le bitume avec toutes sortes de véhicules, et où la performance à haut niveau appelle le dopage...

    Alors, tant qu'on peut, on en reprend ! Au même moment, la sortie du samedi de l'ACVA avait fait le plein de jeunes pousses. L'occasion de guerroyer - pour s'amuser - avec les plus habitués aussi.

     

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     ça ne passe pas pour tout le monde... La vérité du terrain ! Derrière, Yannick en pleine forme ne va pas tarder à klaxonner.

    Et parfois, au détour d'un chemin, des indications qui interrogent...

     

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    "Trop de "D" à Edmond Rostand ?" A l'autre bout de la rue, le même panneau correctement orthographié ! 

     

    *Parmi ses plus beaux faits d'armes : 2e du dernier tour de France à 37 ans, après avoir été médaillé d'argent des J.O de 2008 en VTT... derrière Absalon ! Mais lui aussi a remporté "quelques" courses !

     

  • Exclusif : les "aveux" d'Armstrong vus par Molière

    Je ne sais pas vous, mais il m'est carrément impossible de garder le silence sur l'événement qui fait la une (extra-) sportive de ce début d'année et dont tout le monde parle ces jours-ci. Ah, les Américains et leurs excès, qui nous laissent comme souvent dans l'ambiva(LANCE ?), entre admiration et dégoût. Pour moi, je n'ai jamais cru au miracle, je n'aimais pas l'arrogance du personnage Armstrong du temps de sa splendeur, qui nous demandait d'avoir foi en lui et en son honnêteté. L'éthique sportive, pour quoi faire ? Seule la fin justifie les moyens.

    Pour autant, la grande prêtresse du TV show yankee Oprah Winfrey n'a-t-elle pas accouché d'une souris ? Pour le moment (en attendant la 2e partie de l'émission la nuit prochaine), les aveux de l'ex-grand seigneur du Tour déçoivent, tant il ne reconnaît que ce que les incrédules savaient déjà de longue date. Guère de remords sans doute, l'animal est froid, dur et calculateur (ce qui a contribué aussi à ses qualités de compétiteur, car rien n'est simple). A sa décharge, il n'a pas eu une enfance facile et la vie  non plus n'a pas été tendre avec lui. Sur son comportement passé, il affirme pourtant regretter des "erreurs" de la "brute qu'il a été sur les pelotons" (Christophe Bassons et d'autres apprécieront) et ajoute qu'il ne ferait plus la même chose aujourd'hui. Alors, pénitence sincère ? Peut-on lui accorder l'absolution en échange de ses aveux ? Comment y voir plus clair ? Et aurons-nous du soleil ce week-end ?

    Au XVIIe siècle, un certain J.B. Poquelin avait déjà tout compris :

    "L'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. (...) Combien crois-tu que j'en connaisse qui, par ce stratagème, ont rhabillé adroitement les désordres de leur jeunesse, qui se sont faits un bouclier du manteau de la religion, et, sous cet habit respecté, ont la permission d'être les plus méchants hommes du monde ? On a beau savoir leurs intrigues et les connaître pour ce qu'ils sont, ils ne laissent pas pour cela d'être en crédit parmi les gens ; et quelque baissement de tête, un soupir mortifié, et deux roulement d'yeux rajustent dans le monde tout ce qu'ils peuvent faire. (...)

    C'est ainsi qu'il faut profiter des faiblesses des hommes, et qu'un sage esprit s'accommode  aux vices de son siècle." 

    Molière, Dom Juan, acte V scène 2.

    Please Lance, don't take it bad : sincèrement, je serai ravi de te croire. Un jour.

  • Efforts par procuration

    A défaut d'exploits personnels (cf note précédente), je garde un oeil curieux et admiratif sur ceux que les divers média permettent de suivre particulièrement l'été :

    Des shows ultra-médiatisés tels que le Tour de France bien sûr, mais aussi la "Race across America", traversée à vélo des Etats-Unis (4800 kms en... 8 jours pour les meilleurs) racontée dans l'Equipe Mag début juillet m'ont fait cogiter sur la notion d'"effort extrême". Si l'intérêt du sport est le dépassement de soi-même, une partie de la fascination qu'exercent certains sports ou certaines épreuves (un mot lourd de sens) ne vient-elle pas de cette exploration toujours plus loin de nos propres ressources ?  

     Au même moment, un article dans le dernier numéro de "Sport & Vie" étudie la résistance des sportifs à la douleur, que certaines épreuves semblent magnifier (marathon, Ironman, mais aussi épreuves de masse de plus en plus dures en cyclisme et en VTT). Il arrive aussi qu'une manifestation déjà ardue se transforme par les lois de la météo en défi à la limite de ce qu'il est possible d'endurer. Exemple récent, "l'étape du Tour Mondovélo" de cette année entre Issoire et Saint-Flour, où plus de la moitié des participants ont été contraints à l'abandon. Qu'est-ce qui fait qu'au bout d'eux-mêmes, dans des conditions terribles, certains s'accrochent pourtant et poursuivent jusqu'à l'arrivée ?

    N'en déplaise aux "anti-sport", dans la plupart des cas ce n'est pas de la fierté mal placée ni de l'inconscience. Le secret des plus résistants n'est pas une question de masochisme, dans la recherche d'une "souffrance extrême", mais provient d'une consentement plus élevé à la dureté de l'activité en fonction de nos motivations et convictions. Cela aboutit à un seuil différent de "souffrance tolérable". Pour simplifier, plus on est convaincu de ce que l'on fait, plus on est prêt à supporter le pire. Mais l'étude insiste aussi sur l'utilisation intelligente de l'acceptation de la douleur pour atteindre ses objectifs (donc une bonne méthode d'entraînement), rappelant qu'il n'y a "pas de médaille olympique du dépassement de soi, pas de record du monde du recul de ses propres limites".

    Voeckler aussi

    Thomas Voeckler est un bon exemple de cette dualité. Sa popularité auprès des spectateurs du Tour 2011 est sans conteste liée à sa façon de se transcender pour garder la tunique jaune : de la sueur, des larmes et presque du sang en direct ! C'est le "mortel" parvenu dans la cour des Dieux (comme le coureur "à l'eau claire" au royaume des dopés ? il ferait alors jeu égal à armes inégales...) à force de souffrance. Pour un peu, il n'aurait pas besoin d'être Français ! Ou plutôt si : le voilà élevé au rang de légende nationale, comme dans l'Antiquité Enée ou Ulysse, fameux héros cyclistes eux aussi. L'analogie avec les personnages de Virgile et Homère ne s'arrête pas là : comme eux, Voeckler est rusé (autrement dit il sait adapter sa stratégie de course) et lui aussi, dans ses interviews, n'aspire qu'à rentrer à Ithaque pour retrouver femme et enfants.

    Heureusement, la littérature sur le vélo ne se nourrit pas que d'efforts surhumains (quoique) : toujours en verve, J.-P. Stéphan auréolé d'une 5e couronne mondiale me régale sur son blog. Dans un autre registre, le site Dériv'chaînes ne s'arrête pas non plus. Bonnes lectures ! 

     

  • Compèt : faut avoir le moral

    Toujours pas de compét pour moi cette année : le retour à une pratique régulière s'avère plus chaotique que je ne le prévoyais. La rançon sans doute d'une lassitude encore plus mentale que physique succédant à une grosse activité ces derniers mois. 

    Une autre cause ? L'envers du "cercle vertueux" qui s'était mis en place l'an passé : envie de rouler = bonnes sorties d'entraînement = bonnes sensations = motivation pour les compétitions = résultats à l'avenant. La "double peine" de devoir souffrir dans un premier temps pour retrouver un niveau "acceptable" à mon goût, cumulé à la frustration de "se traîner" en attendant, pfff !Les sensations n'y étant plus, je surestime les efforts à consentir. Pas impossible non plus que cette année 2010 où j'ai beaucoup donné sur le vélo se paie maintenant. 

    Ainsi, pas de "Raid Pastourelle", pas d'"Olympides", de "Ronde du Renard", toutes manifestations auxquelles je m'étais abonné depuis 2006 ou 2007 (voir CR divers ici) et sans doute pas de "Sancy Verte" cette fin de mois d'août. Même si elle n'était pas voulue, la coupure est cependant peut-être salutaire pour mieux repartir plus tard, avec plus de fraîcheur et d'envie.

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    Enfin, si le beau temps était encore de la partie fin mai pour la Pastourelle (à défaut du raid, j'ai participé tout de même à un 40 kms bien agréable), ça n'a clairement plus été (!) le cas par la suite.

    Pas envie de boue ni de pluie, une excuse de plus ? Bizarre, tout de même, cette difficulté à mettre de côté le défi permanent pour aller rouler, ou à placer au moins provisoirement le curseur plus bas pour arriver tout de même à se faire plaisir.  

  • C'est/C'est pas du VTT ?

    On ne peut pas plaire à tout le monde... Une des réflexions qui reviennent le plus souvent au gré des manifestations organisées ici et là : "ça, c'est pas du VTT" (d'un air dégoûté), pour se plaindre souvent d'un parcours jugé trop difficile ou à l'inverse d'un circuit trop peu technique.

    Et il arrive même qu'en fonction du niveau ou du goût des pratiquants, les organisateurs aient à essuyer les deux argumentaires en même temps !

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                                                             "Tirer la langue en montée, c'est du VTT ?"

    Car c'est bien connu, la critique est facile et le Français est râleur. Mais au fait, c'est quoi, un "circuit de vrai TT" ?

    Un Francilien habitué aux balades en forêt de Fontainebleau et un résident des Alpes (même ne pratiquant qu'occasionnellement) ne proposeront sûrement pas la même définition de la sortie idéale.

    En fait, chacun se base sur sa propre pratique et s'en fait une norme. J'en connais qui n'ont pas aimé la balade à Mandailles l'autre jour avec son dénivelé, son herbe à vaches et ses portages (y compris en descente). Par contre, même en restant en Auvergne, d'autres ne supportent pas les sorties roulantes, fréquentes sur l'Allier et le Puy-de-Dôme (des "chemins autoroutiers" ?!).

    Pourtant les deux requièrent l'usage d'un VTT... et correspondent à un aspect de ce sport bien plus riche et diversifié qu'on ne le croirait. De là à affirmer que les uns et les autres en ont une vision restrictive... Pour ma part, j'ai toujours plaisir à simplement "échapper" à la route. C'est bizarre, mais c'est à cette condition que mon sentiment de liberté à vélo s'exacerbe.

    Manque de bol, le repérage des prochains championnats VTT du Cantal samedi dernier nous a montré que de la route il y en aura sur une part non négligeable du circuit. Et pour le reste, la technique n'aura pas beaucoup d'importance : c'est rapide, très rapide et roulant, à une ou deux portions de descentes caillouteuses près. La sélection se fera clairement par la puissance et la capacité de relance plutôt que par de vraies qualités de vététiste (y compris de grimpeur, parce qu'avec 130 m de D+ par tour de 8 kilomètres et demie, on est loin des grosses ascensions du cru). 

    ça n'empêchera pas les plus forts d'être devant... mais certainement à plus de 25 à l'heure de moyenne. Je n'ai rien contre la vitesse, mais là je regrette le manque de variété et de représentativité des difficultés du département. Tout comme j'avais déploré que la précédente édition de 2008 soit excessivement typée "cyclo-cross".

    Au moins cette fois la longueur du tour est plus conforme à notre sport, mais j'ai quand même bouclé mon tour de reconnaissance en 24 minutes pile, à plus de 20 km/h de moyenne. Et débarrassé des maux de ventre qui m'ont forcé à relâcher mes efforts l'autre jour, je ferai sûrement mieux. Mais est-ce là tout l'intérêt ?  

    Pourvu qu'au Lambon, les 24 heures imposent quelques challenges techniques pour ne pas passer notre temps à tourner comme des dératés ! Au dernier pointage sur le site, 16 équipes de 6 inscrites en comptant la nôtre, ça va sentir bon la confrontation.

  • La "forme du moment"

    Quand parfois la pratique d’un sport prend les allures d’un chemin de croix…

     

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    Hier, lors de ma participation à la rando sur les « Cicuits des Estives » à Allanche, j’ai pu discuter avec un jeune de la région parisienne et son père, en vacances dans la région. C’était sur la dernière partie du parcours, et le père, à la traîne, était visiblement « asphyxié » des efforts précédents. Ce n’était pas par manque de pratique sportive, il court des marathons et des semis… mais sur lesquels il est fréquemment contraint à l’abandon, faute de préparation. Et cette fois-là, même les monts du Cézallier à VTT, certes dépaysants pour un Francilien, finissent par mettre au supplice un sportif confirmé…

    Curieux comme les hasards des rencontres peuvent faire écho à nos propres cheminements intérieurs ! J’ai été moi aussi en souffrance à Allanche, mais sur… le début de la randonnée. Clairement pas parti dans un bon jour : les pulsations bloquées à 150-160, incapable de changer de rythme, et même en proie à des tremblements dans les jambes en pleine montée dans le bois de la Pinatelle, au bout de 5 kilomètres à peine. Tous les indices d’une hypoglycémie, alors que le petit déj’ n’était pourtant pas si loin. De quoi me demander si je n’allais pas piteusement bifurquer sur le petit circuit…

    Du coup, premier arrêt « ravito perso », une (demi) barre (de céréales) et ça repart ! Progressivement, pour ne pas me cramer, mais les sensations sont revenues peu à peu, et n’ont cessé de s’améliorer sur cette sortie définitivement abordée au rythme « endurance », c’est-à-dire sans faire d’éclat. Sans doute qu’après trois semaines à rouler façon « XC » (balades relativement courtes et roulantes, mais en tâchant d’appuyer fort), l’organisme rappelle le besoin d’une petite pause diesel. Ce n’est pas Yoan sur la montée de Vézac la veille avec l’ACVA qui m’aurait donné tort !

     

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    Que retenir de tout cela ? D’abord, qu’on ne se connaît jamais assez. Ensuite, si besoin était de le rappeler, que sans entraînement, le jour de la manifestation la souffrance vient vite gâcher le plaisir. S’astreindre à des exercices en vue d’un objectif lointain n’est pas évident (ce que J.-P. Stéphan appelle dans son livre « l’autocontrainte »). C’est d’ailleurs ce que je n’arrive pas à faire assez spécifiquement, en sport comme en vue des concours. Dans les deux cas, je m’y prépare mais sans parvenir à consentir à tous les sacrifices nécessaires sur la durée. A vélo cela se traduit par juste ce qu’il faut d’implication pour parvenir à compenser mes insuffisances grâce au surcroît d’adrénaline du jour J. Il semble que dans l’autre domaine envisagé, cela suffise encore moins…

    A vélo pourtant l’effort en solitaire ne me fait pas peur. Je n’ai guère de mérite d’ailleurs, car j’y ai toujours trouvé un charme différent de la pratique en groupe : on est davantage à l’écoute de ses sensations, des paysages, de toutes les pensées qui nous viennent (toutes sortes d’évocations décrites ici ou et plus largement dans les notes de la catégorie Réflexion sur la pratique). Et en VTT, où l’effort doit souvent se faire seul en fonction des aléas d’une course, la capacité à maintenir l’allure indépendamment des autres concurrents est essentielle. Aussi, je comprends ceux qui  préfèrent pratiquer seuls les sports d’endurance… même si la pratique en groupe est complémentaire de cette solution par ses avantages, entre autres le partage d’expériences et la confrontation avec d’autres personnes plutôt qu’uniquement avec soi-même, dans laquelle on finit par tourner en rond.

    Dans ces conditions, le challenge personnel que je tente de mener à bien chaque année en vue de la Ronde du Renard au Vernet-la-Varenne prend tout son intérêt par la difficulté à définir la spécificité de cette nocturne. Un peu longue (2 heures) pour une course de XC, d’autant qu’elle nécessite par endroits (à mon niveau du moins) une bonne dose de vigilance qui exclut de trop se mettre « dans le rouge ». Par ailleurs, les deux côtes principales se révèlent usantes… surtout enchaînées sept fois comme je suis parvenu à le faire lors des deux précédentes éditions. D’où la nécessité de qualités d’endurance plutôt que de puissance, ce qui m’arrange bien ! Par contre, le parcours est roulant, voire très roulant, même lorsque le terrain est gras comme en 2007 : impossible de l’apparenter à un raid, même court. L’idéal est donc d’arriver à un compromis de qualités contradictoires dont la vélocité serait la principale.