16.09.2009
Un "enthousiasme" pas commun !
Une question essentielle à cette époque : pourquoi continuer à sortir pédaler, et même en parler sur ce blog alors que les beaux jours vont bientôt se faire plus rares, le froid plus vif et les disponibilités moins fréquentes ?
Réponse possible en un mot : l'« Enthousiasme ». Une amie nous a épaté récemment en livrant l'étymologie de ce terme, qui incite à un détour par le dictionnaire !
Ce n'est pas simplement « faire quelque chose avec plaisir »...
Un nom commun ? Encore une preuve qu'en les banalisant, le quotidien s'applique à vider de leur substance les notions les plus riches, à dépoétiser de toutes ses forces les plus belles choses. Comme on se retrouve loin du compte ! Ainsi, selon l'analyse de la racine grecque rapportée par le petit Robert, l'enthousiasme est un « transport divin ». Quant à l' « enthousiaste », il a l'honneur d'être « inspiré par la divinité » !
Un terme de passionné, de converti, pas facile à assumer. Un truc d'exalté quoi, vu que le transport se définit par une émotion intense poussant à l'action dans la joie (2e sens d' « enthousiasme »).
Mais il s'agit aussi d'une émotion poussant à admirer, synonyme d'emballement... d'où l'intitulé de ce blog (voir « à propos »).

Exemple en images avec la sortie club de samedi dernier... Ainsi d'une sortie à l'autre, c'est l'enthousiasme qui nous guide et nous accompagne dans telle ou telle autre de ses nuances selon l'humeur. L'envie d'aller rouler ici plutôt que là, la découverte ou la redécouverte de paysages lors de sorties à plusieurs, entre amis tranquillement ou en se tirant la bourre,...
Ou bien seul et en goûtant pleinement aux sensations de la balade.
Et comme l'enthousiasme peut aussi présider à l'inspiration, l'écriture en est pour moi une forme de prolongement. Pour le plaisir de tenter en vain de percer son mystère et de le partager.
Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, rien ne renseigne mieux sur un mot que ses contraires. Et ici ils se nomment froideur, indifférence, apathie, scepticisme, dégoût et désenchantement.
Vous connaissez de meilleures incitations à aller rouler, vous ?!

19:35 Publié dans motivation, réflexion sur la pratique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vocabulaire, enthousiasme, vtt, nature, sport, envie, écriture
25.07.2009
Limites et regrets
Pour revenir sur les « lectures vélocipédiques », j'ai pu constater que nombre d'écrivains-cyclistes-romanciers revendiquent l'inspiration que leur ont fournie les grandes plumes du quotidien L'Equipe.
Mais ce qui est récurrent chez eux, c'est aussi un regret : celui de n'être pas devenus eux-mêmes ces « géants de la route » dont ils décrivent si bien les exploits et façonnent la légende. Il reste toujours de façon perceptible dans leurs textes cette pointe d'amertume de n'avoir pu devenir le champion de leurs rêves d'enfant qu'ils auraient si bien incarné - rêve inaccessible, ou dont la concrétisation n'est permise qu'à trop peu d'élus ! Paul Fournel semble s'en consoler en suggérant que la vie de cycliste professionnel n'est pas jonchée de pétales de roses, mais plutôt de pavés comme ceux des tranchées de Paris-Roubaix, et que la passion initiale n'y résiste pas souvent.
L'homme se cogne toujours à ses limites. Ainsi Romain Gary raconte dans « La Promesse de l'Aube » comment le jonglage est devenu son obsession, et comment, ne parvenant pas à passer de 6 à 7 balles, il a fini par y renoncer définitivement.
Mais il n'est que trop évident que
quelque carrière qu'il eût pu embrasser par la suite, l'amertume et la frustration de cette ambition avortée l'accompagneraient toujours.
"Je sentais confusément que l'enjeu était important, capital même, que je jouais là toute ma vie, tout mon rêve, toute ma nature profonde , que c'était bien de toute la perfection possible ou impossible qu'il s'agissait [...] J'ai essayé toute ma vie. Ce fut seulement aux abords de ma quarantième année, après avoir longuement erré parmi les chefs-d'oeuvre, que peu à peu la vérité se fit en moi, et que je compris que la dernière balle n'existait pas.
C'est une vérité triste et il ne faut pas la dévoiler aux enfants. Voilà pourquoi ce livre ne doit pas être mis entre toutes les mains."
Refus du bonheur, ou complaisance dans la mélancolie ? Je ne me souviens pas avoir rêvé devenir jongleur ni cycliste professionnel (footballeur à la rigueur, mais j'ai vite compris...). Le bonheur est de s'abandonner à ce que l'on peut atteindre, et tout le reste est littérature.
L'autre jour à Allanche, la pratique du "Circuit des Estives" avec Eric et Olivier de Dériv'Chaînes était l'occasion d'illustrer cet adage (suite sur la note « Dériv'chaînes et Estives »).
08:10 Publié dans Livre, motivation, réflexion sur la pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo, vtt, sport, écriture, littérature, bonheur
21.07.2009
Eloge de la nécessité de faire son intéressant

Ainsi, sorti des lectures recommandées dans la colonne de gauche, j'ai suivi récemment l'invitation du "Petit Eloge de la bicyclette" d'Eric Fottorino. Parmi les "bonnes feuilles", le chapitre intitulé "Eloge du Midi Libre 2001" où l'auteur revient sur les motivations qui l'ont poussé à participer à cette odyssée en qualité de cycliste amateur invité. Comme souvent en sport, la nécessité intime de repousser ses limites tient un grand rôle : "Faut-il expliquer, justifier, se perdre en paroles là où seuls comptent les actes ? Retarder l'instant du crépuscule [...] Le temps passé à rouler dans le vent, sous la pluie ou contre la montre, c'est du temps retrouvé pour affronter plus tard les jours gris qu'on tapisse avec ses souvenirs, tant mieux s'ils furent heureux, et s'ils ne le sont pas au moins qu'ils soient riches en aventures."
Y pensait-il l'autre jour, Fabian Cancellara, lorsque porteur du maillot jaune pour l'ultime fois il a régalé (et aussi fait un peu frémir) les télespectateurs de son numéro de funambule dans sa descente de col des Pyrénées ? Une des images que je garderai de cette édition 2009 : le panache et la générosité du champion suisse se faufilant parmi les voitures suiveuses, enrhumant les motos dans les virages pour revenir sur le peloton. Quelques heures plus tard il redevenait simple anonyme du général, mais je gage que ce soir-là l'essentiel était ailleurs.
Dans les petits moments de grâce que l'on sème et engrange. A travers des scènes magiques également, comme seul le vélo et ses à côtés peuvent en apporter. Jean-Pierre Jeunet dans "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" ne s'y était pas trompé en montrant dans une scène de "zapping" télévisé cet instant fameux où des chevaux s'étaient mis au galop d'eux-mêmes aux côtés du peloton du Tour.
"...Tout cela c'est bien beau, il n'empêche : je me "diésélise", ronchonnais-je devant le poste.
- Mais c'est vrai, le défi personnel en VTT ne consiste pas toujours à aller vite dans des paysages magnifiques. Garder les pieds sur les pédales plus loin dans une montée impossible, franchir une zone trialisante, tenter de nouvelles trajectoires... la liste n'en finirait pas."
Un petit exemple (certes bien modeste) ci-dessous, il y a quelque temps :

"Des fois ça passe... et des fois non !" Désolé de ressortir celle-ci, Max, mais pour une fois que j'arrive à te rattraper...!
23:40 Publié dans Livre, motivation, réflexion sur la pratique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vélo, vtt, tour de france, randonnée, lectures
15.05.2009
Dériv'chaînes à Pleaux (2) : détours
A la Dériv'chaînes l'autre jour, la boue compliquait quelque peu certains tronçons. Passer nécessitait régulièrement d'"envoyer les watts" ! Mais pas seulement : dans ces cas-là, tout le plaisir peut résider dans le détour, celui par lequel le chemin redevient praticable.
Alors, pédaler en solo, ou s'embourber en groupe de façon solidaire ? Le choix quand il se présente est vite fait (vive les sports individuels !). Mais cela nécessite de la lucidité - faut pas trop être "cuit" ! - et de l'intuition (le détour convoité rejoint-il bien la même destination ?). Il m'est arrivé plus d'une fois "me rater", et d'avoir à rebrousser chemin au milieu des ronces, ou dans le meilleur des cas de rejoindre tout le monde loin derrière à cause d'un "rallongis" ! C'est au moins l'occasion d'une bonne séance de chambrage et de rigolade, et l'envie en est décuplée de recommencer à la première occasion. Obstination ? Ceux qui sont habitués à rouler avec moi n'en sont plus surpris.
N'empêche, sur cette sortie-ci, 100 % de réussite. Enfin, je crois ?!
Bon, quoi qu'il en soit, à deux reprises ça a marché ! Et hop, une petite boucle dans les bosquets à droite en montée pour esquiver la voie principale dans le bourbier, passage sans poser le pied et... tout propre ! Un peu plus loin, le gué épargnait quant à lui la descente de vélo pour traverser un pont bien glissant. Ce petit plus valait bien un détour, sans doute !

Mais peu importe de perdre du temps ou d'en gagner : l'amusement est là.
Dans d'autres cas, en compétition par exemple, le détour peut vite s'avérer nécessaire : prendre les extérieurs lors de départs "bouchonnés", puis emprunter une voie parallèle moins roulante pour se dégager. Peser le pour et le contre en une fraction de seconde pour s'adapter à la situation. Opération souvent rentable avec un peu de pratique.
Idem en descente où j'en connais qui savent bien "jouer les extérieurs" pour gicler au moment le plus improbable ! J'ai les noms... Mais j'avoue que je ne suis pas le dernier à le faire, même quand ce n'est pas nécessaire, juste pour tester d'autres trajectoires. Et avec un peu de vigilance, les crevaisons ne sont pas plus fréquentes pour autant.
Plonger lorsque le détour n'est pas possible...
Pour en revenir à la Dériv'chaînes, il faut parfois savoir "plonger" ! Ainsi Yoan, pleine bourre sur la fin du parcours autour des terrains de sport, nous passe comme une flèche pour... s'immerger 50 mètres plus loin, de la boue jusqu'aux moyeux ! Spectaculaire... et efficace, son élan lui ayant évité de rester planté. Pas d'autre solution que de l'imiter (les dégâts ?)!
La fin fut quand même rude, les efforts consentis pour lutter contre le terrain gras pesant d'autant plus lorsque l'on se croit arrivé et que le parcours compile les détours (encore !).
Jusqu'ici, les compteurs aussi performants soient-ils n'empêchent pas les surprises. Tant mieux, mais on peut se demander si le développement des capacités des GPS ne va pas un jour nous en priver.
Cauchemar ? Car l'aventure est aussi dans la part d'inattendu, aussi pesante qu'elle puisse paraître sur le coup. Par exemple, on pourrait compiler en temps réel la météo, le trafic sur le chemin, et toutes sortes de données, pour fournir le meilleur itinéraire à emprunter et calculer le nombre de calories à dépenser pour rallier l'arrivée en un temps record sans la moindre éclaboussure... Manquerait plus que la mise à jour des radars automatiques ! Gaffe de ne pas se détourner de l'essentiel.

23:12 Publié dans réflexion sur la pratique, sorties | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo, vtt, randonnées, nature, détour
01.10.2008
Manquait plus qu'ça...
Lu dans le courrier des lecteurs du dernier numéro de Télérama (je sais, j'ai de saines lectures, on me l'a déjà dit :D) :
à propos du retour de Lance Armstrong sur le Tour l'an prochain :
"Un petit pas pour le cyclisme, un pas de géant pour le dopage !"
200% d'accord... sauf que s'agissant du cyclisme pro, pour moi ce n'est plus un pas de géant mais un grand coup de 54X12 ! Bon courage au reste du peloton et de la caravane si l'annonce est confirmée.
23:41 Publié dans réflexion sur la pratique, Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vélo, dopage, sport, tour de france, lance armstrong le retour !
13.09.2008
Bilan de l'été
Temps pluvieux pour les sorties de début septembre, le terrain détrempé rappelle des saisons plus rudes. La pratique de notre sport va demander davantage de motivation et d'efforts. Sortir c'est bien, nettoyer le matériel ensuite, c'est mieux !

Avant de se consoler avec les beautés de l'automne, on peut quand même espérer le même été indien que l'an passé. ça tombe bien, j'étais d'humeur à un petit retour ici même sur "la belle saison" et ses dernières balades...
Et puis, de façon inattendue, les organisateurs des "Foulées du Cézallier" à Marcenat (C.R. de cette rando du 15 août dernier dans les archives de ce blog, et aussi une autre version du même auteur sur le site Dériv'chaînes) ont fait parvenir gracieusement aux participants les photos de la ligne de départ où ils figurent !
Ce genre d'initiatives mérite d'être signalé ! Voici ce que j'ai trouvé hier dans ma boîte aux lettres...


23:59 Publié dans motivation, Pratique, réflexion sur la pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo, vtt, nature, sport, randonnées, cézallier
22.08.2008
Quand l'esprit vagabonde
- Retour sur Marcenat : Tout d'abord, je tiens à repréciser qu'aucun écrit à propos de manifestations dans ce blog n'a valeur de jugement ! Si celui-ci était mitigé, je
le redis, ceci est d'abord affaire de passion, donc de subjectivité. D'autre part, je pense aussi que pour être complet sur ce point, il fallait évoquer ce que d'autres personnes en ont dit. Beaumarchais a fait proclamer par Figaro le célèbre adage "Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur". Cette ligne de conduite est aussi mon choix, et ceux qui organisent des randonnées ou des compétitions s'exposent forcément à pléthore de critiques. Mais on ne rappellera jamais assez qu'organiser une manifestation n'est pas une partie de plaisir, que le moindre grain de sable dans l'organisation peut venir tout perturber, et que les randos à VTT dans notre région ne sont pas légion en juillet-août. Donc, sans perdre l'esprit critique, n'oublions pas de féliciter, remercier et encourager organisateurs et bénévoles... Dans un pays où râler est un sport national, cela ne peut pas faire de mal !
D'autant que pour découvrir un coin et rencontrer d'autres pratiquants, ce type de rendez-vous est vraîment idéal. Se dépayser et s'aérer l'esprit, deux motivations essentielles pour pratiquer ce sport et aller rouler !
- Justement (interrogation du jour), à quoi pense le vététiste lorsqu'il roule ? Question apparemment saugrenue mais pas tant que cela à la réflexion, et qui appelle de multiples réponses !
Sur un parcours inconnu comme à Marcenat, c'est d'abord la découverte du terrain (et la surveillance du balisage !) qui occupe l'essentiel des réflexions. D'autant plus que le paysage file plus vite qu'à pied ! Je ne développerai pas ici les rapports que de nombreux écrivains et observateurs ont établi entre le vélo et la technique du cinématographe : c'est une affaire depuis longtemps entendue.
De même en roulant à un gros rythme (entraînement ou compétition), ou en se tirant la bourre, le cerveau est accaparé par le terrain et le décodage de ses propres sensations : gestion des développements et de son souffle en montée, du freinage et de la trajectoire en descente. Il tient alors le rôle d'un ordinateur multitâches, constamment en train d'évaluer toutes les données du ressenti du pilote, en adéquation avec la machine (j'ajouterais qu'on ne fait jamais plus corps avec son vélo que dans ces moments-là) et d'anticiper les solutions qui s'offrent pour la suite du parcours. C'est aussi ce qui fait qu'en VTT, la monotonie n'a pas lieu d'être ! Idéal pour les sensations fortes et se défouler...
Chemin faisant
Par contre, sur un parcours bien connu où l'on ne roule pas à fond, la pensée peut enfin s'apaiser et se laisser aller à vagabonder vers d'autres sphères : problèmes de la vie quotidienne, boulot, réflexions issues de bouquins ou de discussions, rêveries... Le vélo aide à prendre du recul sur le quotidien, à dédramatiser les situations, et, partant, à faire des détours permettant de voir les choses sous un autre angle (des "circonvolutions" ?). La sortie (en solo ou à plusieurs) est aussi synonyme d'avancée personnelle, de démarche autonome, puisque le cycliste se meut "sans aucune force étrangère" (cf. "Dictionnaire des Symboles "). Bien utile et antidépresseur dans certains cas, sans aucune répercussion pour le trou de la sécu ! De là à demander la prise en charge de l'achat de son prochain deux-roues...

A propos d'autres sujets, après une première vraie sortie entre adhérents de Dériv'chaînes lundi, le mauvais temps qui sévissait aujourd'hui m'a davantage poussé devant la télé que dans mes pérégrinations vélocipédiques. L'occasion d'applaudir le doublé français en BMX féminin (bravo à Anne-Caroline Chausson et Laëtitia Le Corguillé !), et de souhaiter que les sports un peu oubliés du cyclisme continuent à faire remonter la France dans le tableau des médailles d'or, si vous voyez ce que je veux dire... (Allez Julien !)
La même journée m'a aussi permis de m'occuper de mon fan-club, à savoir un exemplaire de felix penibilis particulièrement gratiné, et remonté comme une pendule pour jouer la provoc' en se jetant dans mes jambes. Ferait mieux d'enfin apprendre à miauler correctement comme tout le monde ! Et à rapporter les balles !
Puis la découverte d'un blog de VTT au féminin, stimulant et très bien écrit, et dont la lecture m'a permis de vérifier que bébé et VTT ne seraient pas si incompatibles, même pour la maman ! ça ouvre des perspectives, surtout avec le quadrupède pour tirer la charette !
En attendant, je crois que ce soir, pour ma chère et tendre, entre une énième balade au festival d'Aurillac et les (presque) derniers épisodes de la saison d'"Urgences", il va pas y avoir photo.
Je dis ça, mais je crois que ça m'arrange aussi...
20:23 Publié dans réflexion sur la pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo, vtt, nature, rêverie, sport
05.07.2008
Tour(s) et détour(s) (2) : innocence perdue ?

Aujourd'hui 5 juillet, jour de départ de "la grande boucle". Drôle de surnom, non, pour le Tour de France ? Voilà qui semble rappeler qu'une fois de plus l'essentiel ne se trouve pas dans la vitesse à laquelle on rallie Paris et les Champs, mais bien dans le plaisir du "détour" ! Cela n'empêche pas ceux que ce spectacle indiffère de n'y voir qu'une façon de tourner autour du pot, de même pour les passionnés qui désespèrent de voir le dopage définitivement éradiqué. Pour les autres, cette boucle évoque, année après année, de nouveaux itinéraires pour parcourir la France autrement.
Ces derniers jours, en allant fouiner en bibliothèque et librairie mais aussi sur Internet, une constatation s'est imposée à moi : les ouvrages et les romans se rapportant au vélo semblent se multiplier ces dernières années. Depuis une dix ans, ils n'ont même jamais été aussi nombreux à sortir.
Aux quelques nouveaux-venus dans la colonne de gauche de ce blog, il conviendrait d'ajouter ceux dont le succès a permis d'être réédités en poche récemment (et que je n'ai pas encore lus) : "Petit traîté de vélosophie" de Didier Tronchet et "Petit éloge de la bicyclette" d'Eric Fottorino par exemple. Les esprits retors (dont je me réclame !) ne manqueront pas de faire remarquer que ces 10 ans coïncident avec le début des scandales concernant le dopage sur le Tour !
Souvenez-vous : Festina... Virenque... L'insu de mon plein gré !
Paradoxalement, le fait de voir le cyclisme alimenter les colonnes des faits divers amènerait-il les Français à s'intéresser de nouveau au vélo, et - peut-être - à rechercher la magie que le sport de haut niveau enterre de plus en plus sous le cynisme d'un Lance Armstrong ou de l'UCI ?
La recrudescence des romans et récits évoquant cette part de rêve le confirmerait.
Pourtant, le vélo n'est pas prés de disparaître ! Demandez aux vélocistes (dans les grandes villes surtout) et aux fabricants...
La bicyclette de grand-papa, incarnation du passéisme, ringardisée et mise au placard avec le triomphe de l'automobile et de la vitesse, est redevenue la "Petite Reine" depuis son retour en grâce triomphal. Depuis le déferlement du VTT il y a une vingtaine d'années jusqu'à la récente flambée du prix du baril de pétrole. Aujourd'hui le succès des "vélos citadins" et des manifestations de masse des deux roues dans les villes continuent d'élargir le cercle de la reconquête. Partout des pistes cyclables se construisent, des routes s'aménagent et contraignent les automobilistes à partager leur espace (pas toujours de gaieté de coeur, j'en reparlerai !)... Drôle de revanche !
Et si ce retour en grâce du vélo, aussi bienvenu qu'il soit, ne reposait que sur un immense malentendu ? La prétendue "innocence perdue" n'existe plus depuis un bon siècle dans le cyclisme de haut niveau (si elle a jamais existé !), mais se trouve toujours à portée de pédalier, intacte pour chacun de nous pour peu que l'envie nous prenne d'aller "faire un tour" !
C'est une grande partie du propos de Paul Fournel dans "Besoin de vélo" que d'exalter ces moments de plénitude, des petites routes de Haute-Loire de son enfance aux grandes étapes du Tour. Ressusciter en soi-même l'enthousiasme des débuts, continuer à s'émerveiller à chaque sortie, ce doit être là que réside tout le secret.
Non, ce n'est pas le vélo qui est en danger, ni même le Tour de France.
...
Par contre, notre écosystème...
23:03 Publié dans motivation, réflexion sur la pratique, Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vélo, tour de france, dopage, littérature, vtt, écologie
18.06.2008
"Rouler dans le dur" : souffrir pour progresser
"Rouler dans le dur" : une expérience synonyme de souffrance, aussi bien physique que morale.
Les causes peuvent être diverses. Manque d'entraînement ? Départ trop optimiste dans une compétition, ou tout simplement moyens insuffisants par rapport au parcours à effectuer ? Envie d'aller au bout de soi ou de ses réserves ?
L'autre jour, dans un reportage sur l'obésité sur France 3, une candidate à la perte de poids affirmait qu'elle ne se voyait pas se mettre au sport, "car elle ne voyait pas l'intérêt de souffrir" (sic).
Ca se discute, mais quoi qu'il en soit, une fois qu'on a la conviction de s'être surestimé, c'est la galère, même lors d'un entraînement !
Qu'est-ce qui motive à continuer sur un sport individuel ? Masochisme ? Il y a sans doute un peu de cela, mais aussi la volonté de ne pas avoir consenti en vain tous les efforts que l'on vient de faire. L'orgueil est un bon moteur, refuser de se dire "j'ai eu tort". Et à part des regrets, il y a peu à gagner à jeter l'éponge dans ces cas-là : s'endurcir, c'est aussi se rendre service pour les "prochaines fois" qui ne manqueront pas de se produire un jour ou l'autre.
Se souvenir de ce par quoi on est passé pour trouver la volonté de continuer. C'est le genre de situations où l'on a coutume de dire que le sport est "une école de la vie".
La compétition aide à se transcender. Passé la récupération de la Pastourelle cette année, j'ai effectivement regretté de ne pas avoir été plus costaud mentalement dans les parties les plus difficiles. Mais je ne m'étais pas non plus entraîné dans des conditions aussi extrêmes !
L'esprit d'équipe aussi est un bon levier pour dépasser ses limites.
Une des plus belles expériences qui en fait foi dans mon expérience personnelle : les courses de relai, avec les 12 heures de Lempdes (43) qui se déroulaient par équipes de 3. Lors de la 1ère participation de notre trio, en juin 1991, je pars le premier dans la nuit (4 heures du matin !) avec mon MBK Aventure. Rapidement, mon éclairage très rudimentaire déclare forfait... et après environ 8 des 12 kms du circuit, ma chaine casse. Malgré un départ correct je me retrouve bon dernier et loin derrière ! Catastrophe, mais il est à ce moment-là hors de question de rester à se lamenter. Je termine le tour en course à pieds en traînant le vélo, et le temps que notre 1er relai se termine, la réparation est faite... Chacun de nous se "sort les tripes" à tour de rôle pour remonter nos concurrents puis contribuer à la réussite de l'équipe, comme dans un sport collectif. Quand vient la chaleur de l'après-midi et les courbatures après plus de huit heures de course, même avec des temps de récupération doubles par rapport au temps passé sur le vélo, aucun de nous ne veut être le premier à régresser sur les temps au tour. Nous sommes pourtant bien plus rapides que ce que nous avions escompté en nous basant sur les reconnaissances du circuit ! Avec le plein de péripéties, et après avoir même menacé sérieusement les vainqueurs, notre équipe finira 2e... au bout des crampes et de nos limites. Chacun de nous aura parcouru plus de 70 kilomètres, ce qui constituait un résultat d'autant plus honorable qu'il a été acquis dans la douleur !

presque la même équipe (un équipier a changé), mieux préparée. Heureusement, car les conditions sont dantesques (il a plu toute la semaine jusqu'à la nuit du départ) et la boue sur le parcours complique un peu plus le passage à chaque tour ! Nous montons cette fois sur la 3e marche du podium sur 15 équipes. 
Mais il est sûr que si nous n'avions pas eu l'expérience de l'année précédente, nous n'aurions pas tenu le choc. Pas de problème technique important, mais le physique plus entamé encore : j'avais accumulé tellement de boue dans les yeux cette fois là (lunettes inutiles car à nettoyer sans arrêt) que j'avais dû me faire soigner par l'assistance médicale après la course !
La solution : positiver. "Regarder le chemin" et les paysages, se rappeler la motivation initiale, ce pour quoi on est là. En cas de galère, je repense à d'autres déjà vécues sur un vélo, et je relativise en me disant que j'en suis sorti. Je compare aussi le matériel sur lequel je roule à celui de mes débuts. Se dire aussi que si c'est dur pour soi, c'est forcément dur également pour les autres, et que la souffrance est partagée ! Enfin, faute de mieux, que chaque coup de pédale rapproche un peu plus de l'arrivée et de la collation qui va avec.
22:29 Publié dans compétitions, Historique, réflexion sur la pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo, vtt, compétition, sport
14.06.2008
Retour à l'"esprit vert" ?
Depuis la sortie du n°200 le mois dernier, se passerait-il des choses au magazine "Vélo Vert" ?
Plus de place aux récits de pratique, au plaisir, aux dialogues entre passionnés... moins d'essais de matos à 5000 Euros et plus, et quand ils se remettent à en faire, ce mois-ci ils cassent le cintre ! A ce prix-là, il vaudrait mieux être soigneux !
Sans blague, je suis bien conscient de l'intérêt économique des essais de matériel pour un mensuel qui traite de sport mécanique... Il faut des assises financières solides dans la presse de nos jours ! Mais en tant que lecteur, ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus. Je ne vais pas changer de monture tous les mois. Alors je te l'avoue, ces dernières années, je t'avais délaissé. L'obsession de l'équipement, franchement, je trouve ça un peu déplacé... Et la vie offre d'autres raisons de rêver, et de plus valables.
Pour tout te dire, j'ai trouvé que, petit à petit, tu avais fini par te dénaturer (!) et même te rapprocher un peu trop des magazines de tuning pour ados attardés à casquette. Et je ne développe aucune forme d'ostracisme (au contraire !) pour la presse automobile lorsqu'elle est bien faite et bien écrite, sans tutoiement artificiel ni photo de blonde dénudée en couv' pour mieux attirer ledit ado. Faut pas tout confondre non plus !
Malgré tout, la limite avec la voiture c'est qu'on n'imaginerait pas (ou plus depuis un bon demi-siècle) qu'à longueur d'article l'essayeur relaterait, indépendamment du modèle, ses propres sensations de conduite sur les lacets des départementales ardéchoises. Hors-sujet, le gars ! Aussi vite viré que le jeune photographe Peter Parker par son infâme rédac' chef dans "Spider-Man" ! Alors que sur les chemins, au milieu de la nature et des paysages, c'est de ne parler que du comportement de tel vélo ou de telle fourche par rapport à tels autres qui me paraît trivial à force de consumérisme... Dans la nature, peu importe le flacon !
Car c'est bien l'un des points forts de notre sport que de se prêter incomparablement plus au récit d'expériences vécues que la conduite d'une bagnole de nos jours. Entre autres raisons, j'ai aussi ouvert ce blog en réaction à cette déception de voir négliger tant de richesses par ceux qui devraient justement les promouvoir (voir "A propos").
Mais je dois le reconnaître, j'ai été séduit par ton initiative récente de mettre en ligne sur ton site l'intégralité de ton 1er numéro, daté de décembre 1988 ! De bons souvenirs en l'occurrence, et le rappel aussi d'une originalité qui m'avait enchanté à tes débuts : un ton bon enfant, un vrai style sympa, drôle souvent, plein de fraîcheur et sans prise de tête, alors que la concurrence déjà en kiosque en rajoutait des tonnes dans l'"affaire de spécialistes", se refusant à dévoiler ses secrets aux béotiens dont j'étais. Peut-être tes premiers pas correspondaient-ils aussi à cette époque de pionniers, où les vrais passionnés du développement du VTT en France lui adjoignaient une nouvelle philosophie du vélo, un "supplément d'âme", pourrait-on dire.
Et de fait j'ai beau râler, ta flamme ne s'est jamais complètement éteinte : quelle que soit l'époque, on retrouve ici et là la "patte" d'un groupe de passionnés dans certains de tes articles de découverte ou des manifestations dont tu es partenaire (l'élection du VTT de l'année depuis 15 ans, le "Vélo Vert camp", et pour ceux de la région qui connaissent, la journée rando "Dériv'chaînes" à Pleaux...). Parfois subsiste encore bien présent le souci de te mettre à la place du pratiquant "lambda" et de t'engager : à lire absolument, la rubrique "the golden casquette", sorte de "prix citron" mensuel universellement redouté car prétexte à un coup de gueule savoureux et engagé de la rédac'. Voilà ce qui me parle !
Egalement dans ce n°1 exhumé des temps héroïques, une surprise pour moi : le portrait dès les premières pages de Bernard Bon, un personnage historique du VTT hexagonal, que j'ai eu le bonheur de rencontrer il y a une dizaine d'années lors de vacances estivales. En toute simplicité, il encadrait des randonnées-découvertes sur les sentiers de sa région des hauteurs de Ramatuelle (Var, sur les lieux du Roc d'Azur...). Cet après-midi-là, je fus le seul candidat à la balade dans les pinèdes serpentant au bord des falaises méditerranéennes. Je repense encore souvent à ce moment, car je peux vous garantir que je n'ai pas eu à le regretter. C'est cela aussi, le VTT : le partage d'une passion et de la nature, au gré de rencontres inattendues.
23:11 Publié dans réflexion sur la pratique, VTT et autres domaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo, nature, vtt, presse, écriture

















