30.07.2009

Ronde du Renard 2009

 Dans les premiers instants de la course, sorti du village du Vernet-la-Varenne, un manque déconcerte. La certitude de savoir où l'on met les roues ! Il est 22 heures, la nuit "entre furet et ragondin" donne l'impression de ne rien voir, rien reconnaître même du tracé lors des deux premiers tours. Puis ça va mieux ! Mais quand l'éclairage est encore incertain, d'autres sens y pourvoient : les encouragements d'enfants après un long moment en solitaire signalent le passage à la ferme et sa grimpette dans la caillasse tant redoutée. La longue descente en single dans le sous-bois quant à elle, n'est pas si uniforme : assez large d'abord, elle se rétrécit, virevolte et semble vouloir vous avaler. Tout d'un passage dans un tube digestif, jusqu'aux secousses finales... avant de se faire recracher enfin comme "non comestible" sur la route d'Esteil que l'on traverse vaguement soulagé. "L'essentiel est invisible pour les yeux" (dixit St-Exupéry qui s'y connaissait en renards !)

Renard 25.07 011 bis.jpg

Un combat ? Plutôt une aventure. Sur une boucle de cinq kilomètres et demie à peine, cela pourrait prêter à sourire. L'impression est pourtant d'autant plus pregnante qu'on est toujours seul dans la nuit... et que le binôme que mon rythme m'avait choisi cette fois a subitement décroché à l'un de mes relais, pourtant pas plus appuyé que cela, dès le début du 2e tour. Malédiction... Pas de quoi démotiver "Renard à trois plumes" (mon nom de code sioux un peu paradoxal : plus je me déplume, plus j'en porte !), ni même le dissuader de jouer les prolongations.

Car c'était bien là ma troisième participation consécutive à la Ronde du Renard... qui cachait du nouveau.

A la faveur du tour du plan d'eau effectué en dernière minute pour m'échauffer, j'ai pu constater que les organisateurs avaient remplacé la remontée finale dans l'herbe depuis la plage par une trace courte mais technique - de nuit, s'entend ! entre les arbres (photo ci-dessus), avant de rejoindre directement la ligne d'arrivée. Un goupil informé en vaut deux ! Pour le reste, un circuit roulant mais casse-pattes (voir note de l'an passé).

Je venais de toute façon avec des ambitions modestes cette année, un sévère mal de dos m'ayant même fait craindre la veille de devoir renoncer ! Ce n'est que le jour J que les douleurs se sont estompées. D'où l'intention de ne pas chercher absolument à "envoyer du gros" cette fois, mais plutôt de jouer les canidés flâneurs. Rythme "allegro ma non tropo" ! 

 Cela n'empêche pas qu'on a sa fierté. C'est pourquoi j'ai donné tout ce que j'avais dans mon sixième tour pour ne pas me faire reprendre une seconde fois par le trio de tête, ce qui aurait signifié la fin de mon aventure. Septième tour "pour profiter" comme je le déclarais joyeusement à l'un des signaleurs. Alibi d'un temps à affiner en vue du décompte, pour profiter encore un coup de ce sentiment de liberté décuplée à cette heure indue sur un vélo parmi les bruits de la forêt et la fraîcheur du soir. Pour boucler la boucle, en quelque sorte.

Ce n'est toujours pas le cas de Cédrick (photo), vététiste au physique de basketteur/déménageur (ou l'inverse), dont l'objectif, année aprèsronde du renard 028 bis.jpg année, est d'atteindre le graal d'un sixième tour. Encore raté, puisqu'il y a renoncé au moment où il a décidé de venir en aide à un concurrent dont le ressort du dérailleur venait de lâcher. Rendez-vous est déjà pris pour l'an prochain, il m'a dit qu'il s'entraînerait dur !

Il constitue pour moi un "personnage" de cette course, tout aussi admirable que les candidats à la victoire qui "la jouent fine" en coupant par le trottoir l'intersection dans le village afin de gagner quelques précieuses secondes. Qui dit "renard" dit "ruse", je ne trouve absolument rien à y redire (j'admire même la technique !). C'est juste une conception différente de l'aventure. Que les deux soient compatibles sur le même terrain de jeux, c'est ce dont je ne me lasse pas de m'émerveiller et j'espère qu'il en sera encore longtemps ainsi.

24.06.2009

Raid Pastourelle 2009 : toujours dur ! (2)

(Suite)... L'occasion que j'attendais pour sortir ma bombe de "Fast'Air Tubeless" (c) qui m'accompagne depuis deux bonnes années dans la poche ! Je secoue, j'enclenche dans la valve, et... Miracle ! l'avant du vélo reprend de la hauteur ! De quoi justifier un coup de gueule sur le fait que ce produit est introuvable dans les commerces locaux en ce moment, me condamnant à me balader désormais avec une trousse à outils sur le dos... Je remercie les concurrents qui me suivaient et m'ont proposé leur aide !

Je repars aussi sec afin de rejoindre le village du Falgoux et son ravito, où patientent déjà mes compères après une montée courte mais sévère qui annonce déjà la deuxième partie tant redoutée !

Quelques notes d'accordéon devant l'église plus tard, il commence à faire bien chaud... et dès la montée goudronnée s'élevant au-dessus du bourg, Maxime prend son envol. Pour Vincent, Joris et moi, c'est là précisément que la galère commence. Enfin, en tout cas, personnellement y'a pas de doute ! A cet endroit, le parcours est pourtant simplifié et coupe à travers quelques dévers techniques en sous-bois pour nous épargner les portages boueux et les passerelles casse-g... de l'an dernier. Mais le dénivelé bientôt s'accumule. A force de faire l'élastique, je vais décrocher, c'est sûr !

C'est alors qu'en posant pied à terre sur un passage délicat à la sortie d'une ferme, Vincent est attaqué par une crampe. Etirements divers et variés, tout le monde "tape" dans les récipients avant de redémarrer plus tranquillement. Mais pour moi rien à faire, l'énorme montée qui suit est mon enfer habituel jusqu'au ravito de la Serre, et ça n'est guère mieux après. La répétition des efforts se rappelle à mon bon souvenir (lactique), et je la paie cash : en panne de rythme et de puissance, le plus petit développement est le seul possible, 5 à l'heure au compteur. Longs instants de solitude à surmonter, avec vue sur les flancs des vallées. Mes camarades se carapatent lentement mais sûrement.

Heureusement, la fin du calvaire annonce toujours quelques descentes !

copie photo Pastou 1.JPG

Plusieurs des adversaires qui m'ont enrhumé en phase ascensionnelle semblent en délicatesse avec les trajectoires (des routards ?), je leur rends donc la politesse avant de retrouver Joris et Vincent arrêtés un peu plus bas. A nouveau une chute sans gravité, sauf pour le levier du frein avant de Vincent ! La pièce est juste décrochée, mais pas moyen de la remettre dans son logement. Après plusieurs tentatives infructueuses, le chrono qui tourne nous décide à repartir : pour notre cascadeur, la prudence sera cette fois-ci de mise !

Une petite (mais sévère) remontée de plus, quelques centaines de mètres de portage, et nous y voilà : les plateaux, enfin ! Nous ne sommes plus que deux, Joris ayant lâché prise. Dommage, juste avant la partie descendante ! Quoique... les 10 derniers kilomètres sont par moments bien longs, et dotés d'interminables lignes droites dans la prairie en faux plat montant que j'enquille en force sous le soleil. Je voyais ces parties-là moins pénibles... tant pis, le moral m'aide à garder le rythme jusqu'au bout, et cette fois c'est "El cascador" qui doit s'accrocher.

Cadence folle, c'est la descente d'Espinassole ! Les épingles sur la route passent à la corde, en dérapage de l'arrière. Mais le gros "coup de cul" d'en face qui suit - l'ultime - est moins drôle : dans l'effort, je sens les crampes s'annoncer derrière les cuisses... en même temps que Vincent, frais comme un gardon et qui se permet de commenter le paysage ! Prudence, tu parles ! Au sommet, la jonction est faite avec le parcours de la rando : il reste cinq kilomètres ultra roulants à terminer avec le turbo.

Nous en profitons pour poursuivre la séquence "amélioration de la moyenne" en déposant encore plusieurs concurrents et randonneurs en souffrance. Bientôt, c'est  à travers le camping de Salers que nous déboulons. Le singletrack redescendant sur la gendarmerie est heureusement moins piégeux qu'en d'autres occasions : on se faufile dans les rocailles en frôlant les barbelés puis les murets en pierre, pourvu que la lucidité soit à la hauteur ! Elle l'est, y compris dans le bourg pour remonter les marches en vue de l'arrivée. Je franchis l'obstacle sur le vélo mais en douceur car mes pignons craquent depuis un moment. C'est gagné : au loin, Giovanni attend ma plaque muni de sa pince coupante. Vincent suit une poignée de secondes derrière, victime des escaliers.

Verdict de l'édition : 112e, en 4 heures 33. Sans me vider complètement, mais en sachant que j'ai perdu encore bien trop de temps dans les ascensions de la deuxième partie du parcours. C'est la difficulté de la Pastourelle qu'il me faudra aborder en étant plus costaud la prochaine fois si je veux vraîment progresser et être capable d'embrayer plus vite aux ravitos.

Un qui l'a fait (mais il ne parlait presque plus après, pas bon signe !) c'est Maxime, 75e en 25 minutes de moins et 1er junior ! Chapeau bas.

22.06.2009

Raid Pastourelle 2009 : toujours dur ! (1)

Confirmation, même par terrain sec la Pastourelle c'est pas du gâteau ! (c'est toujours plus drôle au départ...)

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Presque pas de boue cette année, donc, et c'est déjà ça. Pas de cardio non plus pour moi (en rade de piles) et une pédale d'accélérateur (celle de droite) qui n'enclenchait plus que d'un côté... ça sent déjà les excuses ! Bof, tout bien considéré, je n'ai pas eu trop de pépins.

Après le départ fictif de l'esplanade de Barrouze à Salers et les freins lâchés dans la descente sur route histoire de grappiller quelques places, les choses sérieuses commencent à Saint Paul. Goulot d'étranglement comme d'hab dès la banderole, et même en essayant de rouler en équipe les positions fluctuent selon la capacité de chacun à éviter les "poireaux" qui libèrent le passage plus ou moins rapidement. A ce petit jeu, Manu est le premier à décrocher... Déjà doublement déçu par le Stade Toulousain et l'OM, il n'était pas dans un bon jour !

Pour autant, pas question de me "cramer" sur cette première longue ascension jusqu'au buron d'Impramau. L'édition de l'an dernier m'a servi de leçon ! Mais quand même, ce terrain donne envie de "lâcher les chevaux"... ce que je finis par faire gentiment pour recoller le grand Maxime, qui joue à nous larguer pour nous prendre ensuite en photo - ce qu'il fera plusieurs fois avant de s'envoler pour de bon ! Dégoûtant ! Quoi qu'il en soit, Vincent se cale dans ma roue, et nous nous relayons tranquillement : course d'équipe, on a dit !

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Je passe sur les portages jusqu'au buron (déjà raconté en plus dantesque l'an passé) et son ravito... Joris nous rejoint pour profiter d'une première longue pause bien méritée. Déjà plus de 600 mètres de dénivelé abattus en à peine le quart de la distance, les organismes souffrent. Après le plein de sucré, salé et coca, nous laissons le Playmobil (il aime bien que je l'appelle comme ça) attendre Manu décidément en souffrance. Bien que technique, la descente en sous-bois est redevenue pratiquable. A condition d'éviter "l'excès d'optimisme à la Vincent", auteur d'un superbe OTB dans la boue quelques mètres devant moi... Les encouragements de notre fan-club l'ont-ils rendu trop confiant ? La suite montrera que non, il s'agit bien d'une disposition naturelle aux figures acrobatiques ! La "gamelle d'or" sera disputée cette année (voir archives récentes !).

Au fil des kilomètres, nous reprenons assez facilement les places perdues lors de notre arrêt. Les parents de notre photo-reporter revenus nous encourager nous situent aux alentours de la 85e position. Au moment de rebasculer dans la grande descente qui précède le Falgoux ça me paraît bien, et dans mes cordes à conserver. Enfin je crois, car je me sens encore en jambes, mais le plus dur reste à venir ! Justement, les virages relevés en "pif-paf" de la descente m'amusent beaucoup et j'en profite pour creuser un petit écart sur mes coéquipiers. Mais je passe trop vite... pour anticiper la bifurcation à droite dans le champ. Le freinage brutal écrase mon pneu avant, qui termine la manoeuvre à plat ! (A suivre !)

27.03.2009

Championnats du Cantal (restes de 2008)

Séquence rétro (je sais, j'ai du retard à récupérer !). Le premier week-end d'octobre, ensoleillé mais automnal donc... frais dans le Cantal, était encore l'occasion de cumuler les kilomètres sur des manifestations diverses.  

- Samedi, participation aux championnats du Cantal VTT, à Fleurac, prés de Ydes. Un joli coin bien vallonné, ce qui amplifie la déception une fois sur place : le circuit annoncé pour 5 kilomètres n'en fait après vérification que 3,5... à répéter un maximum de fois en 1 heure 30 ! Ambiance cyclo-cross garantie, d'autant que les parties techniques ne sont guère au rendez-vous : des passages dans les champs, autour des fermes, quelques portions de goudron (!) et quasiment pas de chemin. Aussi peu de vrai VTT dans un département comme celui-là, faut le vouloir, tout de même ! Les chemins de rando entre collines et forêts ne doivent pourtant pas manquer dans le coin...

Rangeons l'agacement de côté : l'affaire s'annonce physique, sans vraie "zone de récupération", de coups de cul divers et variés en longs faux plats dans l'herbe à chameau. Les descentes elles-mêmes sont délicates à gérer, non pas à cause de l'adhérence et des trajectoires, mais du fait de leur brièveté et de la nécessité de capitaliser le plus possible le précieux élan engrangé !

Fleurac 2.jpg

Même en forme moyenne, je décide de tout donner histoire aussi de m'étalonner sérieusement. Les trois premiers tours "à bloc", soit à la cadence d'un peu moins de 12' au tour (près de 18 km/h de moyenne sur un parcours où il faut sans cesse relancer) me laissent au bord de l'asphyxie et le moral un poil rafraîchi : certes, les meneurs ne sont pas loin, je les ai encore en vue, mais de plus en plus brièvement entre deux obstacles. Après 40 minutes dans le rouge, je décide raisonnablement de relâcher un peu la bride et de laisser Eric, lui non plus pas dans un jour "avec", revenir afin de continuer ensemble. Sage décision, car avec un seul bidon (Camelbak bêtement laissé à la maison) et pas de ravito disponible, les trois quarts d'heure à tenir encore s'annoncent longuets. Le manque de sommeil (le petit ne faisait pas encore ses nuits !) n'arrangeant rien, l'objectif est à présent de tenir la position, ce que nous ferons malgré quelques pauses. L'occasion aussi de nous rendre compte que nous roulons assez différemment : lui plus en "costaud" sur les efforts soutenus, que son entraînement de route lui permet de digérer sur des gros braquets, et moi davantage à l'aise sur les relances en courbe et la prise d'élan sur les quelques parties descendantes. Tantôt l'un devant, tantôt l'autre, les changements de rythme sur nos points forts personnels nous permettent de garder la motivation malgré un circuit qui n'a depuis longtemps plus de secret pour nous. Nous nous permettons même quelques courtes pauses... mais tout est relatif, car ma moyenne au cardio sur l'ensemble de la course s'élève tout de même à 180 pulsations, avec un maxi de 199.

Fleurac 1.jpg

Au bout du compte, nous sommes presque surpris de nous voir arrêter au bout de 7 tours, prêts à poursuivre l'effort encore une fois (donc pas si cuits que cela, finalement) ! Je termine 9ème devant Eric, et 3ème Master 1. Mais notre équipe, qui était venue en force, a connu des fortunes diverses. La palme des mésaventures et de la malchance revenant à Manu : chute précisément où il ne fallait pas (photo, les vaches avaient laissé quelques pièges odorants), pépins divers et pour finir bris de chaîne. Y'a des jours, comme ça...

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Après avoir fêté l'aventure, il fallait garder un peu d'énergie pour le lendemain matin. Notre section organisait en effet une rando à Glénat. Enfin le retour au plaisir de rouler en groupe, sur les petits sentiers et les feuilles mortes. Bonne affluence cette année du fait d'une météo fraîche mais agréable, et de l'émulation de plusieurs membres de Dériv' Chaînes. Sortie en principe de ré-cu-pé-ra-tion... et effectivement, ça laisse l'occasion de discuter un peu, de faire des rencontres et de partager ses impressions. Mais les paysages défilant et la technique amenant l'envie d'en découdre, il n'y a pas eu moyen d'éviter quelques coups de bourre !

Mais j'avais au moins l'excuse de ne pas devoir me réserver pour la Gentleman de l'après-midi. Pas d'allergie à la route, mais pas de réelle envie non plus, et toujours pas de vélo perso dédié spécifiquement à cet usage. Un jour, peut-être !

 

06.09.2008

Que du bonheur à la Sancy Verte !

Dernière manifestation de cet été pour moi (cf liste ici) dimanche dernier : la Sancy Verte à La Bourboule.

Je m'étais contenté de participer au 30 kms il y a déjà 8 ans... Cette fois, motivation et entraînement aidant, j'ai décidé de m'embarquer en solo pour le 50. Sur place tôt le matin (le départ n'est qu'à 10 heures, mais vu la route, il valait mieux prévoir !), j'assiste en spectateur au départ du Tour du Sancy (la version 100 kms). Aligner trois chiffres sur une sortie, ça donne envie tout de même ! Une idée pour l'an prochain ?

En attendant, mieux vaut déjà s'étalonner sur la moyenne distance : le souvenir lointain mais persistant du plus petit parcours, justement, m'incite à la prudence. Curieux, cette réminiscence de montées qui n'en finissent pas, de cuisses qui brûlent et de descente finale très cassante...;-)

Je me méfie d'autant plus que ça ne sent pas la forme des grands jours : les jambes sont lourdes de la sortie de la veille et du manque de sommeil ! Le profil du dénivelé achève de me calmer : question cumul on a connu bien pire, mais... y'a risque de grosse galère sur la troisième ascension marquante (plus de 300 mètres de D+) qui nous attend après le 40e kilomètre. Mieux vaut garder un peu de place pour le dessert, ou c'est le coup de marteau assuré !

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                                                      Le départ de la compétition des plus jeunes, en début d'après-midi.

Plaque numérotée en place, léger échauffement autour du Parc Fenestre. Au briefing, le speaker annonce plus de 200 inscrits pour ce parcours (à l'arrivée, seulement 176 classés : abandons... ou désistements ?) et rappelle le balisage. Sur ce point, tout souci sera rapidement levé : les intersections sont signalées plutôt trois fois qu'une, et les panneaux sont dignes de l'autoroute du Soleil... qui brille justement sur les montagnes du Sancy. Le terrain est sec, et les orages annoncés pour l'après-midi sont encore loin. De quoi dissiper mes inquiétudes ! Loin de me prendre la tête comme j'avoue qu'il m'est arrivé de le faire sur d'autres compétitions, je décide de partir en milieu de peloton, de me gérer au cardio... et de profiter du parcours, dont voici quelques impressions (ou comment se constituer de nouveaux souvenirs) :

D'abord, le bilan d'ensemble : une belle réussite, aidée par une organisation bien rôdée et peut-être surdimensionnée (moins de pub, donc moins de participants pour cette édition ?), des terrains variés, mais globalement roulants - merci la météo - et des conditions parfaites pour la pratique du VTT - remerciements bis ! Décidément, le beau temps, ça change beaucoup de choses.

Ceci ajouté aux paysages remarquables, notamment le panorama depuis Chastreix-Sancy, et à la longueur de la boucle, aboutit à une vraie convivialité : l'ambiance était plus celle d'une rando au long cours, type transvolcanique (normal, elle passe au même endroit ?) que d'une compétition. Je n'aurais pas pensé discuter autant, que ce soit avant, après ou même pendant l'épreuve !

Le hasard a fait que je me suis retrouvé à rouler en compagnie d'un "bon client", qui n'a pas échappé non plus aux caméras goguenardes de France 3 régions : faussement désinvolte dans l'inédit portage de la Montée des Vergnes, en souffrance dans la côte du Chemin des Artistes, insatiable au ravitaillement stratégique de la Tour d'Auvergne, et facile mais diablement efficace dans la longue et (décidément) délicate descente finale au cours de laquelle je ne l'ai plus revu.

Chacun son terrain de prédilection : à mon humble niveau, c'est dans la partie terminale de l'ascension sur les Plaines Brûlées que je me suis illustré. Décidé à la passer sur deux roues vaille que vaille, j'ai eu droit pour m'aider à m'arracher aux encouragements et aux applaudissements des concurrents qui nous entouraient ! Sympa, décidément.

Mais pour en arriver là, il fallait avoir beaucoup gravi : Je me souviens, dès le début, de la "montée en température" entre la Bourboule et le Mont Dore, sur des chemins forestiers en bordure de rivière (était-ce la Dore ?), où les spectateurs pouvaient assister aux efforts des uns et des autres pour se replacer. Départ tout doux en ce qui me concerne... et puis les jambes ne tournant pas si mal tout compte fait, je double ma part d'"optimistes" au fil de ces premiers kilomètres sans me mettre dans le rouge.

Je me souviens (et comment !) de la fameuse montée des Vergnes et son portage, un oeil rivé au cardio pour rester sagement au seuil (autour de 170 pulsations quand même, ainsi que sur les autres ascensions sur le vélo !). Je me souviens de mes regrets sur le coup que l'affluence ne m'ait pas permis de tenter cette montée impossible d'une façon plus digne : mais la longueur et la difficulté technique auraient eu tôt fait de me ramener à la raison. Le caméraman ne s'est pas posté là pour rien !

Des images de nouvelles montées ensuite, à nouveau boisées et parfois empierrées :  de l'intérêt de rester lucide pour la trajectoire... des écarts commencent à se faire. Je me cale dans un groupe. Je me souviens d'un concurrent qui nous rejoint, accélère sans doute trop vite... et s'arrête quelques hectomètres plus loin : crevaison.

Problème plus grave, la première petite descente rapide mais rendue glissante par la poussière, a occasionné une violente "embrassade de sentier" : sur le côté, un jeune a le genou en sang, et un plus âgé s'est arrêté pour lui porter secours tout en appelant au portable les secouristes, postés juste un peu plus bas. Il nous rassure, nous poursuivons. Malgré la difficulté des descentes (mes bras ankylosés peuvent en témoigner : qu'est-ce que cela aurait été sur le mouillé avec les pierriers et les racines !), je n'ai pas vu d'autre accident, seulement des problèmes techniques sur les vélos et quelques arrêts dus aux crampes.

Après, je me souviens surtout de montées régulières et roulantes, sur de larges pistes de montagne. Revers de la médaille : elles en paraissent d'autant plus longues, notamment la dernière ascension tant redoutée, mais qui à part son dénivelé et l'effet d'accumulation avec les efforts précédents, n'a rien d'effrayant.

Je me souviens comment le futur vainqueur (et recordman) des 100 kilomètres me double avec un braquet très supérieur au mien sans effort apparent. Respect ! Trois autres "marathoniens" feront de même avant l'arrivée. Je me rassure en reprenant les derniers du 30 kilomètres, partis une heure après le 50. Il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux de pratique...

Je me souviens de n'avoir pas négligé les ravitos, et de m'en être bien trouvé ! Et aussi de l'utilisation intensive du Camelbak et du bidon. C'était la bonne tactique, car je n'aurais pas eu les ressources pour partir à la "chasse au chrono" et j'étais sûr d'essuyer un gros coup de "pas bien".

Et de la pasta-partie à l'issue du parcours, idéale pour recharger les batteries ! Remember ! Même pas cuit après !!!

Stats (Souvenirs terminés, je relis les résultats)...Tout ça en atteignant finalement l'objectif-temps visé à partir des classements de l'an passé : soit moins de 3 heures 20 (3h19'15'' exactement) pour effectuer les 52 kms compteur, ce qui fait 15,6 km/h de moyenne, pauses comprises (maxi prés de 70, sur une portion de route, descente sans danger). 50e au scratch ? Non, 51e, vu qu'il faut compter les tandems dans le classement (!).

Au final, mon entraînement sur ce type de distance m'a bien aidé, et les conditions étaient bien moins dures qu'à la Pastourelle de cette année. Niveau sensations, impression confirmée : dans des conditions favorables comme cette année, la SV n'est pas un raid mais se compare question effort physique aux longues randonnées que j'ai faites l'an dernier en essayant de donner le maximum : le 47 kms de La "Ronde des lacs", ou le 52 du grand parcours des Olympides de Brioude.

Beaucoup de plaisir, donc, lorsque rando et compétition se mêlent et que le terrain s'y prête. De nouveaux grands souvenirs pour longtemps !

A propos, sur la note qui suit, j'ai repensé à un autre titre (à vérifier sous la pluie cet aprèm) : "Acqua Di Gio". Plus classe, non ? 

 

23.07.2008

Récit de sa ronde par un des renards ! (mais pas le premier)

Eh ben voilà, j'avais bien compris l'autre soir que j'avais pas fini premier... Mais j'ai quand même attendu confirmation sur les pages sportives de La Montagne pour être "sûr-sûr-sûr" !

Pourtant j'a donné le maximum, et j'a fait des progrès par rapport à l'édition précédente (un tour de manège de plus, l'année prochaine je chope le pompon et bloque le compteur à 8 !). Pour cette fois rien à faire, des compères renards plus rapides s'étaient invités, j'en ai même vu (des vrais, ceux-là !) qui traversaient la route du Livradois sur le chemin du retour comme pour me narguer.

Question bestiaux, c'était pourtant bien plus calme que l'été dernier : j'ai vérifié, toujours ni corbeau ni fromage au Vernet-la-Varenne. Quelques insectes volants non identifiés, et des chauves-souris pour leur donner la chasse autour du plan d'eau. Les grenouilles qui dansaient et chantaient dans les mares, derrière les roseaux ? Disparues en même temps que leur habitat humide, réduites au "Silence ! On tourne..."

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Moyenne au cardio : 175 sur deux heures !

Et pour tourner, ç'a tourné ! Surpris dès le signal du départ (22 heures pétantes), sous le point de comptage des tours et au plus bas de la boucle. J'enrage ! Premier gros effort pour revenir sur un bon wagon de prétendants. A quelle distance de la loco, je ne le sais pas encore, mais ça roule fort, sans temps mort dans les côtes et les replats dans ce groupe de quatre (avec moi). Les descentes se prennent tambour battant, en exploitant en ce premier tour les dernières lueurs du jour, pourtant déjà bien plus "loup" que "chien" !

ça va vite, trop vite pour moi, chaque coup d'oeil au cardio me le rappelle, qui s'obstine à clignoter bien au-delà des 180 pulsations en instantané. Poumons en feu et muscles tétanisés sous la frontale, mon seul espoir pour tenir ? Que le rythme se calme rapidement, la hiérarchie de la course étant déjà établie.  Pendant ce temps, la fin du passage dans l'herbe confirme que nous avons déjà contourné le plan d'eau. Puis ça remonte jusqu'à la ligne, au "Top !" nous avons bouclé le tour de 5,850 kms en 15' tout juste, soit à près de 25 de moyenne ! Mais alors qu'on nous annonce depuis la  table de comptage (ou de ravito ? le temps de le vérifier, nous roulions déjà vers le village !) que notre quatuor est "bien placé", les deux de devant en remettent une couche pour se détacher sur la partie goudronnée de la montée. Nous ne reverrons de loin en loin que les faisceaux de leurs éclairages, au gré des passages à découvert et des lignes droites (des "bouts droits" comme diraient les routards, mais en nocturne), avant qu'ils disparaissent définitivement dans la nuit !

De toute façon, le début de vertige que je sens venir, agrémenté de quelques papillons devant les yeux lors de l'ascension du haut du village me confirme qu'un peu de répit s'impose à mon organisme. Je laisse le dernier compagnon me prendre quelques longueurs dans les parties montantes, et profite de sa trace lumineuse pour le recoller dans les descentes. Mais me hasarder ensuite à prendre les relais dans les parties qui suivent m'impose un surrégime qui me ramène vite à la raison. De plus, j'ai déjà le dos en compote ! Le verdict est sans appel, je dois encore "lâcher du lest", et pas seulement dans le bidon (que je continue à vider aussi conciencieusement que possible !). Deuxième tour en 16'30", c'est un temps de passage dans le haut de la fourchette que je visais a priori. Mais n'est-ce pas trop haut, justement ? Je dois m'employer bigrement pour ne pas lâcher mon lièvre (ou plutôt, pour ne pas qu'il me lâche ! Paradoxal, non ?), mais je fais de plus en plus l'élastique. Pas bon signe.

A présent il fait nuit noire, si l'on excepte la pleine lune venue assister au spectacle de ces étranges lucioles depuis la cime des sapins. Elle conviera son reflet dans l'eau comme une ultime coquetterie lors des derniers tours. Quant à nous, il s'agit de nous en remettre de moins en moins à nos éclairages... et de plus en plus aux automatismes qui se créent au fil des passages pour choisir les trajectoires au plus court et anticiper les changements de développements ! Sauf dans le singletrack descendant au ras des arbres.

Là, je m'arrête à cet endroit pour vous décrire la technique, mais c'est un secret : arrivé lancé, on tient le guidon bien en ligne entre les troncs, on fléchit les genoux et... on ferme les yeux, ça doit passer. De toute façon dans un tel couloir naturel, le temps d'apercevoir l'obstacle la sanction serait déjà tombée ! Pour pimenter le tout, ça secoue un peu, beaucoup par endroits (en plus y'a des ornières !) mais c'est - presque - tout droit et ça accélère tout seul (lâche les freins, ça paaaaasse, j'te dis) ! Plusieurs dizaines de mètres plus bas, c'est quand même avec un vague soulagement que l'on rouvre les mirettes en grand pour guetter - enfin ! - l'arrivée sur soi de la lampe du bénévole qui sécurise le croisement avec la route en sortie de bois  : "YES !!! c'est encore passé !". Les sensations d'un train fantôme, sans le prix du billet !

Après trois quarts d'heure de course, toujours pas d'attardé à doubler (Ah si, ça commence dans le gros coup de cul tant redouté après la ferme, déjà interminable pour certains !) ni de leader qui vienne nous prendre un tour. Les écarts sur ce terrain sec se font moins vite que dans la boue de l'an passé. Troisième passage dans l'herbe, encouragements de Chloé. Je voudrais bien savoir où en est Giovanni, et je ne tarderai plus à être exaucé. En attendant, nouvelle balade bouclée en 16'30", toujours trop vite à mon goût ! Nous en sommes à 48 minutes depuis le départ pour 17,5 kms, sans faire de calcul je me doute bien que je ne tiendrai pas, et je décide sagement de laisser partir mon adversaire au maillot siglé Mongoose pour pouvoir souffler, enfin ! 

Morale en forme de confirmation : une mangouste, ça ne fait pas une proie acceptable pour un renard.

4e tour en solo : je récupère... quelques retardataires, qui s'écartent sportivement pour me laisser passer. Et le futur vainqueur m'enrhume. Pas de coup au moral, c'est dans la logique des choses ! Je descends bien et ne monte pas trop mal, ce qui me permettra jusqu'au bout de rester sous la barre des 18 minutes à chaque tour, mais... la mangouste aussi est partie tracer sa route.

C'est dans la montée du 5e tour, encore dans le village, que je retrouve Giovanni, arrêté en pleine discussion, à qui je colle donc un tour. Il prend ma roue et je suis trop content d'avoir quelqu'un avec qui rompre la solitude, tout en soufflant un peu. Mais sa douleur au genou s'étant réveillée, il m'annonce qu'il va abandonner. Pas moyen de lui faire changer de projet. 

Au 6e tour, je réalise tout à coup que je suis au bout de ce que j'étais parvenu à faire l'an passé. Et largement dans les temps pour en faire un de plus ! Pourtant, le plaisir n'est pas le même : l'édition 2007 m'avait laissé un petit goût d'aventure et de soirée inoubliable que je ne retrouve pas totalement ce soir. Sans doute était-ce lié ce jour-là au bonheur de la découverte de l'épreuve, mêlé de rencontres inattendues, sans oublier les conditions qui avaient rendu le circuit plus technique que physique. Alchimie complexe ! 

Cela n'empêche pas d'enchaîner, régulier, les tours en solo (j'aurai confirmation après coup que je m'étais construit un rythme, avec seulement 10 secondes entre le plus lent de ces trois tours et le plus rapide !) Petite accélération dans l'ultime (annoncé avec les cloches sur la ligne pour chaque concurrent, comme sur les pistes d'athlétisme ! ça motive), malgré les courbatures qui commencent à apparaître et mon bidon vide. Je ne veux pas avoir de regret sur ce dernier passage, et si l'un des participants devant moi était victime d'une défaillance ? Un truc de prédateur, finalement, cette Ronde du Renard !  Mais de chasseur je deviens chassé, du moins par le 2e de la course, qui fond sur moi dans l'avant-dernière descente (oui, celle où ça passe les yeux fermés !) et me prend un tour en bas. Deux seulement m'ont redoublé, au lieu de quatre l'an passé ! En plus, j'apprendrai à la remise des prix que ces deux premiers sont le fils... et son père ! La même famille, ça ne compte pas que pour une place ?! Non, décidément, il y a du progrès. Mais mon orgueil me dicte encore de m'accrocher à mon adversaire, que je parviens à accompagner jusqu'à l'arrivée, où il s'en prend vertement à des fillettes qui s'approchaient un peu trop de nous sur le chemin ! Injustifié et disproportionné selon moi. Un coup de melon de sa part, ou l'énervement de n'avoir pas pu suivre son fils ?

Bilan :

Quoi qu'il en soit, je termine neuvième sur une petite trentaine de participants, en ayant effectué mes sept tours (soit 40,950 kms) en 1h59'01", ce qui me laisse à 1 tour et onze minutes vingt du vainqueur. Il a peut-être levé le pied sur la fin, quoique...

J'ai même effectué le fameux "grand huit"  si je compte la boucle de reconnaissance trois quarts d'heure avant le départ avec Giovanni, où nous avons eu la chance de contempler un magnifique coucher de soleil sur les monts Dôme en face de nous. Dommage, nous n'avions pas embarqué d'appareil pour immortaliser les tons de rose au-dessus des forêts de résineux et des prairies, la photo n'apparaîtra donc pas sur ce blog et vous voilà obligés de me croire sur parole... 

Pour ceux qui trouvent que ça manque d'images après un si copieux compte-rendu, allez voir à tout hasard si Giovanni n'a pas fait mettre en ligne les siennes sur le blog VTT de l'ACVA... Pour me rattraper, ci-dessous une vue du parcours Brioude-Lavaudieu (bien roulant) sur lequel j'ai pédalé le lendemain pour me remettre en jambes. Avant-goût de l'album photos "paysages à VTT" (j'y travaille !) :

Brioude-Lavaudieu 20.07.08 016.jpg

 

  Et vue dans le rétro, au même endroit :

Brioude-Lavaudieu 20.07.08 011.jpg

     

 

30.06.2008

Olympides : résultats

Les résultats des Olympides (individuels et par équipes) sont arrivés sur le site www.brioude-action.com. J'avais à peu de choses prés vu juste sur mes performances : 39e sur 62 classés en individuels, en 2h17'29", contre 2h27"56" en 2006. J'ai limité la casse en course à pieds : 27'22", ç'aurait pu être pire... Et j'étais bien lanterne rouge en sortant de l'eau !!!

Un grand bravo une fois de plus à Gilles Veysseyre, mais aussi à l'ensemble des inscrits et des membres de l'organisation.

Et de mon côté, c'est juré, je ferai "meuh" la prochaine fois !

12èmes Olympides de Brioude : récit perso

Après la boue de la Pastourelle, le cagnard et la poussière... Jamais content, en fait. Heureusement, y'avait 3 bornes de kayak au début pour se rafraîchir ! Mais les 50 en VTT de la sortie club de la veille ont pesé sur mes petites gambettes. Du coup, même si j'améliore mon temps de 2006 d'une bonne dizaine de minutes, c'est pas la méga-satisfaction à la sortie.

Descriptif de ce dont je cause : Ce dimanche (hier), c'était donc la 12e édition des "Olympides d'Auvergne" à Brioude. L'épreuve se définit comme un mini-triathlon un peu particulier, puisqu'il commence par du kayak sur l'Allier (plan d'eau de la Bageasse), auquel succèdent une boucle de 22 kms en VTT puis 5 en course à pieds pour les participants individuels. A noter pour les allergiques aux mélanges (c'est vrai que ça peut rendre malade) que la journée du samedi offre la possibilité de randos pédestres, en canoë ou kayak ou encore à VTT... ce que j'avais choisi de privilégier l'an dernier et d'autres fois par le passé (mais certaines années, le VTT du samedi était chronométré et classé, ce qui n'est plus le cas).

Pour ce qui est des épreuves, donc, je me suis préparé pour le VTT mais aussi la course à pieds, bien qu'insuffisamment et pas de façon efficace (manque de méthode... "Allô Raymond ?!"). Mais entraîné quand même ! Par contre, année après année - c'était ma 3e participation au triathlon, après une première fois en équipe en 98 et la suivante en individuel il y a deux ans - la grande inconnue reste la navigation. Et j'avoue que le kayak n'est toujours pas mon ami, comme en témoignent ces photos d'archives (juin 2006):

olympides 25.06.06 007.jpg Bon, quand faut y aller....olympides 25.06.06 010.jpg

Là, c'est la tactique attentiste : on observe ce qui se passe devant, le but étant surtout de ne pas se faire "bouger" par d'autres embarcations. Avantage cette année : je suis arrivé assez tôt pour choisir un kayak à ma taille, donc je n'ai pas les genoux qui dépassent ! ;-)

Départ à 15 heures : les vélos parqués dans les barrières, les embarcations sont à l'eau, l'Allier bouillonne. C'est parti pour une boucle par la base de Vieille-Brioude, avec l'aller à contre-courant (ça tire sur les bras !) et le retour porté (attention aux tête-à-queue !).

Bis repetita, je m'élance dans les derniers en observant prudemment les heurts à l'avant, et les dessalages finalement pas si nombreux que cela cette année. Visiblement même les moins forts se sont entraînés plus scrupuleusement que moi ! Pas vexé pour autant, je m'efforce de rester concentré pour garder ma trajectoire la plus rectiligne possible. Mais du coup, au lieu d'alterner, je pagaie plutôt "gauche-gauche-droite-droite", au feeling et sans me lâcher : ça ne va pas bien vite, je crois même qu'au gré de l'évolution de la course, je partage la lanterne rouge avec deux ou trois autres participants.

Les points de repère de l'itinéraire se succèdent : la vieille pile, depuis longtemps envahie par la végétation, le léger méandre à gauche (ne pas se laisser piéger par les branches à fleur d'eau sur le bord) et bientôt (enfin, tout est relatif !) les bouées délimitant la ligne d'eau pour préparer le 180 degrés. Depuis la plage, le premier contrôle. Manoeuvre réussie sans trop de souci : le passage est large. Je souffle un peu, mais avec le courant, il s'agit à présent de bien contrôler le bateau. J'y parviens mieux que le concurrent qui me précède, et le dépasse alors qu'il semble fatiguer. Sur la berge, à gauche, se succèdent déjà les vététistes qui ont fini de ramer et roulent, de nouveau en direction de Vieille-Brioude. Vu l'écart qu'ils ont creusé, en voilà quelques-uns que je ne rattraperai pas !

Pendant ce temps-là, même sur l'eau, il fait chaud et soif. J'ai hâte de regagner la terre ferme pour "alléger" le bidon. Ayant enfin trouvé un rythme avec le kayak, je me garde quelques points de mire tout en déplaçant prudemment les jambes pour rééquilibrer la position à chaque amorce de dérive. ça va mieux, jusqu'à la courbe finale. Arrivé au bout, je ne sais pas trop comment aborder, je perds un temps fou dans les manoeuvres d'approche. Un bénévole vient m'aider pour cette phase délicate, j'essaie de sortir du kayak... et plouf ! Ma jambe gauche, ankylosée, s'est dérobée sous moi ! Tant bien que mal, je finis par remonter et laisse définitivement pagaie et gilet. Bon débarras !

Direction le parking à vélo : je crois bien que j'arrive avec les derniers concurrents, ma montre indique pourtant 25 minutes, soit 5 de moins que lors de la dernière édition. Le casque en place, je suis prêt pour entamer ma remontée, tout en gardant en mémoire que le dénivelé du parcours est du genre casse-pattes avec ses montagnes russes. Donc, en garder sous la pédale autant que faire se peut sans se laisser bouchonner, tel est le compromis à trouver.

L'avantage, c'est que je connais bien la partie qui longe l'Allier : roulante mais parsemée de bosses et de cailloux qui suffisent à refroidir les ardeurs des moins kamikazes, comme cette concurrente féminine que je ne tarde pas à "déposer" en m'offrant quelques sauts. Le centre de vacances s'annonce, et avec lui le début des côtes. Je m'accroche à un groupe pour traverser Vieille-Brioude et rejoindre à nouveau les sentiers en montée... et à découvert jusqu'à une ferme. Damned, qu'il fait chaud ! Je ne ménage pas le bidon, comptant sur un ravito assez proche pour pouvoir refaire le plein. Sur la colline de résineux droit devant, de nombreux vététistes poussent leur machine dans la poussière. Je prolonge mon effort pour réaliser la grimpette sur le vélo et rafler encore des places, mais je sens que je ne suis pas au mieux : ça tire sérieusement derrière les cuisses, je dois ralentir. Le cardio s'élève par intermittences au-delà de 180 pulsations, mais ça n'a rien d'inquiétant chez moi. Par contre, la pile du capteur, elle, est cuite, et bientôt les indications fantaisistes se succèdent. Tant pis. La partie plus roulante longeant les lotissements de Simpal me permet de me refaire, et je continue à doubler à la faveur de la prise d'élan sur les bosses. De l'utilité de l'anticipation ? Mais je n'ai pas beaucoup de mérite, en tant que "régional de l'étape", je connais ce tronçon par coeur, et dans les deux sens ! Je peux ainsi passer "en force" et sur le rythme en anticipant les braquets, là où la plupart des concurrents jouent la prudence.

6e kilomètre, premier sommet : le haut de la côte des Ramaires, à 683 mètres alors que nous sommes partis d'à peine 400. S'il y en a qui en doutent, la Limagne, ce n'est pas que de la plaine, et ce n'est qu'un début ! La vigilance est de rigueur dans la descente sur Vazeilles, sablonneuse à souhait : d'une façon générale, ce parcours n'autorise aucun relâchement. Comme je l'avais escompté, le ravitaillement se trouve dans le village. Le plein et les niveaux faits, je me remets à l'ouvrage mais les dépassements sont dorénavant plus difficiles. Jusqu'au village de Saint-Just, le chemin se réduit en effet souvent à une trace, et des ronces le parsèment çà et là sur les côtés. Je parviens quand même à reprendre quelques places "pour le principe", non sans une sérieuse alerte quand ma roue avant s'embarque dans une ornière. Gare au manque de lucidité ! Je retiens la leçon pour la descente suivante, alternant rocaille et sable. Chaud !

En sortant de Saint-Just, l'itinéraire emprunte la route par une grosse côte. Je m'efforce de maintenir le rythme, mais c'est à présent le désert devant moi. Quelques virolos plus loin, le balisage se poursuit sur un chemin à droite... en montée, bien sûr ! Là ça devient costaud, ma monture est à la limite de cabrer et il faut se frayer un passage entre les branches et les herbes hautes. C'est long, je n'en suis qu'à mi-parcours et le bidon continue à se vider, mais je m'encourage en gardant en tête qu'il s'agit de l'ultime grimpette avant la longue partie descendante finale. Je rejoins à nouveau d'autres participants, l'un d'eux vêtu du maillot du club local, et Smaïn (ex-coéquipier de foot) avec l'ensemble Lapierre que j'arborais à ma précédente participation (photos). Je termine avec eux l'ascension du Pié de Mordon (769 mètres), le point de vue sur la plaine écrasée de soleil est superbe, mais les rocailles continuent à rendre le parcours technique et cassant. Il n'est toujours pas question de se relâcher.

Tantôt passage pour les chèvres, tantôt allée serpentant entre les arbres au milieu des racines : la descente est pentue et réclame sa part de technique ! Surtout, ne pas bloquer la roue avant... Après quelques kilomètres de shaker, où j'apprécie grandement les qualités de mon tout-suspendu, nous traversons la route menant à Villeneuve d'Allier. Itinéraire bucolique au milieu des jardins, un petit pont sur la rivière, quatre marches très abruptes (portage obligatoire !) et nous passons sous Vieille-Brioude, en contournant l'un des piliers du pont routier. Le temps de se remettre en selle....Aaaargh ! ce tronçon a été modifié, l'itinéraire nous fait remonter en direction de la mairie (sale coup pour les cuisses !) avant de replonger (en sens inverse) sur le chemin du début longeant l'Allier jusqu'à la plage de la Bageasse.

1H24 au compteur, soit près d'une heure cinquante depuis le début de l'épreuve, et me revoilà sur le parking à vélos : je jette le casque plutôt que je ne le pose et je troque les chaussures à cales contre des running... Et c'est reparti pour les 5 dernières bornes en course à pieds ! Là, je sens que je ne vais pas rigoler. En commençant par trottiner pour me réhabituer à l'effort, je m'asperge avec la petite bouteille que l'on m'a tendue. Il n'y a pas un poil d'ombre sur ce parcours, qui rejoint quasiment le Stade du Pont-de-Bois en longeant sur quelques dizaines de mètres la N.102 (déviation de Brioude). Je m'arrache pour ne pas marcher et allonge la foulée, ce que ne parviennent plus à faire deux ou trois concurrents que je double encore, dont Smaïn qui m'avait largué sur la descente à vélo. Les crampes l'ont rattrapé... Mais d'autres me laissent sur place : je me rassure en me disant que frais comme ils sont, ils font forcément la course par équipe. Obligé !

Mais quand même, qu'est-ce qu'on se traîne, à pied ! Jules Riol avait bien raison ! Les signaleurs et quelques spectateurs m'encouragent sur la deuxième partie de la boucle. L'un d'eux me lance "Tu peux rattraper ceux qui sont devant !" Amusé, je lui réponds "oui, mais pas tous !" Mais cela me motive pour accélérer encore un petit coup avant le passage sous la voie ferrée et la dernière côte, commune avec le début du parcours : d'autres commencent seulement ce circuit, j'en verrai d'ailleurs encore s'élancer jusqu'à ce que je m'en aille. Je regagne finalement une place, l'un des concurrents par équipes, encouragé par sa petite famille, me doublant au sprint avant la ligne tandis que je passe un ultime participant en individuels encore plus "cuit" que moi. Là, j'ai fini comme j'ai pu et je crois que mon temps en course à pieds doit approcher de la demi-heure, donc moins bien qu'il y a deux ans (26'). Mais si mes comptes sont justes, j'ai mis au total environ 2 heures 18 au lieu de 2h28.

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  • Briefing avec Romain lors de l'édition de 2006.

18.06.2008

"Rouler dans le dur" : souffrir pour progresser

"Rouler dans le dur" : une expérience synonyme de souffrance, aussi bien physique que morale.

Les causes peuvent être diverses. Manque d'entraînement ? Départ trop optimiste dans une compétition, ou tout simplement moyens insuffisants par rapport au parcours à effectuer ? Envie d'aller au bout de soi ou de ses réserves ?

L'autre jour, dans un reportage sur l'obésité sur France 3, une candidate à la perte de poids affirmait qu'elle ne se voyait pas se mettre au sport, "car elle ne voyait pas l'intérêt de souffrir" (sic).

Ca se discute, mais quoi qu'il en soit, une fois qu'on a la conviction de s'être surestimé, c'est la galère, même lors d'un entraînement !

Qu'est-ce qui motive à continuer sur un sport individuel ? Masochisme ? Il y a sans doute un peu de cela, mais aussi la volonté de ne pas avoir consenti en vain tous les efforts que l'on vient de faire. L'orgueil est un bon moteur, refuser de se dire "j'ai eu tort". Et à part des regrets, il y a peu à gagner à jeter l'éponge dans ces cas-là : s'endurcir, c'est aussi se rendre service pour les "prochaines fois" qui ne manqueront pas de se produire un jour ou l'autre.

Se souvenir de ce par quoi on est passé pour trouver la volonté de continuer. C'est le genre de situations où l'on a coutume de dire que le sport est "une école de la vie".

La compétition aide à se transcender. Passé la récupération de la Pastourelle cette année, j'ai effectivement regretté de ne pas avoir été plus costaud mentalement dans les parties les plus difficiles. Mais je ne m'étais pas non plus entraîné dans des conditions aussi extrêmes !

L'esprit d'équipe aussi est un bon levier pour dépasser ses limites.

Une des plus belles expériences qui en fait foi dans mon expérience personnelle : les courses de relai, avec les 12 heures de Lempdes (43) qui se déroulaient par équipes de 3. Lors de la 1ère participation de notre trio, en juin 1991, je pars le premier dans la nuit (4 heures du matin !) avec mon MBK Aventure. Rapidement, mon éclairage très rudimentaire déclare forfait... et après environ 8 des 12 kms du circuit, ma chaine casse. Malgré un départ correct je me retrouve bon dernier et loin derrière ! Catastrophe, mais il est à ce moment-là hors de question de rester à se lamenter. Je termine le tour en course à pieds en traînant le vélo, et le temps que notre 1er relai se termine, la réparation est faite... Chacun de nous se "sort les tripes" à tour de rôle pour remonter nos concurrents puis contribuer à la réussite de l'équipe, comme dans un sport collectif. Quand vient la chaleur de l'après-midi et les courbatures après plus de huit heures de course, même avec des temps de récupération doubles par rapport au temps passé sur le vélo, aucun de nous ne veut être le premier à régresser sur les temps au tour. Nous sommes pourtant bien plus rapides que ce que nous avions escompté en nous basant sur les reconnaissances du circuit ! Avec le plein de péripéties, et après avoir même menacé sérieusement les vainqueurs, notre équipe finira 2e... au bout des crampes et de nos limites. Chacun de nous aura parcouru plus de 70 kilomètres, ce qui constituait un résultat d'autant plus honorable qu'il a été acquis dans la douleur !

                    L'année suivante (photos), Lempdes 92.jpg

presque la même équipe (un équipier a changé), mieux préparée. Heureusement, car les conditions sont dantesques (il a plu toute la semaine jusqu'à la nuit du départ) et la boue sur le parcours complique un peu plus le passage à chaque tour ! Nous montons cette fois sur la 3e marche du podium sur 15 équipes. Lempdes 92.2.jpg

Mais il est sûr que si nous n'avions pas eu l'expérience de l'année précédente, nous n'aurions pas tenu le choc. Pas de problème technique important, mais le physique plus entamé encore : j'avais accumulé tellement de boue dans les yeux cette fois là (lunettes inutiles car à nettoyer sans arrêt) que j'avais dû me faire soigner par l'assistance médicale après la course ! 

 

La solution : positiver. "Regarder le chemin" et les paysages, se rappeler la motivation initiale, ce pour quoi on est là. En cas de galère, je repense à d'autres déjà vécues sur un vélo, et je relativise en me disant que j'en suis sorti. Je compare aussi le matériel sur lequel je roule à celui de mes débuts. Se dire aussi que si c'est dur pour soi, c'est forcément dur également pour les autres, et que la souffrance est partagée ! Enfin, faute de mieux, que chaque coup de pédale rapproche un peu plus de l'arrivée et de la collation qui va avec.

01.06.2008

Raid Pastourelle 2008 : impression générale

Houlàlà, groooosse galère ! énorme, même !

272096845.jpgEt dire qu'il y a quelques jours, je pressentais le pire concernant la boue et les portages... Eh bien finalement... le pire n'aurait été qu'un moindre mal en comparaison de tant d'injustice. Quand je pense que sur les courses VTT, d'aucuns déclarent "aimer la boue" et même "la souhaiter" ! Pour paraphraser Michel Blanc dans "Les Bronzés" : "On doit vraîment pas avoir le même sens de l'humour".

Persécutés par la météo ! Avec la toute dernière période d'éclaircie de cette fin de semaine, les plus optimistes d'entre nous s'étaient laissé aller à spéculer sur l'absorption du trop plein d'eau par le terrain. Baromètre et valeurs boursières en chute libre dès vendredi soir avec le retour des averses orageuses. Jour J, samedi matin : temps sec sur Aurillac, mais accumulation de nuages menaçants et atmosphère de plus en plus lourde = rien qui vaille sur les monts du Cantal. Effectivement, histoire de bien doucher l'enthousiasme des participants et de finir de noyer l'ensemble du parcours, c'est à des ondées régulières et massives que nous avons eu droit sur place dès midi. Trempage et ruissellement !

Le charme était d'autant plus rompu qu'après la Brive-Rocamadour et la Dériv'chaînes à Pleaux qui n'avaient déjà pas fait dans la dentelle question "taux de pataugeage", la thèse de l'acharnement s'en trouve confirmée pour ce début de saison 2008. Victimes collatérales, l'organisation qui était une nouvelle fois impeccable (à part le départ qui s'est un peu fait désirer ?) et les panoramas, qui auraient montré leur vraie dimension... dans des conditions moins dantesques ! Sans me chercher d'excuse, ces aléas climatiques ont encore aggravé les conséquences de ma mauvaise gestion de course à titre personnel.

Au final, reste la satisfaction (en suis-je à parler de fierté ? Non, je n'irai pas jusque-là) de "l'avoir fait", dans le même ordre d'idée que les manoeuvres pendant les classes à l'Armée, c'est dire.

En plus, j'ai vraîment été chercher mes limites en compétition cette fois-ci... Je les ai même bien trouvées ! :D... Retour à un peu plus d'humilité, les efforts sportifs de longue durée comme celui-ci ne manquent pas de rappeler à l'ordre les participants les plus aguerris.

Parmi les autres souvenirs du jour, de belles glissades sur les passerelles avec les chaussures à cales, le flagrant délit de goinfrage de chocolat au ravito du Falgoux, la constatation résignée que mes deux paires de chaussettes enfilées préventivement n'ont pas empêché l'importation massive et clandestine de gadoue (encore et toujours...) jusqu'à la maison dans tout ce qui pouvait servir de récipient ! 

Et puis surtout... je sais qu'il va me haïr de l'ébruiter ici mais tant pis, c'est trop bon : le rhume inattendu du playmobil dans la montée initiale en direction de Récusset exigeait son petit coup de pub ! Voilà, c'est fait ! Que voulez-vous, il faut apprécier les menus délices de la vie...

Le récit de toutes ces aventures et de ma course dans le détail dans la note qui lui est dédiée (rubrique compétitions) !

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