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nocturne - Page 2

  • 24 heures du Lambon (3)

    Ce repas du soir copieusement garni requinque le moral. La convivialité n’est pas oubliée, deux membres de l’équipe des « Dérailleurs » rejoignent notre table ronde. La discussion tourne ( !) bien sûr autour de l’épreuve, puis bientôt sur le concept de nos associations respectives : la leur a pour but de rassembler les pratiquants gays… On en apprend tous les jours !

     

    Pendant ce temps, Pierre puis Hubert tournent sur un circuit où la nuit est complètement tombée. Sous la pleine lune, des lucioles passent au loin et s’évanouissent dans la nature, nous avons une pensée pour les signaleurs bénévoles qui prennent leur quart armés de fauteuils de camping et de lampes torches !

    A propos de quart, nous avons convenu de nous organiser : pour tout le monde, les 4e et 5e tour se feront sur le mode « A-B-A-B », puis « C-D-C-D » pour doubler le temps de repos. Ce ne sera pas du luxe, nous n’en sommes même pas à mi-parcours !

     

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    Sans que la fatigue y soit totalement étrangère, l’ambiance nocturne a pour effet de calmer les moyennes : nos temps au tour s’échelonnent maintenant de 32 à 40 minutes, mais nos adversaires connaissent le même problème : les écarts devant et derrière se stabilisent. La température chute également, surtout auprès du plan d’eau : moins de 4°C sont annoncés au petit matin ! Les concerts sur la plage ne chauffent plus l’ambiance et vont céder la place à un braséro, tandis que l’organisation servira de la soupe chaude toute la nuit. Comment trouver à y redire ?!

    Au campement, l’ambiance est au diapason : les couchettes sont de sortie, chacun commence à chercher le repos.

     

    Pour Edmond et moi, ce ne sera pas pour tout de suite, vu que nous sommes logiquement les premiers à faire nos deux tours alternés. Je démarre à 22 heures 50, habillé « en long ». Au début tout va bien à part cette satanée roue libre qui s’obstine à faire tomber la chaîne… le dérailleur avant commence aussi à se montrer récalcitrant : je découvrirai plus tard (à la lumière du jour !) que le câble est sur le point de se couper ! Enfin, un gros flou commence à se faire sentir sur les trajectoires de ma roue arrière. Le pneu se dégonfle de plus en plus. Ai-je crevé ? J’hésite à dégainer ma bombe de réparation : je ne suis pas encore à plat. Et si l’opération ne fonctionnait pas ? J’aurais tout gagné non seulement pour ce tour-ci mais aussi pour celui à venir. Je décide donc de boucler le tour en l’état. Je me mets au maximum sur l’avant, j’adapte les relances, je soigne les trajectoires… Tout pour ne pas déjanter ni éclater ! C’est dur sur la fin (partie technique entre les arbres), je sens plusieurs fois la roue buter sur le sol et le pneu se tordre sur les dévers, je dois m’arracher pour ne pas trop ralentir. 38 minutes 13 secondes : j’ai limité la casse au propre comme au figuré, je dispose à présent d’une demi-heure pour me pencher sur ce qui ne va pas. Un coup de chiffon (dérisoire, mais c’est mieux que rien) sur la transmission, un coup de bombe dans le pneu : l’arrière de mon Lapierre retrouve son assiette normale (soulagement !), mais je ne vois ni fuite ni épine. Mystère… Pourvu que ça tienne, je chercherai à comprendre plus tard ! En attendant Edmond, je n’oublie pas le bonhomme : je recharge le bidon, je fais un tour du braséro qui commence à avoir du succés, et je chauffe les jambes sur le vélo. Mon binôme, dit « œil de lynx » n’est pas plus gêné que cela par l’obscurité : il tourne encore en 33 minutes, j’ai bien fait de ne pas traîner ! Tout n’est pas encore parfait pour moi sur ce 5e tour, mais le physique tient et la perspective des heures de repos à venir est aussi une motivation. Je replace ma côte personnelle à un peu plus de 35 minutes, je m’en satisfais à l’arrivée compte tenu des circonstances.

     

    Il est 0 h 40, je me décolle difficilement de la soupe et des temps scratch (les Technifroid grignotent minute par minute !) pour retourner à notre QG réveiller la relève. Dur dur pour Pierre, qui devait être en plein sommeil paradoxal : Il met du temps à émerger, puis ne retrouve plus sa frontale. Le temps pour lui de s’habiller, j’installe mon système d’éclairage sur son vélo. Vient enfin le meilleur moment de la nuit : l’échange des couchages !!! Je renfile mon jean et ma veste (rappel, ça caille sévère !) et je profite de sa tente, en croisant les doigts pour qu’il arrive en bas avant Edmond. Ce sera raté de quelques instants, et en partie par la faute de ma curiosité – quel capitaine je fais !

     

    S’endormir, récupérer… facile à dire avec une telle tension nerveuse. J’entends Hubert qui se prépare, je refais mentalement encore plusieurs tours de circuit ! Tant qu’à ressortir chercher mon oreiller, je récupère aussi le MP3. Les chants apaisants de Noa m’isolent au moins du campement, je calcule qu’au rythme actuel je ne repartirai que vers les 6 heures du matin. Quand Morphée daigne m’ouvrir ses bras, il doit bien rester à peu près 2 heures… 

  • 24 heures du Lambon (4)

    A six heures moins dix, Philippe vient toquer à la tente : à mon tour d’avoir la tête dans le c…, au moins je suis content d’avoir laissé toutes mes affaires à portée de main ! Vite, je renfile l’éclairage sur le cintre : la batterie a tourné une bonne partie de la nuit sur le circuit, mais j’avais calculé qu’en mode éco elle pouvait tenir jusqu’au matin. Je dégoupille une barre de céréales, et je retourne avec mon destrier sur le théâtre des opérations.

     

    Une nouvelle fois Richard ne se fait pas attendre. La bagarre avec l’équipe 615 bat son plein : nous avons préservé un maigre matelas de quelques minutes. Leur équipe étant moins homogène, eux font davantage rouler leurs trois-quatre équipiers les plus costauds, qui parviennent à rester sous les 32 minutes pendant la nuit ! La pression est de retour, mais il me faut retrouver mes esprits : j’oublie d’abord de rallumer ma frontale, et il me faut bien 1 ou 2 kilomètres pour me rappeler d’appuyer sur le bouton du compteur pour le réactiver !

     

    Les jambes, elles, vont bien. Le froid par contre n’est pas qu’une impression : alors que l’aube jette ses premières lueurs, la minima descend sous les deux degrés (!) et la sensation de mou sur la roue arrière refait son apparition : évidemment je n’ai pas recontrôlé la pression, et le pneu se dégonfle à nouveau ! D’un autre côté, ça me motive encore plus pour tout donner, du coup je suis bien réveillé et ultra-attentif durant toute la 2e moitié du parcours. Je bipe juste sous les 37 minutes, à Edmond d’assurer la suite pendant que je remonte sonner l’alarme pour mes compères. Vérification faite, ce n’est pas mon pneu qui fuit mais la valve tubeless qui s’est desserrée. Même pas besoin d’outil pour remettre les choses en ordre ! Le jour se lève et un vrai petit déj nous attend au restau : que du bon pour attaquer la « dernière ligne droite »… de six heures (plus qu’un quart de la durée de l’épreuve à abattre et nous sommes toujours en piste pour la 4e place de la catégorie et la 6e du général… si c’est pas beau !).

     

    A huit heures, le soleil est presque descendu jusqu’au PC du plan d’eau, le ciel est d’un bleu immaculé ! Loin devant, l’équipe 604 caracole pour la victoire toutes catégories confondues. « Oléron VTT » et les « Bikers fous », un tour devant nous, se battent comme des chiffonniers pour la 2e place, et nous, nous lâchons et reprenons la 4e position aux « Technifroid » au gré des relais… Chez eux ça doit discuter sérieusement tactique, entre le besoin de faire reposer les « pur-sang » et la nécessité de ne pas lâcher trop de minutes avec les autres relayeurs. Malgré la fatigue, nos Dériv’chaînes reclaquent des temps sous les 35 minutes. Chez nous aussi, la règle à calcul est de sortie : le challenge interne est de me pousser à faire… un 8e tour, ce qui implique d’améliorer encore les temps sur le 7e relais pour tout le monde.

     

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    Patatras, peu avant 10 heures, au moment pour moi d’inaugurer ce 7e service, coup de bambou : Richard, si rapide jusque là, musarde en route ?! Il était parti 3 minutes avant son adversaire… Et c’est un n°615 que nous voyons arriver ! « Votre collègue a crevé ! » nous lance-t-il. Apparemment, c’était au début du circuit et il cherchait de quoi réparer… On ne se trompait pas quand on se disait que tout pouvait arriver, et c’est à nous que Dame chance tourne le dos ! Je dois ronger mon frein encore un quart d’heure avant de voir mon équipier sprinter comme une furie sur le central. Si là j’en étais encore à chercher la motivation ! Ma roue libre et mon dérailleur récalcitrants n’existent plus, je donne tout, persuadé d’arpenter le circuit pour la dernière fois ! Les plateaux du X-Control passent à coups de « talon-pointe », et les deux bosses successives sur le petit bout de champ deviennent prétextes à des figures façon « BMX ». L’improbable remontée est lancée, je viens de repasser le brassard sous les 30 minutes. Edmond va en faire autant (en améliorant même mon score pour… 2 secondes !). Puis ce sera au tour de Pierre de suivre la tendance : 33 minutes tout juste… et 32 pour Hubert, lui qui n’avait pas roulé depuis 5 semaines suite à sa chute à Mandailles… Philippe, lui, est trop cuit pour enchaîner une 7e fois : il donne de la voix pour encourager un Richard revanchard qui s’élance à 12h04. Nous avons repris 7 minutes aux Technifroid, ils n’en ont plus que 9 d’avance ! Mais leurs « costauds » sont en piste pour assurer la position. Notre « Richard à grande vitesse » arrive en gare à 12h33, mais il n’a pu que maintenir l’écart. Je m’élance donc pour le 8e tour en sachant que

     

    ...Sauf incident ou grosse défaillance dans le camp d’en face, c’est cuit pour nous. Mais un incident, il vient de s’en produire un pour les Technifroid : l’avant-dernier relayeur est arrivé avec la patte de dérailleur cassée ! Dommage pour nous, ça lui est arrivé en haut de la partie descendante finale. Sait-on jamais ? Alors c’est reparti à fond dans les descentes, histoire de prendre un maximum d’élan pour m’économiser et grimper ensuite au mieux de ce qu’il me reste dans les jambes, à l’inverse de mon 2e tour. Trajectoires au cordeau, tout dans l’anticipation, je vole carrément au-dessus des cailloux dans les descentes cassantes et j’en profite pour améliorer mon score de saut en longueur dans le champ. A la faveur d’un rapproché de l’itinéraire, j’entends annoncer dans les haut-parleurs « arrêt des départs dans 7 minutes 30 ». Coup d’œil au Polar, il me reste encore 4 kms avant la ligne. Edmond se sera juste préparé pour le « fun » (quoique je le soupçonne d’avoir voulu mettre un dernier « coup de chaud » aux Technifroid !). L’ultime « coup de cul » pour passer la chicane avec l’arbre est avalée en force à fond les manettes. Tiens, je croyais que les étoiles ne pouvaient pas se voir en plein jour… Les spectateurs sont là, je ne résiste pas à l'envie de les régaler d’une arrivée façon « spéciale de rallye », avec décollage du vélo sur le chapiteau de pointage : il est 13h02, j’ai mis 29’35’’… mais les 615 ont eux enchaîné sur le fameux 43e tour.

     

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    Au bout des 24 heures, la bière des maillons forts !   

  • 19ème Ronde du Renard

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    - Samedi 24 juillet, 21 heures. Ma première impression en arrivant sur place : ça ne rigole pas, cette année ! A vue d’œil, nettement plus de voitures que d’habitude, une armada de maillots roses (pas moins de 5 gars du XC63, voir leur CR ici), et d’autres costauds habitués à remporter les grosses courses de la région. Cette fois, pas de place pour la poésie et tant pis pour la pleine lune, il va falloir s’employer… D’autant que l’armada lamothoise est présente aussi, alors défense de passer pour un baltringue !!!

    D’ailleurs il y a la queue aux inscriptions. Les sérieux, les fidèles, les novices, les vacanciers (parfois à ranger dans plusieurs catégories à la fois !). Le temps de sortir toutes les affaires et de vérifier l’état de l’éclairage, je laisse s’échauffer les « fusées » qui se défient dans la descente sur route juste derrière…

     

    - 22 heures sur la ligne de départ : pile poil dans les temps, les fauves sont lâchés ! Confirmation : ça part comme sur une manche de coupe d’Auvergne, l’éclairage en plus ! Une dizaine devant, que je ne reverrai pas, sauf les 4 qui me prendront un tour sur le terrain. Pas la peine de s’exploser, les sensations sont là mais… à chaque fois que je baisse la frontale sur l’écran du cardio, je suis à 103-104 % (voir le graphique en dessous qui confirme deux choses : 1. que je manque d’entraînement pour faire mieux, mais ça je le savais déjà ! et 2. que décidément, la compétition me galvanise et me pousse à me « rentrer dedans » jusqu’aux dernières limites…) Oui oui, les pics dans le rouge c’est bien ma fréquence cardiaque, 180 de moyenne au Polar sur 2 heures !

     

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    - Au tiers du premier tour, je reprends un des « furieux » du départ, un peu trop optimiste. D’ailleurs il ne restera pas non plus dans ma roue. Pas de bol, je vais encore rouler en solo. 1er passage en 16’25, ça me rassure sur mon objectif de rester sous les 17’30 au tour pour pouvoir en faire 7. Des spectateurs m’encouragent : « Allez, ils sont pas loin ! Il roule, la Meuse » (j’ai le dossard 55). Effectivement, je vois les lumières qui me précèdent passer le point de contrôle alors que je finis de longer le plan d’eau juste en contrebas. Mais les bougres ne m’attendent pas ! Et le problème quand est à fond, c'est que même une poignée de secondes semblent un gouffre. J’en prends mon parti. Je joue sur ma connaissance du circuit pour rester régulier, anticiper au maxi les bons braquets (les dérailleurs ont du boulot !) et les trajectoires qui vont bien : important, car les relances sont nombreuses et finissent par user. Je ne me sens pourtant pas si à l'aise qu’il y a deux ans dans les descentes : je freine trop à la fin de la partie goudronnée avant de prendre le « pif-paf » en sous-bois, et je ne trouve la trace idéale dans la « bascule » sur le plan d’eau que lors des deux derniers tours ! Dommage, mais ces quelques secondes perdues n’auraient finalement rien changé.     

     

    Est-ce que devenir un « renard » capable de gagner l’épreuve va dans ce sens-là ? Sans aller jusqu’à éteindre les lumières à la manière de certains des premiers dans les zones où ils en ont le moins besoin… En parlant de ceux-là, d’ailleurs, j’hallucine d'avoir les éclairages dans mes rétros au début de mon 4e tour, après 50 minutes de course. Un rapide calcul de tête : pour eux ça doit enchaîner en 12’30 à peine ! Ils vont se calmer (un peu) dans la 2e heure, heureusement !

     

    Pourtant je ne suis pas impressionné, les leaders ne m’ « enrhument » pas au passage mais roulent juste à un rythme trop élevé. Mieux pour le moral, je commence moi aussi à prendre un tour à d’autres concurrents. Au fil des boucles les habitudes s’installent : grand plateau avant la ferme histoire de prendre l’élan pour la fameuse bosse casse-pattes, où la bonne trace est à gauche. L’inévitable coup de fouet de la branche qui dépasse dans la descente en sous-bois… J'encourage les Lamothois, que je finis également par doubler et qui eux roulent groupés. Un peu plus d’une heure quarante de course, la cloche pour le dernier tour : j’ai encore l’énergie pour attaquer même si les « coups de cul » se font plus laborieux.

    Une fois de plus, on profite ! J’en ai même gardé pour un « simili-sprint » dans la montée finale, histoire de confirmer que je n’étais pas venu en touriste, moi non plus. Je termine mes 7 tours sous les deux heures, en 1H59’18’’ exactement, soit à juste 17’’ de mon record perso de 2008 (mais à l’époque, il n’y avait pas la chicane dans le bois longeant le plan d’eau !). Aux années paires, mes meilleurs temps ; années impaires, mes meilleures places au classement (7e en 2007 et 2009, 9e en 2008 et 11e cette année… c’était bien relevé en effet).

     

    - Surprise, je discute avec Landry du XC 63 à l’arrivée et… vois bientôt arriver Romain qui a bouclé ses 7 tours lui aussi et finit donc 12e ! Pour quelqu’un qui n’a presque pas fait de VTT cette année, chapeau bas ! Toujours côté Lamothe, les footeux Damien et JB font 21 et 22e (5 tours). Encore pas de chance pour Cédrick, scotché à ses 4 tours, qui a ce coup-ci chuté deux fois sur sa patte de dérailleur : il promet que son matériel et lui reviendront en meilleure forme l’an prochain, pour la 20ème !

     

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    Le clan des Lamothois : de gauche à droite, Damien (coupé), Romain (censuré), JB (en pleine restauration), quelques minutes après l'arrivée. 

  • Nocturne Dériv'chaînes

    Nuit et froid = galère ?

    Au contraire ! D'abord pour une fin novembre, il faisait doux et sec pour la nocturne des Dériv'chaînes organisée le week-end dernier sur Ytrac. Une vraie répétition de la Dériv'chouettes dans les conditions qu'on souhaiterait bien pour avril prochain à Pleaux...

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    ...Certes, quelques problèmes techniques en moins. D'inévitables crevaisons en ruptures de chaîne du président adjoint (trop de puissance ?!). Mais vu le nom de l'association ç'aurait vraiment été un comble que la réparation cause de gros soucis, même à la lueur des frontales et dans les bois !

    En parlant d'éclairages, on a vraîment vu de tout... Qu'importe, du moment que c'est efficace !

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    L'idée tombait donc au meilleur moment, même si notre cohorte de vers luisants et ahanants a surpris quelques riverains ! On les comprend... Bonne ambiance, une bien belle sortie, et l'essai concluant des plaques réfléchissantes par Eric.  

  • Ronde du Renard 2009

     Dans les premiers instants de la course, sorti du village du Vernet-la-Varenne, un manque déconcerte. La certitude de savoir où l'on met les roues ! Il est 22 heures, la nuit "entre furet et ragondin" donne l'impression de ne rien voir, rien reconnaître même du tracé lors des deux premiers tours. Puis ça va mieux ! Mais quand l'éclairage est encore incertain, d'autres sens y pourvoient : les encouragements d'enfants après un long moment en solitaire signalent le passage à la ferme et sa grimpette dans la caillasse tant redoutée. La longue descente en single dans le sous-bois quant à elle, n'est pas si uniforme : assez large d'abord, elle se rétrécit, virevolte et semble vouloir vous avaler. Tout d'un passage dans un tube digestif, jusqu'aux secousses finales... avant de se faire recracher enfin comme "non comestible" sur la route d'Esteil que l'on traverse vaguement soulagé. "L'essentiel est invisible pour les yeux" (dixit St-Exupéry qui s'y connaissait en renards !)

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    Un combat ? Plutôt une aventure. Sur une boucle de cinq kilomètres et demie à peine, cela pourrait prêter à sourire. L'impression est pourtant d'autant plus pregnante qu'on est toujours seul dans la nuit... et que le binôme que mon rythme m'avait choisi cette fois a subitement décroché à l'un de mes relais, pourtant pas plus appuyé que cela, dès le début du 2e tour. Malédiction... Pas de quoi démotiver "Renard à trois plumes" (mon nom de code sioux un peu paradoxal : plus je me déplume, plus j'en porte !), ni même le dissuader de jouer les prolongations.

    Car c'était bien là ma troisième participation consécutive à la Ronde du Renard... qui cachait du nouveau.

    A la faveur du tour du plan d'eau effectué en dernière minute pour m'échauffer, j'ai pu constater que les organisateurs avaient remplacé la remontée finale dans l'herbe depuis la plage par une trace courte mais technique - de nuit, s'entend ! entre les arbres (photo ci-dessus), avant de rejoindre directement la ligne d'arrivée. Un goupil informé en vaut deux ! Pour le reste, un circuit roulant mais casse-pattes (voir note de l'an passé).

    Je venais de toute façon avec des ambitions modestes cette année, un sévère mal de dos m'ayant même fait craindre la veille de devoir renoncer ! Ce n'est que le jour J que les douleurs se sont estompées. D'où l'intention de ne pas chercher absolument à "envoyer du gros" cette fois, mais plutôt de jouer les canidés flâneurs. Rythme "allegro ma non tropo" ! 

     Cela n'empêche pas qu'on a sa fierté. C'est pourquoi j'ai donné tout ce que j'avais dans mon sixième tour pour ne pas me faire reprendre une seconde fois par le trio de tête, ce qui aurait signifié la fin de mon aventure. Septième tour "pour profiter" comme je le déclarais joyeusement à l'un des signaleurs. Alibi d'un temps à affiner en vue du décompte, pour profiter encore un coup de ce sentiment de liberté décuplée à cette heure indue sur un vélo parmi les bruits de la forêt et la fraîcheur du soir. Pour boucler la boucle, en quelque sorte.

    Ce n'est toujours pas le cas de Cédrick (photo), vététiste au physique de basketteur/déménageur (ou l'inverse), dont l'objectif, année aprèsronde du renard 028 bis.jpg année, est d'atteindre le graal d'un sixième tour. Encore raté, puisqu'il y a renoncé au moment où il a décidé de venir en aide à un concurrent dont le ressort du dérailleur venait de lâcher. Rendez-vous est déjà pris pour l'an prochain, il m'a dit qu'il s'entraînerait dur !

    Il constitue pour moi un "personnage" de cette course, tout aussi admirable que les candidats à la victoire qui "la jouent fine" en coupant par le trottoir l'intersection dans le village afin de gagner quelques précieuses secondes. Qui dit "renard" dit "ruse", je ne trouve absolument rien à y redire (j'admire même la technique !). C'est juste une conception différente de l'aventure. Que les deux soient compatibles sur le même terrain de jeux, c'est ce dont je ne me lasse pas de m'émerveiller et j'espère qu'il en sera encore longtemps ainsi.