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Pratique - Page 4

  • Déplacements en ville, un combat inégal

    Avertissement...

    Hola, je sens que cette note va être longue, très longue. Et accessoirement, à base de coups de gueule. ça fait un moment que je médite dessus ! "Et pas la moindre image ?!" s'enquièrent certains dans le fond que j'entends déjà râler. Bon, les gars, quand vous en aurez marre, allez jeter un oeil sur les albums photo (à gauche) et je promets qq descriptions "imagées" pour illustrer quand même un minimum mon propos.

    Parce que sur le sujet du vélo en ville, y'a à dire... C'est même l'objet de bouquins à succès ("Petit traîté de vélosophie" de D. Tronchet, que j'ai lu et apprécié mais avec lequel j'ai de nombreux points de désaccord... entre autre sur la philosophie générale, ce qui est un peu gênant !)

    A vue de nez ma démonstration comportera deux grandes parties :

    Grand I, tout ce qui fait que l'automobiliste (ou parfois le motard, le cyclomotoriste, le chauffeur-livreur, etc, liste non exhaustive) doit être considéré avec une méfiance extrême et une vigilance de tous les instants.

    Grand II, quelques exemples pratiques et des suggestions de représailles.

    I Présentation de l'ennemi

    Une lutte !

    Pour commencer, et bien que cela remonte un peu maintenant, je n'ai pas oublié mon expérience de l'auto-école. Je revois encore nos moniteurs (et trices) désabusés par la conduite des "autres usagers", selon la terminologie du code. Non-respect des distances de sécurité, oubli des clignotants, dépassements à l'emporte-pièce et j'en passe, sans indulgence aucune pour les apprentis que nous étions (plutôt considérés par les autres conducteurs comme des gêneurs à reléguer au plus vite et par tous les moyens dans leurs rétros !). Ces constatations devenaient notre sujet de discussion favori entre candidats, au point d'en venir à se dire "Vivement le permis, que je puisse faire n'importe quoi au volant comme tous ceux qui l'ont" !

    Quand on entend que 80% des Français se proclament "bons conducteurs" dans les sondages, ça laisse songeur !

    C'est négliger un peu vite dans l'auto(!)satisfaction que par définition, tout engin motorisé (donc polluant, encombrant, dangereux) est une nuisance dans l'environnement citadin. Ajoutez-y l'état d'esprit du conducteur, bien souvent au choix égoïste, négligent, inconscient, agressif, étourdi (rayez la mention inutile s'il y a lieu, mais que le piéton qui ne s'est jamais fait griller la politesse en s'apprêtant à traverser sur les clous me jette la première béquille), mélangez bien et vous disposerez du cocktail "spécial stress & pollution" idéal. Et les susmentionnés "conducteurs impeccables" n'ont pas non plus mauvaise conscience à l'idée que tout le monde n'a pas une carrosserie autour de soi pour se protéger. 

    Mal conduire = Mal SE conduire ?

    Complétons le tableau avec un peu de réflexion historique. On l'oublie trop souvent, l'auto est dotée d'une vie propre et doit être domptée (ce qui explique qu'il faille un permis !)

    Ainsi, l'automobile, comme le dinosaure, est stupide, notamment en troupeau, et semble pourvue d'oeillères qui rétrécissent considérablement sa vision au niveau du pare-brise. Incapable de discernement, elle ne prévoit ni ce qui se passe autour, qui serait susceptible de l'inciter à ralentir (vision dite "en tunnel", le piéton de tout à l'heure engagé sur les clous n'existe pas), ni ne décrypte ce qui se passe devant afin d'anticiper intelligemment. Carrefour déjà bouché, réduction du trafic à une voie... autant de signes qui devraient la pousser à réagir, ou à prévenir ses congénères pour le bien commun ? Eh bien non. C'est pour combattre cette tendance naturelle malheureuse que l'homme a jugé bon de placer dans son habitacle des individus chargés de la conduire. Mais inexplicablement, un grand nombre d'entre eux débranchent également le cerveau en actionnant le démarreur. Et certains y prennent même goût, au point de préférer ce mode de transport à une courte marche à pieds, plusieurs fois par jour. Néanmoins, comme ces bébêtes-là ont très soif lorsqu'elles se déplacent, et que leurs ressources sont en voie d'épuisement, elles ne tarderont pas à être frappées d'extinction. La même chose que les dinosaures, je vous dis ! Espèce condamnée, on sera bientôt tranquilles.

    Mais en attendant, les conséquences sont là pour le cycliste en ville (et parfois aussi en dehors) : le code de la route demeurant une notion très aléatoire, il convient donc pour sa survie dans ce monde de brutes de ne faire confiance à personne et d'avoir des yeux pour les autres !

    D'autre part, dans les cas de figure les plus fréquents, le conducteur est distrait, soit par les autres personnes qu'il transporte, soit (eh oui) par une conversation téléphonique en direct... Mais ne commençons pas à lui chercher des excuses !

    II Travaux pratiques

    Ode à l'effort ingrat

    Le cycliste en ville n'a guère l'occasion de se laisser aller à la rêverie, puisqu'il doit compenser le manque de discernement des autres véhicules qui l'environnent par une attention et un esprit de décision décuplés. Et lui se doit de respecter le code de la route, et même de prévoir les infractions qui vont être commises, il en va de sa vie (ex. : orange "bien mûr" grillé, voiture qui néglige de s'écarter pour le dépasser...). "Le vélo est une crêpe facile" disait Tôpher Mills dans une ode admirable à la bicyclette (en V.O., "The bicycle is an easy pancake"), lisible dans l'anthologie établie par Edward Nye "A bicyclette".

    Comme si tout cela ne suffisait pas, le fait d'adopter un rythme de progression différent augmente le danger. Dans cet univers d'accélérations sans-y-penser et d'engins surmotorisés pour les trajets urbains, celui qui ne dispose pas d'autre moteur que ses propres jambes doit s'économiser dans les montées, prendre de l'élan dés qu'il le peut, prévoir les changements de couleur des feux, bref, AN-TI-CI-PER. Un réflexe d'économie d'énergie et de sécurité élémentaire que nombre de conducteurs ont largement oublié, eux qui préfèrent nous doubler sans visibilité en haut des côtes ou à l'amorce d'un rond-point, parfois en allant jusqu'à ponctuer l'intelligence de leur manoeuvre d'un coup de klaxon intempestif dans l'espoir de provoquer une crise cardiaque ou une perte de contrôle...  

    Le plaisir de pédaler dans ces conditions n'est pas évident, d'autant que cet effort violent (arrêts et redémarrages fréquents) se fait dans un univers pollué et non en pleine forêt, au milieu de la nature. Tout l'art est de ne pas s'essouffler. On se perfectionne, en trouvant des astuces pour conserver l'élan, en gardant le plus possible une allure régulière et en évitant de freiner, surtout en faux-plat - manie réservée aux automobilistes qui trouvent l'essence encore trop bon marché - patience, la revanche est proche !

    Comment parvenir à cette délicate mission lorsque les autos/camions/scooters devant soi ou aux intersections ne préviennent pas, ne se placent pas correctement sur la chaussée, et ne font pas usage du clignotant ? Injustice d'autant plus flagrante que le cycliste, lui, en être civilisé, est contraint de lever le bras au péril de son équilibre pour indiquer un changement de direction. Penser que de sombres individus confortablement installés sur leurs fauteuils ne prennent même pas la peine de lever le petit doigt pour actionner un commodo, ça a quelque chose du distingo entre le code d'honneur du chevalier et la félonie du soudard. Il m'est même arrivé récemment de m'arrêter à un passage piéton pour inviter une vieille dame à traverser... et de me faire frôler par l'automobile qui me suivait et pour laquelle il devait être inconcevable d'en faire autant !

    Le côté obscur de la Force ! (Aux armes !)

    Au XXIème siècle, il arrive que cette noblesse de coeur et d'âme du preux chevalier sur son destrier cèdent le pas à la moutarde qui monte au nez et à la barbarie guerrière. Que voulez-vous, il est des moments où l'on ne supporte plus le mépris et l'arrogance des véhicules motorisés et de leurs propriétaires. Des moments où l'irrespect et l'incivisme n'amusent plus, où la bêtise ambiante impose le défoulement.

    Halte à la victimisation ! C'est pas beau, mais ça soulage.

    Parmi les hauts faits d'armes dont je ne me vante pas trop, les dépassements d'automobiles en pleine rue dans mon jeune temps. A vélo, c'est quand même plus glorieux qu'en s'aidant du moteur d'une mob ou d'un scooter ! La suite du défi entre copains était ensuite généralement de prendre un peu d'avance, puis de réussir avant l'intersection suivante le plus beau dérapage, roue arrière bloquée, pour signer son forfait sur le bitume urbain. C'est ainsi que les Panaracer Smoke sur mes VTT de l'époque justifiaient leur appellation en partant littéralement en fumée ! A 150 francs le pneu c'était la classe, je dirais même le panache (de fumée !). D'autant qu'on s'entraînait dur pour parfaire notre technique et la note artistique qui allait avec.

    Aujourd'hui, je me suis assagi... ou alors de tels efforts sont devenus trop violents pour mes vieilles jambes. Mais qu'une voiture soit mal stationnée et empiète sur la piste cyclable, et c'est le coup de sang ! Mon grand bonheur : le dégagement du coude dans le rétro du conducteur à 35 à l'heure. Et paf ! 

    Je le reconnais, je suis un dangereux récidiviste qui fais la même chose en tant que piéton avec les véhicules garés sur les trottoirs. Mais la vitesse en moins, c'est moins drôle !

    En guise de conclusion, on pourrait reprendre sur le compte des voitures en ville ce que ce misanthrope affirmait au sujet des nuisances canines : "Moi, c'est pas les chiens que j'aime pas. C'est les cons qui en ont !"

     

  • Entraînement : préparation à la ronde du renard

    La Ronde du Renard, jour J.chemin 12.07.jpg

    J'ai tâché de m'entraîner de façon efficace : repos quasi total cette semaine !!!

    ...Mais pas mal d'intensité la semaine dernière en trois bonnes sorties.

    Un peu de travail sur le technique également, comme ici (photo) : si la descente n'est pas aisée, la nuit réserve pire, comme pièges.

    Cela dit, le parcours de l'an dernier était très roulant (presque 25 de moyenne pour le vainqueur), et avec un ciel dégagé, la pleine lune devrait (un peu) l'éclairer. Méfiance néanmoins sur les passages en sous-bois en redescendant sur le plan d'eau. La natation ne fait pas partie de l'épreuve !

    Les sensations offertes par la nuit en deux-roues se suffisent déjà à elles-mêmes. Je me souviens de moments magiques l'an passé : avec le silence et l'obscurité, tout est magnifié. L'impression de filer dans le vent, la fluidité des sensations sur le vélo, la vitesse dans les descentes. Même les côtes semblaient faciles, et le tour du plan d'eau livrait aussi sa part de bonheur et de mystère, avec d'abord un silence embrumé, puis l'effort de pilotage, entre les glissades plus ou moins contrôlées pour aborder la petite passerelle (c'était humide, et de plus en plus à chaque tour !) puis la remontée par l'herbe jusqu'à la ligne de départ et d'arrivée. Un concentré de sensations à vélo. L'incertitude de l'équilibre est ici restituée en permanence. Tous les sens sont aux aguets pour anticiper la trajectoire et les obstacles. 

    Paradoxe : après cet univers de douceur dans l'effort, chaque retour à proximité du podium en paraissait presque violent avec ses spots et sa sonprep 19.07 006 bis.jpgo ! Puis, le village retraversé, chaque concurrent replongeait dans le calme.

     

    Comme il faut bien se donner les moyens de progresser d'une année sur l'autre, j'ai aussi fait en sorte de remédier à ma seule petite frustration de cette première fois : l'éclairage.

       

    Et cette fois, pas de pitié !!!

  • De l'intérêt du tubeless et du liquide préventif

    Aujourd'hui c'est samedi, jour de sortie avec le club et de lamentations du lamantin lamentable...

    Un peu de mécanique ce matin : exit le gros pneu arrière à crampons, place à davantage de rendement en espérant que les conditions estivales de ces derniers jours perdurent quelques temps !

    Démontage, donc, et là, la preuve de l'efficacité du duo tubeless + liquide préventif à l'intérieur du pneu :

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    Sans commentaire, sauf que malgré ces énormes épines solidement plantées, je n'avais noté aucune déperdition dans le gonflage !
  • Une nouvelle politique de la rustine

    La politique de la rustine, Keskeucé ?

    Rapporté au gouvernement d'un pays, c'est une pratique qui consiste à se contenter des réformes minimales pour répondre à une urgence, en général pour ne pas mécontenter les électeurs. Mais comme disent les économistes, "ça tient ce que ça tient" en attendant la prochaine crevaison !

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    Ici, photo d'archives d'une balade entre potes à l'époque du lycée... la galère se partage pour se transformer en moment de convivialité. Certes, nous crevions souvent, mais cela n'entachait en rien l'enthousiasme de nos sorties. Au contraire, c'était devenu un sujet de plaisanteries et de paris. Le risque ne participe-t-il pas du plaisir ?

    N'empêche qu'on se rend bien compte qu'à force d'ajouter des rustines, la chambre à air ne vaut plus grand-chose.

    Cette observation ne prétend en aucun cas avoir valeur de réflexion politique ! La seule morale que j'en tirerais, c'est de toujours avoir sur soi de quoi réparer pour ne pas pourrir la sortie. Mais bon, y'a des fois où ça suffit pas...758590411.jpg

    Heureusement, un tel carnage reste rare dans le cadre d'une pratique normale, et cela n'est arrivé à aucun de ceux de notre groupe à la Pastourelle avant-hier. Il y avait déjà assez à faire comme ça avec la gadoue !

    Au fait, pour le récit complet de ma course c'est là (y'en a qui vont encore râler parce que j'ai pas pu m'empêcher de mettre quelques détails, mais comme dit le dicton "plus c'est long..."). Et la rubrique "A propos" a été remise à jour ! Bonne lecture...

     

  • Du VTT qui change du VTT !

    Raid Pastourelle : J-4. Encore un rendez-vous qui s'annonce boueux... je me félicite d'avoir gardé les pneus à gros crampons (ceux qui roulent en tubeless comprendront ma répugnance à en changer toutes les semaines), mais j'observe la pluie tomber avec un certain désolement. La virée sur les monts du Cantal est toujours somptueuse quelles que soient les conditions, mais là je pressens physiquement le gras et les portages ! Les pieds dans la m... et la tête dans les étoiles c'est bien. Les roues au sec, qu'est-ce que c'est mieux !

    ça sent l'enlisement dans les tourbières pour certains (on vous racontera...). Il paraît qu'il y en a qui sont restés englués dedans depuis l'an dernier ? C'est ça, l'Aventure ! (Et Alka-Seltzer va rajouter : "C'est pour les durs" !) lol

    Peu importent les conditions, l'important est quand même de partir rouler sur des manifs. Mais pas toujours les mêmes ! Les organisateurs ici et là se creusent les méninges pour trouver des formules qui changent... du VTT. 

    Trop tourné en rond toujours sur les mêmes circuits ? Malgré les paysages printaniers, l'ennui et la monotonie guettent, et avec eux (danger) la démotivation pour sortir ? Envie d'expérimenter de nouvelles sensations ? Première solution, changer de coin... mais sans aller trop loin, d'autres manifestations sportives méritent que l'on se penche de prés sur ce qu'elles proposent, le rédacteur de ces lignes a déjà testé et approuvé :

    Un kayak et des running en plus du deux-roues, ça peut être sympa pour expérimenter autrement le paysage ?

    Genre mini triathlon, avec (individuellement) 3 kms de kayak, 23 de VTT et 5 de course à pied. Il y a aussi moyen de le faire par équipe de 2. C'est au programme des Olympides de Brioude, les 28 et 29 juin... www.brioude-action.com. Promis, j'en reparle bientôt.

    Et à la lueur de la lune, la frontale sur le casque, déjà fait ?2027067646.jpg

    Le 19 juillet prochain, La ronde du Renard, une boucle à parcourir le plus grand nombre de fois possible sur les hauteurs du plan d'eau du Vernet-la-Varenne (63) vous le propose, à proximité d'Issoire. Ambiance conviviale et le plein de sensations ! http://perso.orange.fr/vttcourses/

    En attendant, va falloir que je reprenne l'entraînement pour samedi. J'ai bien fait de travailler les gros développements pour la puissance ces derniers temps (n'est-ce pas, Max ?! ;)) mais je crains que ce ne soit pas suffisant compte tenu des conditions.

    Pour ceux qu'auraient pas vu, j'ai encore modifié le contenu de la colonne de gauche pour qu'on s'y retrouve pas d'une fois sur l'autre ! Non, promis, j'arrête les travaux, la présentation actuelle me convient.

  • chutes, suite

    Le même, malgré un nouveau vélo...

    ... "Errare humanum est, perseverare diabolicum !"

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    Note artistique : 5,9 (ça manque un peu d'amorti... mais connaissant le bestiau, comme il va y en avoir d'autres, je sais pas si je vais pas créer une rubrique spéciale où les gens vont pouvoir mettre des notes).
    En tout cas, merci Max le photographe... sans vouloir cafter, bien sûr !
  • La chute : "ça te servira de leçon !"

    Comme  Louis Baudry de Saunier le proclamait dans "Conseils pour apprendre à tenir l'équilibre" (in  "Extrait de l'Histoire générale de la vélocipédie") il y a près d'un siècle, "Ne craignez rien, on ne tombe jamais, on descend vite quelquefois" !

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    Mais mon collègue en fâcheuse posture répondrait (en connaissance de cause !) que les chutes en VTT, ça n'arrive pas qu'aux autres. Alors autant les sentir venir pour en minimiser les conséquences. En général, elles sont beaucoup moins graves qu'en vélo de route (vitesse moindre, réception moins traumatisante) sauf en cas d'impact sévère (on appelle ça "mesurer le sentier" - aucun rapport avec le nom de ce blog - ou "embrasser généreusement la nature") !

    Malgré tout, ce genre de mésaventure a plutôt pour effet de refroidir les ardeurs, et ce d'autant plus que l'on s'est fait peur, ou mal. C'est ce que Jean-Paul Stéphan nomme l'évènement "nociceptif" dans son excellent ouvrage "VTT : rouler plus vite" (éditions Désiris). La chute fait pourtant partie du jeu lorsque l'on veut faire reculer ses limites. On pourrait dire que celui qui ne tombe jamais reste trop "en dedans" pour progresser. Il faut donc se faire violence pour prendre quelques risques... calculés ! 

    Souvenir perso à ce sujet : lors de la rando "La ronde des Lacs" dans le Puy-de-Dôme en septembre dernier, je cherche à dépasser un participant dans une descente en haut d'un bois. Le singletrack s'élargissant, je me décale sur une autre trajectoire et place une accélération : tout va bien, jusqu'au moment où, en finissant de me rabattre, ma roue avant reste scotchée dans une ornière que je n'avais pas vue avant la manoeuvre ! Bien que "déshabitué" aux chutes depuis pas mal de temps, j'ai instinctivement réussi en une fraction de seconde à décrocher les pédales automatiques, prendre l'impulsion pour passer par-dessus le guidon façon saute-mouton et terminer l'action en course à pieds... à la grande hilarité du concurrent ! Le temps de repartir, cela ne m'a pas empêché de le redoubler quelques centaines de mètres plus loin dans un passage plus roulant. Le tout avec un sentiment de confiance en mes ressources encore augmenté, puisque j'avais pris conscience de deux choses : la première, que je pouvais faire une fausse manoeuvre et m'en sortir indemne, et la seconde, que par ce 1er essai "optimiste" je venais de mieux cerner mes limites sur ce type de terrain.

    L'"OTB" (en Anglais "Over the Bar", soit "par-dessus le guidon") ne se termine pourtant pas toujours aussi bien, d'autant qu'il n'est pas forcément volontaire et qu'on ne peut pas trop prévoir où l'on va retomber. Je reconnais que sur ce coup j'ai aussi eu une dose de chance... Mais quel "pied" a posteriori : cela reste encore une très belle image d'une journée en plus de cela mémorable pour les paysages traversés, la convivialité et l'organisation.

    Mais cela prouve aussi que le pire n'est jamais sûr, et qu'avec un peu d'audace pour tenter des choses inhabituelles, on est souvent récompensé. Pour conclure, je laisse à Louis Baudry de Saunier le soin de refermer cette note comme il l'avait initiée :

    "Mieux vaut, pour la joie du monde, écrire sur le cyclisme que sur la morale. Les hommes grignotent dans la vie assez d'amertumes pour que, de temps à autre, on leur enseigne où sont cachés les bons sucres d'orge".