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  • En mode "vélociraptor"

    Rien de plus ingrat lors des premières balades dans la froidure qu'une perte d'adhérence imprévue et répétée des pneus (trahison ! ça s'appelle lâcher l'affaire). A part peut-être les projections de boue ou d'eau glacée alors que la sortie ne fait que commencer... Dépenser des calories pendant l'hiver, d'accord, mais dans le confort pour garder l'envie !

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    Le mode "vélociraptor", c'est d'abord des trains roulants adaptés. Et là, rien que les noms des bestiaux annoncent la couleur : Maxxis Medusa à l'arrière pour ne rien lâcher, Specialized Purgatory à l'avant pour purger le terrain. "Accrocher & évacuer" !

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    Et pour rester à l'abri du carnage, les dinosaures n'avaient pas de garde-boue... Moi, si ! ;-)))

    Vivement les frimas...

  • Vélo héroïque

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    Fatigue de fin de saison + temps pourri = repos (éviter la course de trop !)

    Du vélo, toujours, mais par procuration : celui des "temps héroïques" d'un certain Docteur Ruffier. Attention, âmes sensibles s'abstenir...

    Pas de GPS mais des guides indispensables pour indiquer "les nombreuses portions de routes pavées"... à franchir à pied (oui oui, à pied...). "Car alors, il ne pouvait pas souvent être question de rouler sur les pavés, non seulement parce que nous n'avions pas de pneumatiques, mais aussi que les pavés étaient généralement monstrueux et tout disloqués (...) Ce sont ces fondrières d'autrefois que certains renégats du cyclisme font semblant de regretter pour expliquer qu'ils n'aiment pas rouler sur les routes modernes ! 

    Mais avant la médecine, la passion de l'auteur pour le vélocipède le mène à affoler les campagnes - précédant l'auto, le vélo est déjà considéré comme la machine du diable ! - tant et si bien qu'une carrière de coureur aurait pu se dessiner pour lui au début du siècle (heu... le XXème). Encore aurait-il fallu éviter de s'obstiner dans l'utilisation de matériels plus regrettables que discutables, comme l'"Acatène", machine de piste (et de route) dont les concepteurs n'avaient rien trouvé de mieux pour la distinguer que de remplacer la chaîne par une transmission à pignons d'angle ! Lorsque la providence lui fournit enfin un vélo de course normal pour une grande compétition à la place de cette prodigieuse invention, Ruffier l'emporte haut la main ! Mais il est trop tard, à l'arrivée se profile l'internat de médecine qui n'admet pas la concurrence d'une pratique sportive de haut niveau. 

    Reste, ultérieurement, la pratique du cyclotourisme où le narrateur va encore une fois faire figure de pionnier. Mais comme on ne se refait pas, c'est de virées cyclotouristes (très) sportives dont il est question et dans lesquelles il lui arrive d'embarquer des amis qui ont bien du mérite. Il sévit même ensuite en tandem avec sa jeune épouse. Les régions visitées n'évitent aucune zone montagneuse, des Alpes aux Pyrénées, avec des étapes décrites dignes du Tour de France. Et les routes de l'arrière-pays ne se comparent toujours pas plus à celles d'aujourd'hui que le matériel. 

    Enfin, les mentalités de l'époque n'admettent pas facilement l'équipage. Ainsi, en Corse, l'auteur est surpris de la froideur suscitée sur leur passage, notamment un soir que sa femme arrive "à bout de force" dans un hôtel de village tenu par des dames. "Sont-elles hostiles, terrorisées ? Pas un mot (...) Je crois devoir mener la conversation" lors du repas qui lui est servimais en pure perte. 

    J'ai pu lire par ailleurs une explication plausible à cette réaction dans un ouvrage d'ethnologie ("Passions ordinaires" sous la direction de Christian Bromberger, Hachette Littératures, collection "Pluriel", avril 2002, chapitre "Les voluptés de plein air" rédigé par Sergio Dalla Bernardina, pp.382-383). Le scientifique explique que, "pour une très large partie de la population dans les pays latins, la dépense d'énergie dans les espaces sauvages a longtemps été perçue comme une valeur négative, comme une "punition" et une marque de subordination". "Etonnant, non ?" aurait ajouté Desproges...

    Suit pour en attester la reproduction d'un entretien effectué par l'ethnologue à Bastia en 1997.

    - Comment sont perçus ces Bastiais qui arrivent avec des vélos, avec des choses comme ça dans l'arrière-pays ?

    - C'est-à-dire : si vous parlez des touristes qui arrivent et qui parcourent la Corse à pied ou à vélo, il faut être fou. Franchement, il faut être fou. Après souvent on voit des familles entières, où les deux parents ont leur sac à dos et derrière des enfants de douze, quinze ans... ceux-là manquent souvent de se faire molester, je dois dire. Parce que, pour les Corses, si quelqu'un veut marcher en pleine nature, escalader des montagnes... avec un sac à dos, c'est son problème, mais il n'a pas le droit d'obliger ses enfants à le suivre. Ce sont des mentalités...

    - Vous avez assisté à des scènes comme ça ? C'est-à-dire...

    - Oui, j'ai assisté à des scènes comme ça où des gens trouvaient... enfin, des Corses trouvaient scandaleux que des gens, comme ça, entraînent leurs enfants dans un tourisme qui pour eux touche à la folie, quoi, aller se faire le GR 1 à pied... Il n'y a que les Allemands ou les Autrichiens pour faire ça.

    - Pourquoi ?

    - Parce que c'est très fatigant.

     

    Poursuite de mes lectures vélocipédiques : "Je pars demain" par Eric Fottorino