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"Nez dans le guidon"

Ou plutôt "la frontale dans le cintre" pour cette 21e Ronde du renard ! Ultra-motivé, j'avais dans l'idée de revenir dynamiter mon record perso après une année passée en forme d'impasse. Mission accomplie mais pour le plaisir il me faudra... repasser (l'an prochain) !

Petit tour de reco l'après-midi : le soleil brille sans le faire sentir, la canicule au Vernet-la-Varenne n'est pas pour tout de suite. Le centre-bourg s'élève pile à la cote 800 et le vent de nord rafraîchit nettement les collines du Livradois ! Au moins le terrain sec permet à mon vieux Python de reprendre du service à l'arrière... les NAC au garage, ça suffit :-). Sur le circuit, nous échangeons nos impressions. Plusieurs participants de l'épreuve de 16 heures se montrent impatients d'en découdre. Un mix de jeunes et d'adultes sur cet open VTT où certains la jouent très sérieux aussi !

A gauche la petite cote qui fait mal aux pattes, avant de replonger sur les bords du plan d'eau (vue sur le massif du Sancy et le Puy de Dôme en face...) A droite, la première ascension après le "start" de l'Open.

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Nouveauté mise au point par Vincent, le "motard - traceur" local : une zone technique entre les deux chênes au bout de la plage oblige à doser l'élan jusqu'en haut du tertre. Pas d'autre choix ensuite que de manoeuvrer à vitesse (très) réduite sur les racines pour reprendre le cap vers la montée au point de comptage. Rien de difficile ni de dangereux, à ceci près que la manoeuvre rend la concentration indispensable avant cette énième relance. Le "bourrinage tranquille" dans l'herbe sur le point bas du circuit, c'est fini ! Cela n'empêche pas l'itinéraire de rester franchement roulant, par contre l'aspect physique s'accentue façon "Cross-country olympique" (XCO). 110 mètres de dénivelé au tour et ce n'est décidément plat nulle part. Il va faire frais ? ça promet quand même d'être chaud !

Course d'équipes ?

Une surprise (mais qui ne devrait plus m'étonner, c'est chaque année pareil !) à mon retour en tout début de soirée : un gang de vieilles connaissances du foot lamothois a investi les lieux... Damien, Camille et Florian sont venus pour le fun, ambiance tournoi de sixte, mais on se prend vite au jeu. L'autre team qui par contre m'inquiète : des membres du XTTRaid 63 sont là. C'est pas encore ce soir que les premières places seront faciles à cueillir. Et d'autres inscrits me semblent eux aussi bien équipés et affûtés. Seul regret, commun aux organisateurs, notre petit nombre de participants cette année et l'absence de féminine : la rançon des conditions dantesques de l'édition 2011 ?

22h03, check des lumières OK : le départ se prend juste après la nouvelle chicane de la plage. Plaque de cadre n°53 (la "Mayenne-montagne", ça me plaît !) j'ai calculé que prétendre réaliser les 8 tours nécessite de passer sous les 16' au tour en moyenne, peut-être 15'45". Mais comment trouver le rythme juste, surtout de nuit ?

ça ne part pas trop fort en tête, je décide de coller au wagon des 5 premiers avant qu'il creuse trop d'écart : on verra bien ! Dans la 1ère côte tout le monde reste groupé, façon round d'observation. Et effectivement, dès la légère descente qui suit la sortie du village, un des deux tango et noir sème tout le monde... ainsi qu'un vent de panique dans le poulailler : ça sent le renard (!), et celui-là est au-dessus du lot. La fameuse montée après la ferme achève de disloquer le groupe des poursuivants, c'est "sauve qui peut" ! Dès ce moment et par la suite, j'aurai beaucoup de mal à évaluer ma position. La nuit certes... mais aussi le manque de lucidité, squatter la zone rouge du cardio en quasi-permanence n'aide pas ! En réalité je courrai une grosse partie de l'épreuve à la 3e place. Le 2e XTTR (plaque n°20) a suivi l'exemple de son camarade, pas la peine d'espérer ? Derrière lui, je rejoins un duo en hardtails (VTT semi-rigides) qui roule fort en montée mais moins que moi en descente (héhé), d'autant que cette année je relance comme un dératé dans le single. Je reprends même brièvement le second renard... A ce moment très précis, je suis en tête sans le savoir ! Bien joué, mais je vais y laisser des plumes à force de ne pas prendre le temps de récupérer.

Plus fins stratèges, plus confiants en leurs qualités de grimpeurs ou simplement mieux servis par les aléas de la course (ou un peu des trois...), mes comparses improvisent un duo d'accordéon : pendant 6 tours complets, ils boucheront consciencieusement le handicap en descente sur les relances qui suivent avant d'en remettre une couche sur les deux grosses ascensions. Quoi qu'il en soit, après un 1er tour sous les... quinze minutes, au village une meute de quatre s'est reformée... Mais il n'y a rien à faire, le XTTR n°20 a trop de cannes pour moi, je dois le laisser repartir. Quelques instants plus tard, je n'y comprends plus rien : celui que je croyais être le leader (le...n°63 !) rejoint notre trio par l'arrière avant de nous refaire le coup du goupil qui détale... Pour quiconque croyait rouler fort (et en tout cas aux taquets), la déconvenue est sévère. Je n'en laisse rien paraître et continue dare-dare : 2e boucle en 15'09". Mais les encouragements des spectateurs et notamment des jeunes (l'un d'eux me crie même que je roule comme le 1er... à moins que ce ne soit moi ! De nuit, tous les renards sont gris... !) n'empêchent pas mes deux poursuivants de me reprendre systématiquement à distance des zones descendantes.

Au 4e passage après la ferme, j'en suis déjà à bien puiser dans mes réserves pour m'intercaler entre les deux dans la côte. Même développement que mes comparses, mais opposition de style et de matériel : quand j'apprécie mon X-Control alu pour sa capacité à monter "au train", tout en régularité et en douceur, la roue qui me précède avance par saccades, dérape au coup de pédale et reprend l'adhérence avec beaucoup de nervosité (cadre en carbone, donc encore plus rigide...). A l'approche du sommet, Damien et Camille auxquels je parviens à adresser un mot d'encouragement sont relégués à un tour. Je me remotive aussi, mais je sens de plus en plus que je vais lâcher en premier car je souffre comme rarement (cette f... demi-barre énergétique qui ne descend pas !) et ne parviens plus à créer d'écart significatif lorsque je repasse devant. Cela dit, nous nous menons réciproquement la vie dure. Je me rends compte que les autres ont aussi du mal lorsqu'au 6e tour le flambeau du trio m'échoit tout de suite après la ferme... Mais ce sera mon coup d'éclat final, car "l'éclat", il est bien pour bibi à l'abord du 7e tour. J'ai beau savoir que le moment est stratégiquement catastrophique, ce coup-ci je n'en peux plus et j'ai d'autant plus de raisons de m'arrêter au ravito que mon bidon est vide ! Plus que tout, je redoute de me retrouver à l'arrêt un peu plus loin sans eau et n'ai pas envie d'exploser. Un peu requinqué, réhydraté mais désormais solitaire et carbonisé, je termine à l'orgueil. Pour un peu, je remercierais le n°63 de me doubler à nouveau, cette fois juste en haut de l'ultime descente. Pas d'erreur, il vient bien de me prendre un tour, ce qui signifie que je n'aurai pas à en parcourir un 8ème !

A l'arrivée, à part le vainqueur Franck Gély qui a mis tout le monde d'accord et s'est même donné le temps d'effectuer une réparation sur son vélo à la fin du 1er tour (tout s'explique !), les écarts sont faibles entre les autres concurrents. Le 3e et le 4e sont à moins de 40" devant, ce qui me confirme qu'eux aussi ne devaient plus guère avoir de cartouches... maiiiiiis doucement la vantardise, le 6e n'est qu'à 35" derrière moi et nous sommes pas moins de 8 à avoir effectué 7 tours.

Morale (puisqu'il y a renard, morale il y a...) Pas de 8e tour pour cette année encore. Je me satisferai d'avoir fait tomber mon meilleur temps de près de 4 minutes malgré les modifs du circuit, et de m'être mêlé à la lutte... j'en ressors avec aussi pas mal d'enseignements ! "Cette leçon valait bien un fromage sans doute" !

 

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Remise des prix au vainqueur : au Vernet il fait frisquet, mais avec la convivialité !

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