19.07.2010
La "forme du moment"
Quand parfois la pratique d’un sport prend les allures d’un chemin de croix…
Hier, lors de ma participation à la rando sur les « Cicuits des Estives » à Allanche, j’ai pu discuter avec un jeune de la région parisienne et son père, en vacances dans la région. C’était sur la dernière partie du parcours, et le père, à la traîne, était visiblement « asphyxié » des efforts précédents. Ce n’était pas par manque de pratique sportive, il court des marathons et des semis… mais sur lesquels il est fréquemment contraint à l’abandon, faute de préparation. Et cette fois-là, même les monts du Cézallier à VTT, certes dépaysants pour un Francilien, finissent par mettre au supplice un sportif confirmé…
Curieux comme les hasards des rencontres peuvent faire écho à nos propres cheminements intérieurs ! J’ai été moi aussi en souffrance à Allanche, mais sur… le début de la randonnée. Clairement pas parti dans un bon jour : les pulsations bloquées à 150-160, incapable de changer de rythme, et même en proie à des tremblements dans les jambes en pleine montée dans le bois de la Pinatelle, au bout de 5 kilomètres à peine. Tous les indices d’une hypoglycémie, alors que le petit déj’ n’était pourtant pas si loin. De quoi me demander si je n’allais pas piteusement bifurquer sur le petit circuit…
Du coup, premier arrêt « ravito perso », une (demi) barre (de céréales) et ça repart ! Progressivement, pour ne pas me cramer, mais les sensations sont revenues peu à peu, et n’ont cessé de s’améliorer sur cette sortie définitivement abordée au rythme « endurance », c’est-à-dire sans faire d’éclat. Sans doute qu’après trois semaines à rouler façon « XC » (balades relativement courtes et roulantes, mais en tâchant d’appuyer fort), l’organisme rappelle le besoin d’une petite pause diesel. Ce n’est pas Yoan sur la montée de Vézac la veille avec l’ACVA qui m’aurait donné tort !

Que retenir de tout cela ? D’abord, qu’on ne se connaît jamais assez. Ensuite, si besoin était de le rappeler, que sans entraînement, le jour de la manifestation la souffrance vient vite gâcher le plaisir. S’astreindre à des exercices en vue d’un objectif lointain n’est pas évident (ce que J.-P. Stéphan appelle dans son livre « l’autocontrainte »). C’est d’ailleurs ce que je n’arrive pas à faire assez spécifiquement, en sport comme en vue des concours. Dans les deux cas, je m’y prépare mais sans parvenir à consentir à tous les sacrifices nécessaires sur la durée. A vélo cela se traduit par juste ce qu’il faut d’implication pour parvenir à compenser mes insuffisances grâce au surcroît d’adrénaline du jour J. Il semble que dans l’autre domaine envisagé, cela suffise encore moins…
A vélo pourtant l’effort en solitaire ne me fait pas peur. Je n’ai guère de mérite d’ailleurs, car j’y ai toujours trouvé un charme différent de la pratique en groupe : on est davantage à l’écoute de ses sensations, des paysages, de toutes les pensées qui nous viennent (toutes sortes d’évocations décrites ici ou là et plus largement dans les notes de la catégorie Réflexion sur la pratique). Et en VTT, où l’effort doit souvent se faire seul en fonction des aléas d’une course, la capacité à maintenir l’allure indépendamment des autres concurrents est essentielle. Aussi, je comprends ceux qui préfèrent pratiquer seuls les sports d’endurance… même si la pratique en groupe est complémentaire de cette solution par ses avantages, entre autres le partage d’expériences et la confrontation avec d’autres personnes plutôt qu’uniquement avec soi-même, dans laquelle on finit par tourner en rond.
Dans ces conditions, le challenge personnel que je tente de mener à bien chaque année en vue de la Ronde du Renard au Vernet-la-Varenne prend tout son intérêt par la difficulté à définir la spécificité de cette nocturne. Un peu longue (2 heures) pour une course de XC, d’autant qu’elle nécessite par endroits (à mon niveau du moins) une bonne dose de vigilance qui exclut de trop se mettre « dans le rouge ». Par ailleurs, les deux côtes principales se révèlent usantes… surtout enchaînées sept fois comme je suis parvenu à le faire lors des deux précédentes éditions. D’où la nécessité de qualités d’endurance plutôt que de puissance, ce qui m’arrange bien ! Par contre, le parcours est roulant, voire très roulant, même lorsque le terrain est gras comme en 2007 : impossible de l’apparenter à un raid, même court. L’idéal est donc d’arriver à un compromis de qualités contradictoires dont la vélocité serait la principale.
18:26 Publié dans motivation, réflexion sur la pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo, vtt, entraînement, compétition, circuit des estives en cézallier, manque de sensations




















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