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  • Ronde du Renard 2009

     Dans les premiers instants de la course, sorti du village du Vernet-la-Varenne, un manque déconcerte. La certitude de savoir où l'on met les roues ! Il est 22 heures, la nuit "entre furet et ragondin" donne l'impression de ne rien voir, rien reconnaître même du tracé lors des deux premiers tours. Puis ça va mieux ! Mais quand l'éclairage est encore incertain, d'autres sens y pourvoient : les encouragements d'enfants après un long moment en solitaire signalent le passage à la ferme et sa grimpette dans la caillasse tant redoutée. La longue descente en single dans le sous-bois quant à elle, n'est pas si uniforme : assez large d'abord, elle se rétrécit, virevolte et semble vouloir vous avaler. Tout d'un passage dans un tube digestif, jusqu'aux secousses finales... avant de se faire recracher enfin comme "non comestible" sur la route d'Esteil que l'on traverse vaguement soulagé. "L'essentiel est invisible pour les yeux" (dixit St-Exupéry qui s'y connaissait en renards !)

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    Un combat ? Plutôt une aventure. Sur une boucle de cinq kilomètres et demie à peine, cela pourrait prêter à sourire. L'impression est pourtant d'autant plus pregnante qu'on est toujours seul dans la nuit... et que le binôme que mon rythme m'avait choisi cette fois a subitement décroché à l'un de mes relais, pourtant pas plus appuyé que cela, dès le début du 2e tour. Malédiction... Pas de quoi démotiver "Renard à trois plumes" (mon nom de code sioux un peu paradoxal : plus je me déplume, plus j'en porte !), ni même le dissuader de jouer les prolongations.

    Car c'était bien là ma troisième participation consécutive à la Ronde du Renard... qui cachait du nouveau.

    A la faveur du tour du plan d'eau effectué en dernière minute pour m'échauffer, j'ai pu constater que les organisateurs avaient remplacé la remontée finale dans l'herbe depuis la plage par une trace courte mais technique - de nuit, s'entend ! entre les arbres (photo ci-dessus), avant de rejoindre directement la ligne d'arrivée. Un goupil informé en vaut deux ! Pour le reste, un circuit roulant mais casse-pattes (voir note de l'an passé).

    Je venais de toute façon avec des ambitions modestes cette année, un sévère mal de dos m'ayant même fait craindre la veille de devoir renoncer ! Ce n'est que le jour J que les douleurs se sont estompées. D'où l'intention de ne pas chercher absolument à "envoyer du gros" cette fois, mais plutôt de jouer les canidés flâneurs. Rythme "allegro ma non tropo" ! 

     Cela n'empêche pas qu'on a sa fierté. C'est pourquoi j'ai donné tout ce que j'avais dans mon sixième tour pour ne pas me faire reprendre une seconde fois par le trio de tête, ce qui aurait signifié la fin de mon aventure. Septième tour "pour profiter" comme je le déclarais joyeusement à l'un des signaleurs. Alibi d'un temps à affiner en vue du décompte, pour profiter encore un coup de ce sentiment de liberté décuplée à cette heure indue sur un vélo parmi les bruits de la forêt et la fraîcheur du soir. Pour boucler la boucle, en quelque sorte.

    Ce n'est toujours pas le cas de Cédrick (photo), vététiste au physique de basketteur/déménageur (ou l'inverse), dont l'objectif, année aprèsronde du renard 028 bis.jpg année, est d'atteindre le graal d'un sixième tour. Encore raté, puisqu'il y a renoncé au moment où il a décidé de venir en aide à un concurrent dont le ressort du dérailleur venait de lâcher. Rendez-vous est déjà pris pour l'an prochain, il m'a dit qu'il s'entraînerait dur !

    Il constitue pour moi un "personnage" de cette course, tout aussi admirable que les candidats à la victoire qui "la jouent fine" en coupant par le trottoir l'intersection dans le village afin de gagner quelques précieuses secondes. Qui dit "renard" dit "ruse", je ne trouve absolument rien à y redire (j'admire même la technique !). C'est juste une conception différente de l'aventure. Que les deux soient compatibles sur le même terrain de jeux, c'est ce dont je ne me lasse pas de m'émerveiller et j'espère qu'il en sera encore longtemps ainsi.

  • Impressions d'un renard à la nuit

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    "Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.

    Il y a une horloge qui ne sonne pas.

    Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.

    Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.

    Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

    Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.

    Il y a enfin, quand l'on a faim et soif, quelqu'un qui vous chasse."

    Arthur Rimbaud, "Enfance" (III) in "Illuminations".

     

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    Illustrations : reconnaissance de la Ronde du Renard (25 juillet 2009, Vernet-la-Varenne, peu avant 22 heures).
  • Limites et regrets

    Pour revenir sur les « lectures vélocipédiques », j'ai pu constater que nombre d'écrivains-cyclistes-romanciers revendiquent l'inspiration que leur ont fournie les grandes plumes du quotidien L'Equipe.

    Mais ce qui est récurrent chez eux, c'est aussi un regret : celui de n'être pas devenus eux-mêmes ces « géants de la route » dont ils décrivent si bien les exploits et façonnent la légende. Il reste toujours de façon perceptible dans leurs textes cette pointe d'amertume de n'avoir pu devenir le champion de leurs rêves d'enfant qu'ils auraient si bien incarné - rêve inaccessible, ou dont la concrétisation n'est permise qu'à trop peu d'élus ! Paul Fournel semble s'en consoler en suggérant que la vie de cycliste professionnel n'est pas jonchée de pétales de roses, mais plutôt de  pavés comme ceux des tranchées de Paris-Roubaix, et que la passion initiale n'y résiste pas souvent.                                               

    L'homme se cogne toujours à ses limites. Ainsi Romain Gary raconte dans « La Promesse de l'Aube » comment le jonglage (parmi ses nombreuses vocations) est devenu son obsession, et comment, ne parvenant pas à passer de 6 à 7 balles, il a fini par y renoncer définitivement.

    Mais il n'est que trop évident quePromesse de l'Aube.jpg quelque carrière qu'il eût pu embrasser par la suite, l'amertume et la frustration de cette ambition avortée l'accompagneraient toujours.

    "Je sentais confusément que l'enjeu était important, capital même, que je jouais là toute ma vie, tout mon rêve, toute ma nature profonde , que c'était bien de toute la perfection possible ou impossible qu'il s'agissait [...] J'ai essayé toute ma vie. Ce fut seulement aux abords de ma quarantième année, après avoir longuement erré parmi les chefs-d'oeuvre, que peu à peu la vérité se fit en moi, et que je compris que la dernière balle n'existait pas.

    C'est une vérité triste et il ne faut pas la dévoiler aux enfants. Voilà pourquoi ce livre ne doit pas être mis entre toutes les mains."

     Refus du bonheur, ou complaisance dans la mélancolie ? Je ne me souviens pas avoir rêvé devenir jongleur ni cycliste professionnel (footballeur à la rigueur, mais j'ai vite compris...). Le bonheur est de s'abandonner à ce que l'on peut atteindre, et tout le reste est littérature.

    L'autre jour à Allanche, la pratique du "Circuit des Estives" avec Eric et Olivier de Dériv'Chaînes était l'occasion d'illustrer cet adage (suite sur la note « Dériv'chaînes et Estives »).

  • Dériv'Chaînes et Estives

     Je ne dirai jamais assez les avantages d'une rando organisée par une association ou un club : aucun risque d'égarement ni de fringale, par exemple ! Du coup, l'unique préoccupation de notre trio se résumait à « tourner les jambes », sur la distance et les extensions de notre choix, dans des paysages superbes. L'esprit « randonnée cyclotouriste » au bout de sa logique :

    - Pas de départ « en ligne » mais libre (donc aucun intérêt de se tirer la bourre),

    - Des extensions au choix donc, selon les envies de chacun,

    - Des ravitos bien garnis et des sites incitant à de longues pauses... Au menu concocté par le Vélo Club du Cézallier, des valeurs sûres : lac du Pécher, bois de la Pinatelle...

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    Mais auparavant, la première rallonge prise quasiment depuis le départ s'était chargée de bien nous échauffer en nous menant sur les hauteurs du bois du fouet puis Romaniargues...

     

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    Comme les extensions, les parcours étaient sérieusement renouvelés par rapport à l'édition précédente. Un élément restait inchangé : les montées costaudes, qu'on les prenne dans un sens ou dans l'autre. L'occasion de constater deux choses : 1. Qu'Olivier (à droite sur la photo) est bien affûté, mais aussi

    - 2. Que l'escadrille d'admiratrices l'accompagnant lors d'un reportage précédent des Dériv'chaînes était toujours là !

    Le problème, c'est que l'acide lactique aidant, les mouches n'ont pas hésité à changer d'âne, selon la célèbre expression footballistique. C'est sans doute dans cet esprit que le « king » Cantona avait lancé à des journalistes anglais éberlués sa fameuse formule dans la langue de Shakespeare : « Quand les mouettes suivent le chalutier, c'est qu'elles savent qu'on va leur jeter des sardines »...

     Bref, les ravitos (avec le sourire !) situés à Cézérat, et plus encore celui du village de la Roche après une bon raidard assez technique étaient bienvenus. C'est dans cette grimpette que mes compagnons, avisant un nuage de fumée dans un fossé, m'ont expliqué qu'un vélo dont la marque commençait par C... devait finir là sa triste vie (enfin moi je dis ça mais je suis pas une balance, aucun souci de fiabilité sur nos montures dont je tairai la marque par charité).

    Déjà 40 bornes au compteur, et encore 15 pour finir d'arriver en prenant la 2e extension proposée : « on n'allait quand même pas refuser d'aussi beaux points de vue » (Heu, vous êtes sûrs, les gars ?!!! Ah OK alors)

    D'abord la jonction du col de la Croix de Lampre... Allanche 19.07 004 bis.jpg

     

    ...Puis une petite descente par la route pour remonter enfin le Puy de Mathonière, point culminant à 1220 mètres environ (ci-dessous Eric dans le dur, mais il y arrive !)

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    Restait plus qu'à redescendre jusqu'au bourg d'Allanche, tout en bas ! Autant sur les étapes du Tour à la télé j'aime bien quand ça se termine par l'ascension d'un col, autant là ça m'a pas dérangé...

     

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    Au final le Circuit des Estives justifie son nom : prés de 1200 mètres de dénivelé positif, une magnifique sortie et l'accueil chaleureux promis sur le site !

     De quoi déplorer que les orages et les prédictions pessimistes de la météo n'aient pas fait battre des records de participation à cette manifestation chez les vététistes.

    Mais pour moi qui étais aussi à la recherche de difficultés et de rythme (et de quoi me ressourcer ?) une semaine avant la Ronde du Renard (site ici), c'était parfait !

  • Eloge de la nécessité de faire son intéressant

     
    Toujours à la même époque, les lectures estivales et le petit écran sur la Grande Boucle tendent à remplacer la pratique : la tentation est forte de rouler surtout par procuration... Le farniente n'étant pas aisé à concilier avec un entraînement sérieux, je manque de fonds. Le cumul des kms au compteur, resté bloqué sur son petit millier, me le confirme. Mêler "parcours long" type raid et bon rythme tout en récupérant rapidement devient un objectif de plus en plus lointain. couv Fottorino.jpg

    Ainsi, sorti des lectures recommandées dans la colonne de gauche, j'ai suivi récemment l'invitation du "Petit Eloge de la bicyclette" d'Eric Fottorino. Parmi les "bonnes feuilles", le chapitre intitulé "Eloge du Midi Libre 2001" où l'auteur revient sur les motivations qui l'ont poussé à participer à cette odyssée en qualité de cycliste amateur invité. Comme souvent en sport, la nécessité intime de repousser ses limites tient un grand rôle : "Faut-il expliquer, justifier, se perdre en paroles là où seuls comptent les actes ? Retarder l'instant du crépuscule [...] Le temps passé à rouler dans le vent, sous la pluie ou contre la montre, c'est du temps retrouvé pour affronter plus tard les jours gris qu'on tapisse avec ses souvenirs, tant mieux s'ils furent heureux, et s'ils ne le sont pas au moins qu'ils soient riches en aventures."

    Y pensait-il l'autre jour, Fabian Cancellara, lorsque porteur du maillot jaune pour l'ultime fois il a régalé (et aussi fait un peu frémir) les télespectateurs de son numéro de funambule dans sa descente de col des Pyrénées ? Une des images que je garderai de cette édition 2009 : le panache et la générosité du champion suisse se faufilant parmi les voitures suiveuses, enrhumant les motos dans les virages pour revenir sur le peloton. Quelques heures plus tard il redevenait simple anonyme du général, mais je gage que ce soir-là l'essentiel était ailleurs. 

    Dans les petits moments de grâce que l'on sème et engrange. A travers des scènes magiques également, comme seul le vélo et ses à côtés peuvent en apporter. Jean-Pierre Jeunet dans "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" ne s'y était pas trompé en montrant dans une scène de "zapping" télévisé cet instant fameux où des chevaux s'étaient mis au galop d'eux-mêmes aux côtés du peloton du Tour. 

    "...Tout cela c'est bien beau, il n'empêche : je me "diésélise", ronchonnais-je devant le poste.

    - Mais c'est vrai, le défi personnel en VTT ne consiste pas toujours à aller vite dans des paysages magnifiques. Garder les pieds sur les pédales plus loin dans une montée impossible, franchir une zone trialisante, tenter de nouvelles trajectoires... la liste n'en finirait pas."

    Un petit exemple (certes bien modeste) ci-dessous, il y a quelque temps  :

                n1024176250_30366178_6316257.jpg          chute Max 2.jpg

     "Des fois ça passe... et des fois non !" Désolé de ressortir celle-ci, Max, mais pour une fois que j'arrive à te rattraper...! 

  • Tandem

    Presque 10 mois pour le p'tit Maxime, enfin l'âge des premières balades à vélo...

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    Quelques appréhensions pour les parents au moment du 1er essai, mais finalement ça se passe aussi bien que dans la poussette : y'a plus qu'à pousser heu, à pédaler ! (bourreau d'enfants !)

    à vélo 003.jpg Et hop ! C'est parti...

    Je rassure ceux qui n'auraient pas suivi : l'état de ma jambe n'est pas dû à un croûtage sur cette sortie, il s'agit seulement de ma contribution aux "Gamelles trophy 2009" validée lors du week-end précédent... Pour plus d'explications, voir note "Rando des Olympides" ! Et contrairement à ce que de bonnes âmes pourraient suggérer, je me passe très bien des stabilisateurs. Enfin je crois ?!