15.05.2009

Dériv'chaînes à Pleaux (2) : détours

A la Dériv'chaînes l'autre jour, la boue compliquait quelque peu certains tronçons. Passer nécessitait régulièrement d'"envoyer les watts" ! Mais pas seulement : dans ces cas-là, tout le plaisir peut résider dans le détour, celui par lequel le chemin redevient praticable.

Alors, pédaler en solo, ou s'embourber en groupe de façon solidaire ? Le choix quand il se présente est vite fait (vive les sports individuels !). Mais cela nécessite de la lucidité - faut pas trop être "cuit" ! - et de l'intuition (le détour convoité rejoint-il bien la même destination ?). Il m'est arrivé plus d'une fois "me rater", et d'avoir à rebrousser chemin au milieu des ronces, ou dans le meilleur des cas de rejoindre tout le monde loin derrière à cause d'un "rallongis" ! C'est au moins l'occasion d'une bonne séance de chambrage et de rigolade, et l'envie en est décuplée de recommencer à la première occasion. Obstination ? Ceux qui sont habitués à rouler avec moi n'en sont plus surpris.

N'empêche, sur cette sortie-ci, 100 % de réussite. Enfin, je crois ?!

Bon, quoi qu'il en soit, à deux reprises ça a marché ! Et hop, une petite boucle dans les bosquets à droite en montée pour esquiver la voie principale dans le bourbier, passage sans poser le pied et... tout propre ! Un peu plus loin, le gué épargnait quant à lui la descente de vélo pour traverser un pont bien glissant. Ce petit plus valait bien un détour, sans doute !

Dériv'chaînes 001.jpg
...D'autant qu'il permettait d'aborder "lancé" la montée qui suivait : tout bénèf !

Mais peu importe de perdre du temps ou d'en gagner : l'amusement est là.

Dans d'autres cas, en compétition par exemple, le détour peut vite s'avérer nécessaire : prendre les extérieurs lors de départs "bouchonnés", puis emprunter une voie parallèle moins roulante pour se dégager. Peser le pour et le contre en une fraction de seconde pour s'adapter à la situation. Opération souvent rentable avec un peu de pratique.

Idem en descente où j'en connais qui savent bien "jouer les extérieurs" pour gicler au moment le plus improbable ! J'ai les noms... Mais j'avoue que je ne suis pas le dernier à le faire, même quand ce n'est pas nécessaire, juste pour tester d'autres trajectoires. Et avec un peu de vigilance, les crevaisons ne sont pas plus fréquentes pour autant. 

 Plonger lorsque le détour n'est pas possible...

Pour en revenir à la Dériv'chaînes, il faut parfois savoir "plonger" ! Ainsi Yoan, pleine bourre sur la fin du parcours autour des terrains de sport, nous passe comme une flèche pour... s'immerger 50 mètres plus loin, de la boue jusqu'aux moyeux ! Spectaculaire... et efficace, son élan lui ayant évité de rester planté. Pas d'autre solution que de l'imiter (les dégâts ?)!

La fin fut quand même rude, les efforts consentis pour lutter contre le terrain gras pesant d'autant plus lorsque l'on se croit arrivé et que le parcours compile les détours (encore !).

Jusqu'ici, les compteurs aussi performants soient-ils n'empêchent pas les surprises. Tant mieux, mais on peut se demander si le développement des capacités des GPS ne va pas un jour nous en priver.

Cauchemar ? Car l'aventure est aussi dans la part d'inattendu, aussi pesante qu'elle puisse paraître sur le coup. Par exemple, on pourrait compiler en temps réel la météo, le trafic sur le chemin, et toutes sortes de données, pour fournir le meilleur itinéraire à emprunter et calculer le nombre de calories à dépenser pour rallier l'arrivée en un temps record sans la moindre éclaboussure... Manquerait plus que la mise à jour des radars automatiques ! Gaffe de ne pas se détourner de l'essentiel.

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